Sejingkat Power Corp
À Kuching, Sejingkat Power Corporation Sdn Bhd (« Sejingkat Power Corp » dans les usages internationaux) incarne encore la vieille école des centrales bitumineuses — mais le Sarawak lui colle déjà un panneau BESS, des microalgues et une promesse politique biomasse.
À propos de Sejingkat Power Corp
1. Modèle économique
L’entreprise exploite comme véhicule d’investissement thermique et d’Actifs hors réseau une centrale dont le périmètre est historiquement le charbon : filiale enregistrée en 1993 à Kuching, elle est décrite comme 100 % propriété de Sarawak Energy Berhad, l’incumbent régional qui monétise l’offre tout en amortissant des actifs hérités. Selon EMIS pour l’exercice 2024, la société voit ses revenus de vente reculer de 10,85 % alors que ses actifs totaux progressent de 4,48 % et que le rendement des capitaux propres passe en négatif (ROE -3,61 %) — tableau typique du tunnel de désinvestissement thermique. Le périmètre reste sans contrat français documenté, sans données publics vérifiables sur l’effectif hors agrégateurs de crédit, et sans sanctions internationale listée dans OpenSanctions au 4 février 2026.
2. Impact réel
Au regard du Global Energy Monitor, la capacité en service est portée à 210 MW (quatre turbines alimentées au charbon bitumineux), consommant de l’ordre de 926 853 tonnes de charbon annuellement avant désengagement thermique complet. La fermeture de l’ensemble des unités est planifiée d’ici 2026 dans un calendrier de retrait. En parallèle, Sarawak Energy met en avant un programme de gestion environnementale et un indicateur communiqué de ~450 tonnes de CO₂ capturées par an par microalgues. Pour lecteur européen, la trajectoire de France incarne une logique nationale de désengagement fossilé et de pilotage pluriannuel que le Sarawak n’empreinte pas à l’identique : la comparaison sert avant tout à cadrer les attentes réglementaires des investisseurs transfrontaliers, pas à prêter aux chaudières locales un bouclé « EnR-first » européen.
3. Innovations / partenariats
Le site accueille la première BESS utility-scale mise en ligne en décembre 2024 puis présentée en grande pompe février 2025 (60 MW / 82 MWh) pour réserve tournante, tension et régulation frequency-side ; la narration sectorielle européenne le souligne également dans presse technique spécialisée stockage. Côté « low-tech vert », le réseau C4 avec microalgues alimentées aux fumées est documenté depuis 2023. Au-delà hardware, le Premier ministre du Sarawak annonce depuis avril 2024 le remplacement graduel du charbon par une filière biomasses sur Sejingkat (et Balingian) en s’auto-référençant même au pari industriel britannique de type Drax comme modèle d’investissement retrofit.
4. Greenwashing / zones grises
La fosse documentée de cendres volantes sur implantation GEO, ainsi que l’mention explicite de contaminants type mercure ou arsenic reliés aux cendres thermiques coal-powered, constituent un passif de site que ni BESS, ni algoculture industrielle, ne neutralisent comptablement tant que 926 853 t/an de charbon alimentent 210 MW encore charbon jusqu’à 2026 selon GEM. La juxtaposition 450 t CO₂/an « pompage » médiatique algal avec un parc thermique multiséculaire au million de tonnes-charbon/an incarne précisément le léger décalage d’échelle observable chez autres monopoles en transition tardive.
Sur la biomasse annoncée 2024, l’ADAME et Connaissance des Énergies sur la définition usages biomasse rappellent que sans traçabilité publique granularisée Scope 3 (origine pellets, rotations forestières, concurrence usages sol/agro), la boutade « renewables » peut masquer la mécanique géante de combustion atmosphérique hors convention carbone européenne. À ce jour, aucune fiche projet certifiée par un régulateur européen n’est retrouvable en open data sur Sejingkat — la méfiance méthodo prime.
5. Positionnement stratégique
Sarawak Energy triple la couche narration : BESS comme flexibilité, microalgues médiatisées environnement-management, conversion biomasse annoncée haut niveau politique pour prolonger valeur immobilisée chaufferie retrofit. Les agrégats comptables 2024 négatif-ROE suggèrent un parcours en U inversée où capital immobilisé monte même quand revenus chutent. GEM fixe encore la boussole fermeture 2026 — boussole industrielle contradictoire, pour l’instant, avec fantasme GW biomasse évoqué dans certains médias (potential beyond 500 MW jusqu’à 1 GW après modernisations) à prendre comme hypothèse politique, pas comme budget CAPEX vérifiable**.
Verdict WattsElse
La vérité désagréable : vous produisez encore du charbon par millions de tonnes pendant que vos gadgets verts garnissent le portfolio communication. Dans un monde où la PPE3 française dissèque ligne par ligne le fossile résiduel, Sejingkat incarne une dualité géopol-carbone où réseaux et rentes historiques retardent les comptes d’investisseur climat.
Sources : businessreport.ctoscredit.com.my · emis.cn · opensanctions.org · gem.wiki · sarawakenergy.com · ecologie.gouv.fr · economie.gouv.fr · sarawakenergy.com · ess-news.com · sbc.org.my · malaymail.com · ademe.fr · connaissancedesenergies.org
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