Siemens Energy SpA
La filiale milanaise n’est pas une « SpA » au sens du code italien : sur les registres, c’est Siemens Energy S.r.l.
À propos de Siemens Energy SpA
1. Modèle économique
La S.r.l. à siège Via Vipiteno à Milan produit essentiellement moteurs, générateurs et transformateurs (code ATECO 27.11) : c’est une unité industrielle et commerciale dans la toile du groupe Siemens Energy AG, dont le rapport annuel 2024 affiche un chiffre d’affaires consolidé de 34,5 milliards d’euros (+12,8 %), un carnet de commandes record (123 Md€ à la clôture septembre 2024) et environ 98 000 employés — ordres de grandeur groupe, à ne pas confondre avec la seule Italie. Pour 2024, les comptes publiés de la S.r.l. sur Aziende.it indiquent un chiffre d’affaires de 218,4 M€ (+22,5 %) et un résultat net de 25,5 M€ : une taille modeste dans le holding mais une croissance nette, symptomatique de la forte demande d’équipements de réseau. Les revenus du groupe, eux, reposent sur un mix Gas Services, Grid Technologies, Transformation of Industry et l’éolien Siemens Gamesa, avec une exposition marquée aux grands contrats d’infrastructure et aux cycles d’investissement des TSO.
2. Impact réel
Côté climat, les indicateurs publiés au niveau groupe dans le rapport de durabilité 2024 (agrégation Siemens Energy AG) mentionnent des émissions Scope 1 et 2 de 197 kt CO₂e, un approvisionnement électrique déclaré à 100 % renouvelable et 1,2 Md€ investis en R&D sur l’exercice — utile pour situer l’ambition RSE, mais non directement extrapolable au bilan carbone de la seule S.r.l. sans ventilation pays-par-pays détaillée dans les sources consultées. Indirectement, la modernisation des réseaux haute tension et les investissements annoncés côté « Grid » — 1,2 Md€ sur six ans pour la division, avec 10 000 recrutements mondiaux dont 40 % en Europe selon Milano Finanza — participent à absorber le surplus d’EnR ; le cadre européen des interconnexions (ex. liaisons transfrontalières comme évoqué pour Savoie–Piémont chez Connaissance des Énergies) illustre la même logique d’intégration continentale, dont l’Italie est un maillon exigeant.
3. Innovations / partenariats
L’usine de transformateurs de Nuremberg fait l’objet d’un investissement de 220 M€ pour augmenter de 50 % la capacité de production d’ici 2028 : un signal capacité / chaîne d’approvisionnement pour les grands transformateurs. Sur le terrain italien, le Tyrrhenian Link — liaison sous-marine longue de l’ordre de 970 km et budget d’infrastructure évoqué à hauteur d’environ 3,7 Md€ dans la presse spécialisée — concentre l’attention sur les liens Sicile–Sardaigne–péninsule (Vaielettrico). Au trimestre, le groupe a continué d’afficher un carnet record : en février 2025, la presse financière relève 131 Md€ de commandes et un résultat net trimestriel de 252 M€, avec une progression marquée des commandes aux États-Unis (Boursorama).
4. Greenwashing / zones grises
La division éolienne Siemens Gamesa reste le contre-feu factuel à toute narration exclusivement « verte » : la presse allemande anglophone relatait en 2024 des pertes de 4,6 milliards d’euros en 2023 liées aux turbines 5.X, avec un dispositif public allemand de garanties évalué à 12 milliards d’euros pour stabiliser la branche (Clean Energy Wire). En parallèle, les commandes de turbines à gaz ont été un pilier du redressement : le communiqué de résultats Q4 FY2024 met en avant une forte dynamique des commandes, avec une contribution significative du segment Gas Services sur la période — ce qui recoupe les analyses de presse sectorielle sur des records de turbines à gaz alimentés par les data centers. En Italie, le Tyrrhenian Link cristallise une opposition locale documentée : à Selargius (Sardaigne), des manifestants ont été évacués en novembre 2024 dans un conflit portant notamment sur 17 hectares de terres agricoles et des questions de santé environnementale (La Nuova Sardegna). Changement de garanties : fin 2024–2025, la presse spécialisée française décrit un remplacement partiel de garanties publiques par des lignes bancaires privées (Greenunivers) — signal de normalisation financière, mais aussi de dépendance au soutien des créanciers pour absorb le passif industriel.
5. Positionnement stratégique
La stratégie visible est double face : industrialiser les réseaux (investissements usine, embauches Grid, carnet record) et surf la vague des centrales à gaz modulaires pour répondre à une demande électrique courte échéance — au risque de verrouiller des actifs gaziers pendant des décennies là où la neutralité carbone exigerait autre chose. Pour la S.r.l. italienne, l’enjeu est de rester plaque tournante des équipements électriques critiques dans un pays qui pousse les liaisons sous-marines et les HVDC ; volatilité : retards réglementaires évoqués en Allemagne sur les appels d’offres « hydrogen-ready » pour centrales gaz (MarketScreener) peuvent affecter la visibilité de la branche Gas — fragment d’incertitude parmi d’autres dans un plan industriel déjà sous tension.
Verdict WattsElse
Siemens Energy S.r.l. incarne la tension typique du groupe : moteur italien du « hardware » réseau, mais porte-étendard involontaire des débats sur le gaz comme pont et des courts-circuits de l’éolien Gamesa — à Milan on vend des transformateurs, à Munich on arbitrage le mix du siècle.
Sources : aziende.it · siemens-energy.com · app.climatepolicyradar.org · milanofinanza.it · connaissancedesenergies.org · it.marketscreener.com · vaielettrico.it · boursorama.com · cleanenergywire.org · siemens-energy.com · lanuovasardegna.it · greenunivers.com · marketscreener.com
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