SECOM ENGINEERING
Bureau d’études né en 2004 au cœur d’un groupe historiquement diesel, SECOM Engineering a basculé sous la bannière Kinell** en 2025.
À propos de SECOM ENGINEERING
1. Modèle économique
L’entité n’est pas une « scale-up isolée » : c’est la cellule d’ingénierie système du FÉTIS Group (mécanique, hydraulique, électronique, logiciel), facturée en prestations de R&D, conception et accompagnement aux constructeurs de machines off-highway, de véhicules spéciaux, de matériel maritime et d’énergie embarquée ou stationnaire. En octobre 2025, FÉTIS indique 27 ingénieurs basés surtout à Nantes, avec une autonomie opérationnelle affirmée et l’accès aux crédits d’impôt recherche (annonce de rebranding). Au niveau groupe, la presse économique rapporte 680 salariés dans 9 pays et un chiffre d’affaires de 162 M€ en 2025 (Journal des Entreprises) — ordre de grandeur qui structure les investissements (centres R&D, intégration hydrogène) dont dépend indirectement le bureau d’études. Le capital commercial repose sur la co-ingénierie avec les marques sœurs (SECO Marine pour l’acier et les reservoirs, Kinell pour l’offre « décarbonation » packagée) et sur la validation par les classificateurs (Bureau Veritas, note NR678), condition d’exportabilité des architectures H₂.
2. Impact réel
L’impact « climat » se joue à deux échelles. D’abord côté fret et travaux offshore / passagers : la chaîne de stockage d’hydrogène comprimé sous pont, conçue pour des volumes contraints, a reçu une Approval in Principle de Bureau Veritas en juillet 2025, alignée sur la NR678 pour navires alimentés à l’hydrogène (communiqué Bureau Veritas) — étape réglementaire indispensable avant industrialisation série. Ensuite côté production d’électricité décentralisée : FÉTIS annonce des groupes H100-ICE / H150-ICE à moteur à combustion interne hydrogène qui, comparés aux diesel traditionnels, feraient baisser les émissions de carbone de 70 % (lancement des groupes hydrogène). Ce n’est pas l’efficacité électrochimique d’une pile à combustible (zéro CO₂ à la mâchoire), ni un verdict sur le cycle de vie complet de l’hydrogène : selon les éléments publics disponibles, l’entreprise ne publie pas de bilan carbone consolidé de ces offres face aux trajectoires Fuel EU Maritime ou aux granularité futures de la PPE — l’alignement reste narratif et normatif plus que chiffré externalisé.
3. Innovations / partenariats
Sur la ligne PROMETEO, l’écosystème Kinell met en scène l’intégration du système énergétique sur un catamaran electro-hydrogène de moins de 24 m pour Green Navy (dossier PROMETEO). Le 21 juillet 2025, Bureau Veritas formalise l’AiP du stockage sous pont développé avec le programme R&D du groupe, en soulignant des brevets sur des composants de sécurité (communiqué Bureau Veritas). Côté industrie, Green Navy et SECO Marine signent à l’automne 2025 un partenariat industriel long terme sur des architectures « H2-ready » pour catamarans aluminium (brève JDE). En interne, FÉTIS relie explicitement une partie du financement R&D à France 2030 et à la région Pays de la Loire dans le fil du communiqué Bureau Veritas — signal de coalition publique-privé autour du démonstrateur.
4. Greenwashing / zones grises
Le levier communicationnel sur l’hydrogène « fatal » comme valorisation de coproduits industriels côtoie un paradoxe : il peut réduire le gaspillage ou, selon le lecteur, ancrer la filière à des hydrocarbures et aciéries dont on ne voit pas toujours la trajectoire de sortie — c’est l’économie politique de l’offre, pas une condamnation juridique. Techniquement, l’argument mass-market est chiffré : −70 % d’émissions de carbone vs générateurs diesel pour les nouvelles unités annoncées en janvier 2025 (communiqué FÉTIS), ce qui laisse 30 % de marge fossile ou efficacité inégale selon le périmètre — et des NOx de combustion à ne pas éluder quand on compare à une pile. Sur le grand groupe, un triple écart structure le risque de survente « transition » : héritage diesel revendiqué (45 ans d’expérience) (virage mobilité verte 2023), enveloppe R&D 1,5 M€ par an annoncée en 2023 pour les technologies de décarbonation (même source), et CA groupe >170 M€ dans le même texte de 2023 — rapport R&D/CA d’environ 0,9 % si l’on prend ces ordres de grandeur tels quels, ce qui interroge la profondeur de substitution technologique annoncée face à l’empreinte historique des motorisations thermiques. Aucun contentieux environnemental ni sanction spécifique à SECOM / Kinell Engineering n’a été identifié dans cette veille.
5. Positionnement stratégique
Le 14 octobre 2025, l’intégration de SECOM Engineering dans la marque Kinell vise à capitaliser l’ingénierie dans un packaging international « décarbonation-automatisation » (annonce officielle). La presse régionale résume la mue du groupe : 162 M€ et 680 employés, avec la marine professionnelle comme axe de convergence de marque (Journal des Entreprises). Dans un marché européen où chaque kilotonne évitée compte, l’enjeu est de transformer les AiP 2025 en séries livrées avant que les standards OEM ne figent des architectures concurrentes (batteries vs H₂ vs hybrides).
Verdict WattsElse
Kinell Engineering, ligne directe de SECOM, tient la barre là où la transition maritime se joue : entre norme NR678 et carnet de commandes encore à densifier. La formule qui résume le pari : moins de diesel, pas encore sans carbone ; plus de certification, pas encore sans subvention.
Sources : fetis.group · lejournaldesentreprises.com · marine-offshore.bureauveritas.com · fetis.group · gokinell.com · lejournaldesentreprises.com · fetis.group
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