Schlumberger (Canada)
Le géant des services pétroliers a quitté ses champs canadiens directs (cession Palliser), mais il reste le bras technologique du relèvement artificiel et de la chimie de production sur l’échelle nord-américaine.
À propos de Schlumberger (Canada)
1. Modèle économique
SLB (anciennement Schlumberger), groupe coté à New York dont le siège est à Houston, ne publie pas un compte « Canada » séparé : les encaissements dans l’Alberta et ailleurs sont noyés dans la zone Amérique du Nord, qui a représenté 2,17 milliards de dollars de revenus au premier trimestre 2026. Monde entier, SLB a engrangé 35,7 milliards de dollars en 2025 (!résultats annuels). Le cœur du modèle reste la vente de technologie et de services à grands opérateurs : forage, réservoir, production, numérique ; l’acquisition de ChampionX bouclée en juillet 2025 a alourdi le poids de la division Production Systems (chimie de production, pompage, relèvement artificiel). Le groupe indique que ChampionX a contribué environ 1,46 milliard de dollars de revenus sur l’ensemble de 2025 (!id.). En parallèle, SLB a réduit son exposition aux actifs sous contrat type APS en vendant le projet Palliser au Canada au deuxième trimestre 2025 : au T1 2026, l’absence d’environ 118 millions de dollars de revenus APS canadiens creuse la comparaison interannuelle (!T1 2026). Les investissements corporatifs sont guidés vers environ 2,5 milliards de dollars pour 2026 (!(comparé à 2,4 Md$ en 2025, même communiqué et document d’investissement lié au T1 2026)).
2. Impact réel
Côté gaz à effet de serre propre au groupe, SLB met en avant une réduction d’environ 40 % des émissions scopes 1 et 2 par rapport à 2019 dans la continuité de ses rapports climat (!mise à jour mars 2026). La filiale SLB Capturi opère notamment la capacité de capture annuelle d’environ 400 000 tonnes de CO₂ sur le site cimentier de Norcem à Brevik, en Norvège — signal industriel fort, mais hors sol canadien (id.). Pour le territoire canadien lui-même, l’impact net « climat » dépend surtout du mix de production de ses clients ; un angle documenté est le partenariat avec DEEP Earth Energy sur un projet géothermique d’environ 30 MW en Saskatchewan, où SLB apporte ingénierie de puits et savoir-faire géothermique (ThinkGeoEnergy, 2025). Aucune entrée directe dans une fiche ADEME ou un objectif PPE n’est ressortie pour cette entité géographique dans les sources françaises interrogées : la comparaison aux trajectoires européennes reste donc indirecte.
3. Innovations / partenariats
Au T1 2026, la division Digital affiche environ 640 millions de dollars de revenus (+9 % à l’année) et un ARR digital d’environ 1,02 milliard de dollars au 31 mars 2026, soit +15 % par rapport au T1 2025 (!T1 2026). Le dirigeant cite l’extension de la collaboration avec NVIDIA pour une « AI Factory for Energy » — environnement de modèles génératifs et agentiques appliqués à l’industrie énergétique (id.). Sur la géothermie avancée, un accord avec Ormat vise à accélérer intégration de projets et systèmes géothermiques renforcés (EGS) (Ormat investor / SLB communiqué). Le rapprochement ChampionX — commenté comme pivot vers IA de production et chimie intégrée par la conférence sectorielle ( Artificial Lift Conference) — densifie l’offre sur le relèvement artificiel, y compris dans les bassins canadiens à forte mécanique de récupération.
4. Greenwashing / zones grises
Au Canada, l’audit public des engagements climat se durcit depuis la loi C-59 ; la presse rapporte un « retrait massif » des promesses climatiques sur les sites après l’entrée en vigueur des amendements anti‑déception écologique (CBC). Dans ce même climat réglementaire, une plainte administrative reproche à certains grands groupes pétroliers canadiens, dont Cenovus Energy et Enbridge, des allégations Net Zero insuffisamment étayées — ce ne sont pas des procédures contre SLB, mais ils figurent parmi ses clients/partenaires d’écosystème (Bloomberg). Pour SLB, la zone grise tient à l’écart entre discours « transition technologies » et le gros des revenus encore liés à l’optimisation de la production d’hydrocarbures — la division Production Systems, dopée par ChampionX, pèse plus de 3,5 Md$ au T1 2026 dont 833 M$ attribués à ChampionX sur le trimestre (T1 2026). Les bilans carbone consolidés (scopes 3, méthodes LCA) restent des arènes de contestation méthodologique — un terrain où la prudence marketing est devenue la norme au Canada.
