Schlumberger (Norway)
Le géant des services pétroliers devenu vendeur de technologies « transition » capitalise sur Oslo et la mer du Nord pour piloter logiciels, subsea et capture industrielle : sous le nom historique Schlumberger subsiste aujourd’hui SLB, dont la base norvégienne incarne à la fois la vitrine R&D et le paradoxe d’un métier encore tiré par le gaz continental.
À propos de Schlumberger (Norway)
1. Modèle économique
Sur le terrain norvégien, SLB agit comme prestataire technologique intégré pour opérateurs et industriels : ingénierie pétrolière et gazière, fabrication et maintenance, développement logiciel et déploiement d’équipements subsea et numériques depuis plusieurs villes et bases côtières (SLB en Scandinavie). Les SLB Norway Technology Center et les sites INNOVATION FACTORI à Oslo, Stavanger et Bergen portent explicitement l’offre d’innovation sur géosciences, forage et assurance des flux (SLB en Scandinavie). Au niveau groupe, le chiffre d’affaires annuel avoisine 35,7 milliards de dollars pour l’exercice 2025 selon les résultats publiés par SLB (résultats annuels 2025) ; aucun CA ni effectif spécifique à la filiale norvégienne n’a été retrouvé dans les publications analysées pour cette fiche — les agrégats disponibles restent globaux. La dépendance au cycle des investissements offshore norvégiens et aux grands projets gaziers européens structure durablement la demande de services haute technicité.
2. Impact réel
Le bilan climat ne se lit pas uniquement au siège : SLB revendique une baisse de 40 % des émissions Scope 1 et 2 par rapport à 2019, au-delà de l’objectif intermédiaire de 30 % fixé pour 2025, et une réduction de 27 % du Scope 3 par rapport à la même année de référence (communiqué sur le rapport durabilité 2025). Sur la flotte, le groupe mentionne une hausse de plus de 400 % de l’usage de biodiesel entre 2024 et 2025 (communiqué sur le rapport durabilité 2025), et un cadre « 5R » ayant détourné plus de 150 000 tonnes de matériaux des décharges en 2025 (communiqué sur le rapport durabilité 2025). Pour le marché européen du gaz, la mise en service du système de compression subsea sur Ormen Lange vise à récupérer jusqu’à 85 % du gisement et à débloquer 30 à 50 milliards de m³ de gaz additionnels exportés vers l’Europe (Ormen Lange Phase 3) — impact géopolitique et climatique à double lecture : sécurité d’approvisionnement d’un côté, prolongement massif de l’usage du gaz fossile de l’autre.
3. Innovations / partenariats
La SLB Capturi — coentreprise avec Aker Carbon Capture dédiée à la capture modulaire — illustre la stratégie « innovation industrielle » en Norvège : après la mise en service sur le site cimentier de Brevik, où le client peut capturer jusqu’à 400 000 tonnes de CO₂ par an (communiqué sur le rapport durabilité 2025), SLB Capturi et Aker Solutions ont remporté un contrat EPCIC pour le projet Hafslund Celsio à Oslo (Just Catch™ 400), avec une capture attendue de 350 000 tonnes de CO₂ par an une fois l’usine opérationnelle — calendrier annoncé pour le troisième trimestre 2029 — dans le cadre du programme national Longship. En parallèle, le projet Ormen Lange brandit un compressor subsea 32 MW installé à plus de 900 m de profondeur, présenté comme un record de profondeur pour ce type d’équipement (Ormen Lange Phase 3). Pour la performance énergétique offshore historique, le groupe rapportait déjà en 2024 jusqu’à 50 % d’économie d’énergie sur le développement Åsgard grâce à la compression subsea versus solutions surface (rapport durabilité 2024, PDF).