5. Positionnement stratégique
SLB parie sur trois leviers parallèles : rachat ChampionX pour verrouiller chimie et relèvement sur le marché nord-américain ; Digital + IA (ARR > 1 Md$, partenariat NVIDIA) ; infrastructures hors pétrole (Data Center Solutions en forte croissance selon le management, +45 % au T1 2026 dans le segment « All Other » — T1 2026). Le groupe s’engage à retourner plus de 4 milliards de dollars aux actionnaires en 2026 (!T1 2026), ce qui cristallise la tension : investir dans le « nouveau » tout en rémunérant massivement sur un portefeuille encore structuré par le baril.
Verdict WattsElse
SLB au Canada incarne le double jeu assumé des services pétroliers de premier plan : sortir du risque opérationnel direct sur les sables tout en exportant compétence numérique et chimie de récupération vers les mêmes bassins. La transition n’y est pas un renoncement au pétrole : c’est une ingénierie de la durée de vie résiduelle — avec, au-dessus, un ciel juridique canadien qui ne tolère plus les slogans verts sans preuves auditables.
Sources : investorcenter.slb.com · investorcenter.slb.com · slb.com · thinkgeoenergy.com · investor.ormat.com · slb.com · canada.artificial-lift-conference.com · cbc.ca · cbc.ca · bloomberg.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Jiangsu Sheyanggang Power Generation Co Ltd
Au bord de la mer de Chine orientale, Jiangsu Sheyanggang Power Generation (江苏国信集团射阳港发电有限责任公司) incarne le paradoxe d’un pays qui enchaîne les records d’EnR tout en cimentant des gigawatts charbon « propres sur le papier ».
Voir la ficheCooperativa de Luz y Fuerza e Industrias Anexas de López Limitada
Depuis plus de six décennies, la CEL distribue courant et services de proximité dans une commune de mille cinq cents âmes coincée entre Buenos Aires inflationniste et la tarification de la province.
Voir la ficheGazelEnergie
Producteur historique devenu fournisseur-aggrégateur, GazelEnergie avance aujourd’hui sur deux jambes: la sécurité d’approvisionnement d’un côté, la réindustrialisation bas carbone de l’autre.
Voir la ficheGuoneng Ningdong No.2 Power Generation Co Ltd
Au cœur du bassin houiller de Ningxia, Guoneng Ningdong No.2 Power Generation incarne la Chine des « meilleures » centrales à charbon : ultra-supercritique, refroidissement sec, hydrogen pilote.
Voir la ficheADEENA CAPITAL
Le groupe affiche les couleurs de la rénovation et du pilotage des dossiers CEE, mais son histoire récente mêle rachats, procès et remises à plat stratégiques — tout sauf une ligne droite corporate.
Voir la ficheSBEE
La SBEE n’est pas un acronyme londonien tombé par erreur dans un moteur : ici, il s’agit du distributeur historique qui fait tourner le compteur entre les foyers, les PME et les administrations.
Voir la ficheEnerbrain
L'IoT italien qui dit "arrêtez de gaspiller l'énergie" sans toucher à vos murs – enfin presque.
Voir la ficheNasukarasuyama Kamikawai Solar Corporation
Dans Kamikawai, petite zone de Nasukarasuyama (Tochigi), une simple coentreprise incarne tout le paradoxe du solaire nippon : FiT de la première vague, alliances industrielles, et désormais une tempête réglementaire sur le « mega-solar ».
Voir la ficheFrance Cleantech Industries
** Née en 2023 pour porter la voix des PME qui « fabriquent la machine », France Cleantech Industries incarne un paradoxe français : des technologies censées décarboner l’industrie coincées entre cycles d’investissement trop courts et usines qui demandent du temps et du CAPEX.