4. Greenwashing / zones grises
La narration « transition » bute sur des signaux financiers et juridiques nets : selon la presse spécialisée et le traitement par Upstream, SLB a enregistré au quatrième trimestre 2025 / janvier 2026 une dépréciation d’environ 210 millions de dollars sur SLB Capturi, avec risques d’exécution sur les chantiers de capture (Carbon Herald, Upstream) — tension chiffrée qui relativise l’optimisme des brochures CCS. Sur le volet gaz, le même groupe met en avant une récupération pouvant aller jusqu’à 85 % sur Ormen Lange tout en quantifiant l’équivalent « chauffage » pour des millions de foyers (Ormen Lange Phase 3), ce qui pose frontalement la question du verdissement d’un métier encore centré sur l’extraction fossile. Côté innovation concurrentielle, EnergyWatch rapporte qu’en mars 2026 la justice norvégienne a donné raison à Welltec dans un litige de brevets contre Schlumberger, ouvrant la voie à d’autres procédures (EnergyWatch). Enfin, le cadre juridique international sur les hydrocarbures évolue : après la condamnation de la Norvège par la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire climatique Greenpeace et autres, les États doivent réexaminer leurs régimes de licences (Lowy Institute) — pression indirecte mais réelle sur l’écosystème des prestataires offshore.
5. Positionnement stratégique
SLB norvégien combine logiciels, robotique/intervention et sous-marin profond pour rester indispensable aux opérateurs du plateau ; Longship et les corridors CO₂ (Northern Lights) offrent un levier institutionnel unique pour vendre des suites CCS à l’échelle industrielle (contrat Hafslund Celsio). La contrepartie stratégique : lorsque la capture devient un chantier comptable fragile (≈210 M$ de dépréciation documentée en presse spécialisée, Carbon Herald), le récit « tech verte » doit composer avec la réalité des premières vagues de projets. Aucune analyse ADEME ou article PPE3 centrée sur cette filiale n’a été identifiée dans la veille ouverte ; le rattachement pertinent reste la politique industrielle et climatique norvégienne et européenne sur le gaz et le CCS.
Verdict WattsElse
SLB en Norvège incarne l’ingénieur du dernier kilomètre gazier européen et du premier gigatonne CO₂ capturable à terre — deux récits qui se télescopent quand la capture industrielle coûte cher au bilan et que le gaz continue de payer les salaires : technologie nordique au service d’un continent encore fossile, CCS inclus.
Sources : slb.com · investorcenter.slb.com · slb.com · slb.com · investorcenter.slb.com · slb.com · carbonherald.com · upstreamonline.com · energywatch.com · lowyinstitute.org
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Industries Qatar
Industries Qatar ne vend pas une promesse abstraite de transition: il vend du gaz qatari transformé en engrais, pétrochimie et acier.
Voir la ficheArcadia Generación Solar SpA
Quatre cents mégawatts-crête au pied du désert et un chèque à neuf zéros : en l’espace de quelques mois, Arcadia Generación Solar est passée du giron d’Enel au contrôle de Sonnedix.
Voir la ficheLekåsa Vind AB
En Suède, toutes les éoliennes ne valent pas Tanum : à Essunga, la puissance éolienne reste un tout petit bloc depuis des années.
Voir la ficheConfederación Hidrográfica del Segura
Elle gère le bassin du Segura, l’un des plus tendus d’Europe par l’irrigation et le climat : la Confederación Hidrográfica del Segura (CHS) est bien l’autorité publique de bassin visée ici — pas une « entreprise » au sens d’une société cotée, mais un organisme de réseau et de distribution de l’eau rattaché à l’État espagnol, avec un mandat de planification…
Voir la ficheCOMPAGNIE IVOIRIENNE D'ENERGIE SOLAIRE
Une PME qui monte des installations photovoltaïques à prix d’appel vit sous le même alphabet que le géant électrique national — et ce n’est pas la même histoire.
Voir la ficheUROS
Le classement « énergies renouvelables » accroché à Uros est une coquille de cadrage : sous ce nom, la presse et les autorités finlandaises parlent surtout d’une licorne éclatée de l’IoT — pas d’un producteur d’électricité propre.
Voir la ficheSansodelia
Selon les éléments disponibles, Sansodelia n’est pas une entreprise biomasse classique avec site corporate, investisseurs et comptes publiés.
Voir la ficheHIDROELECTRICA ALLIPEN S.A.
Au pied des Andes chiliennes, une centrale de passage affiche 2,7 MW et alimente le Système interconnecté central — tout en ayant été épinglée pour avoir produit au-delà du volume autorisé par sa résolution de qualification environnementale.
Voir la ficheEurelec
La donnée géographique « Cannes » dans votre cache WattMonde ne colle pas aux registres publics : l’Eurélec qui incarne l’innovation photovoltaïque en France est une société implantée dans les Pyrénées-Atlantiques, avec un pied dans la recherche universitaire et l’autre sur les chantiers.