Voir la ficheDelta Electronics
** Géant taïwanais de l’électronique de puissance, Delta vend ce que l’IA assoiffée en électricité achète à prix d’or : alimentations ultra-efficaces, refroidissement, onduleurs, infrastructure « grid to chip ».
Voir la ficheUNIVERSITY OF OSLO
Le plus ancien et l’un des plus cités des pôles universitaires norvégiens tire les leviers d’une décarbonation de campus mesurable — et se retrouve en 2024 au cœur d’un clash étique sur le financement de la recherche par Equinor.
Voir la ficheElectrica de Guayaquil
Le libellé « Electrica de Guayaquil » prête à confusion avec la branche électrique locale ; dans le périmètre Pétrole & Gaz, les données publiques disponibles pointent vers une microstructure privée d’extraction de brut à Guayaquil, dont les agrégats financiers récents traduisent une brutale contraction d’activité.
Voir la ficheCARRERAS ENERGÍAS RENOVABLES, S.L.
Une filiale de 112 000 € de capital peut sembler anecdotique jusqu’à ce qu’on la relie à une machine de plusieurs centaines de millions au chiffre d’affaires.
Voir la ficheDolnolabské elektrárny
Petite structure sur le papier, gros dossier sur la Labe : Dolnolabské elektrárny incarne l’hydro tchèque de basse chute, entre rendement technique, aides publiques massives et comptes qui tremblent.
Voir la ficheARBED
Sous le cache Production et sans pays figé dans WattsMonde, le nom ARBED désigne encore, dans l’imaginaire industriel, la matrice luxembourgeoise de l’acier européen.
Voir la ficheBlue Bull Energy
Blue Bull Energy vend une promesse de passage, pas une centrale ni une techno propriétaire: ouvrir des marchés, structurer des alliances, rendre des fournisseurs “bankable” pour les majors.
Voir la ficheXekaman 3 Power Company Limited
Le barrage hydroélectrique Xekaman 3 (Laos), porté juridiquement par Xekaman 3 Power Company Limited, a refait passer du courant côté viêtnamien après une panne géante sur la conduite forcée.
Voir la ficheAnimergy
Jeune pousse lyonnaise née en 2024, Animergy ne vend pas des panneaux: elle vend la promesse plus rugueuse, plus opérationnelle, de faire matcher production renouvelable locale et consommation réelle.
Voir la ficheJSC "EuroSibEnergo"
C’est l’un des plus gros producteurs privés d’hydro au monde : la branche énergie d’En+ Group, longtemps connue sous le nom de EuroSibEnergo, porte désormais l’enseigne JSC « EN+ Generation ».
Voir la ficheSkypower Ltd / Sunedison
Les signatures s’enchaînent au gigawatt en Afrique australe et centrale, pendant que des filiales indiennes restent prises dans des arbitrages à neuf zéros et qu’un ancien portefeuille de 200 MW à Djibouti apparaît annulé dans le suivi public mondial des parcs PV.
Voir la ficheDubai Electricity and Water Authority
Monopole régional de l’électricité, de l’eau et du froid urbain, la DEWA porte l’essentiel de la facture énergétique d’un émirat en hypercroissance — et le pari d’y mêler records photovoltaïques, stockage en montagne et storytelling « net zero ».
Voir la ficheJimmy TP
Une SARL de terrassement et de VRD ne fait pas la une des sommets nucléaires, et c’est tant mieux : Jimmy TP incarne l’autre « Jimmy » du débat énergétique, celle des fouilles, du bitume et des réseaux qui précèdent tout bâtiment.
Voir la fichePhu Yen TPP
** À l’est de la baie de Xuân Đài, cette méga-centrale PV — inaugurée en juin 2019 — incarne la gloire puis la vulnérabilité du boom solaire vietnamien : finance verte record, puis bras de fer avec EVN sur le prix du kilowattheure.
Voir la ficheR3 Green Energy
Spécialisée dans les installations photovoltaïques, R3 Green Energy tente de convertir le soleil en euros tout en prétendant sauver la planète.
Voir la fiche