Voir la ficheTata Steel IJmuiden
Le site Tata Steel IJmuiden, héritier des Koninklijke Hoogovens fondées en 1918, concentre une partie décisive de la sidérurgie européenne : ce n’est pas un opérateur logistique de « distribution », mais une aciérie intégrée aux Pays-Bas.
Voir la ficheOrya Enerjİ Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Une seule centrale, un palmarès technique : sur le haut bassin du Melet, Orya Enerji capitalise sur Darıca II, vitrine d’ingénierie à très haute chute.
Voir la ficheDak Srong JSC.
Dak Srong JSC — en vietnamien Công ty cổ phần Đaksrông, numéro d’entreprise 5900315072 — joue avec des chiffres de centrale alors que tout le monde parle pipelines solaires‑éoliens aux centaines de MW.
Voir la ficheUNIVERSITY OF GUELPH
En avril 2025, l’Université de Guelph (Ontario, Canada) transforme une mobilisation étudiante en ligne budgétaire : fin officielle des avoirs « réserves fossiles » dans sa dotation, avec une intensité carbone financière en forte baisse depuis 2018.
Voir la ficheHebei Guohua Cangdong Power Plant
Sur la côte du Hebei, une centrale intégrée au méga-groupe China Energy amplifie tout à la fois production fossile, sécurité industrielles en eau et conformité locale aux « normes vertes ».
Voir la ficheLG Electronics Latvia
À Riga, LG Electronics Latvia fait tourner un business local au-dessus du seuil des 100 M€, calqué sur l’écosystème téléviseurs, « white goods » et solutions B2B du géant sud-coréen.
Voir la ficheCông ty TNHH Điện lực Vân Phong
La Công ty TNHH Điện lực Vân Phong (VPCL, site corporate) pilote au Vietnam une des plus grosses centrales charbon du pays, entrée à pleine cadence alors que son actionnaire historique recycle sa story climat et cède la moitié du capital à des utilities d’Asie du Sud-Est.
Voir la ficheEesti Kiviõli
L’AS Eesti Kiviõli n’existe plus sous ce nom : c’était l’acteur pionnier de l’huile de schiste à Kiviõli ; la ville porte encore son empreinte, mais c’est aujourd’hui Kiviõli Keemiatööstus (KKT) — filiale du groupe Alexela dans la configuration capitalistique actuelle — qui tient l’usine, la carrière et la facture politique.
Voir la ficheSociété anonyme des usines de l'Orbe
Née au XIXe siècle au creux de la plaine vaudoise, la société anonyme des Usines de l’Orbe incarne l’âge d’or du producteur-local-quiprofit-du-cours-d’eau et du rail de proximit absorbé aujourd’hui par un distributeur régional, VOé, et par un chantier ferroviaire fédéral.
Voir la ficheEcomatik
Fiche ciblée : au catalogue WattsMonde « Ecomatik » / Autres énergies, il s’agit de l’industriel français ECO-MATIC (marque Ecomatic), fabricant de plinthes chauffantes et extensions « confort thermique » — et non des homonymes européens (capteurs forestiers, biomasse industrielle).
Voir la ficheUNIVERSITE DE MONTPELLIER
La transition affichée par l’Université de Montpellier tient la route sur le papier : premier bilan GES complet, chantiers solaires, ambition sur les réseaux de chaleur, recherche en hydrogène et en éolien flottant.
Voir la ficheParque Solar Altos Lao SpA
Aucune trace fiable, à ce stade, sous la graphie exacte « Parque Solar Altos Lao SpA » dans les annuaires ouverts, la presse technique indexée ou les bases de suivi de projets auxquels nous avons accédé.
Voir la ficheTirreno Power
Producteur électrique à l’ADN thermique, Tirreno Power a dressé en 2024 un compte d’exploitation en meilleure forme, grignoté par une dépréciation d’actifs à trois chiffres.
Voir la fichePetrogas E&P LLC
Le Pétrogas E&P que décrit la presse spécialisée et les comptes publics d’une filiale néerlandaise n’est pas une « startup climat » : c’est la branche amont du groupe omanais MB Holding, en exploration-production sur quatre continents, avec une accélération marquée sur le gaz en mer du Nord et des entrées récentes en Algérie.
Voir la fiche