Siemens (Sweden)
La présence suédoise « Siemens » recouvre en réalité deux acteurs boursiers distincts — la filiale Siemens AB du groupe Siemens AG (automatisation, infrastructures intelligentes) et Siemens Energy, cotée séparément mais ancrée en Suède (Finspång, activité nationale).
À propos de Siemens (Sweden)
1. Modèle économique
Siemens AG (maison mère, siège à Munich) boucle un exercice 2025 (clos fin septembre) sur un groupe d’environ 318 000 collaborateurs et un résultat net de l’ordre de 10,4 Md€, selon le Siemens Report 2025 ; le chiffre d’affaires consolidé y est publié dans le même voie (ordre de grandeur ~79 Md€, document de référence identique). Siemens AB capitalise localement sur Smart Infrastructure et l’IA industrielle : le rapport annuel 2025 mis en ligne pour la Suède esquisse une croissance attendue de 5 à 10 % sur 2025/26, selon la page Annual Report — Sweden. À ne pas fusionner avec Siemens Energy : ce dernier est une société indépendante ; au 2e trimestre fiscal 2026, il publie un chiffre d’affaires de 10,3 Md€ (+3,3 %), une prise de commandes de 17,7 Md€ (contre 14,4 Md€ un an avant) et relève sa fourchette de croissance annuelle comparable à +14–16 % (au lieu de +11–13 %), d’après le fil Finwire repris par Placera le 24 avril 2026. Les revenus propres de Siemens AB en couronnes ne sont pas ressortis ici depuis le PDF national : données partielles côté P&L suédois hors consolidation allemande.
2. Impact réel
Le levier climat le plus documenté publiquement pour Siemens Energy (global) est un pas (-55 % d’émissions opérationnelles de GES en 2024 vs 2019), avec objectif 2025 avancé, selon le rapport durabilité 2024 (PDF) — chiffres au périmètre du groupe énergétique, pas d’un simple bureau nordique. Côté Siemens AG, l’impact passe surtout par l’électrification des bâtiments, la flexibilisation des réseaux et l’efficacité industrielle ; le chapitre « énergie » de l’Infrastructure Transition Monitor 2025 indique par exemple que 68 % des répondants secteur énergie estiment que l’usage de systèmes autonomes sur le réseau jouera un rôle crucial pour réduire les GES (chapitre énergie ITM 2025). PPE3 ou fiches ADEME ne ciblent pas nommément la filiale suédoise dans les bases consultées ; le cadre utile reste européen (réseaux, Taxonomie, marchés de flexibilité), ce que le même rapport ITM met en avant.
3. Innovations / partenariats
Le cœur R&D nordique le plus visible côté turbines / hydrogène est le Zero Emission Hydrogen Turbine Center (ZEHTC) à Finspång, conçu comme boucle d’essais hydrogène–électricité. Dans l’écosystème Siemens (offshoot Siemens A/S Danemark), un marqueur « innovation réseau » récent est un contrat quinquennal pour dix sous-stations haute tension sans SF6 — le SF6 étant un gaz à effet de serre massif —, mentionné dans le rapport annuel Siemens A/S 2025 (PDF) : signal nordique pour la décarbonation de l’infrastructure, distinct du compte Siemens AB. Sur la couche logicielle, l’ITM 2025 observe que 72 % des répondants énergie jugent que l’IA transformera leur organisation d’ici trois ans (même chapitre).
4. Greenwashing / zones grises
La presse suédoise a mis en lumière une intense activité de lobbying de Siemens Energy AB sur les règles de l’EKN (crédits à l’export), dans un contexte d’assouplissement perçu des garanties liées aux exportations fossiles ; la Une de Dagens Nyheter attribue explicitement à Siemens Energy AB cette campagne (enquête DN). Contraste daté : la même entreprise a dû retirer des demandes de soutien public pour des projets gaziers en Inde et Sierra Leone après pression médiatique, selon un autre article DN (retrait des dossiers). Chiffre récent + URL : le 24 avril 2026, la société relève ses prévisions alors que les commandes bondissent à 17,7 Md€, avec mention explicite du segment Grid Technologies comme moteur — fichier telegram Finwire / Placera. Pression société civile : le réseau Beyond Fossil Fuels relate, en février 2026, des mobilisations sur l’expansion gaz et l’IA / data centers (note de campagne). Lecture critique : annoncer des turbines « hydrogen-ready » tout en maximisant les flux financiers gaz et réseau nourrit un risque de discours « transition » lusible par des ONG comme dilution des engagements Glasgow.
5. Positionnement stratégique
Siemens AB joue la carte software grids + IA dans une économie nordique qui capitalise sur l’électrification ; Siemens Energy capitalise sur une trentaine de commandes record et une visibility politique suedoise autour des crédits export. Le fil conducteur est monétaire : réseaux et gaz répondent tous deux à une demande d’infrastructure soutenue par la construction industrielle et numérique, thème central du Siemens Report 2025. Repère continental : Connaissance des Énergies rappelle le rôle des grands équipementiers dans la filière offshore en Europe — contexte où Siemens Energy / Siemens Gamesa comptent, même si la fiche suèdoise n’y est pas isolée.
Verdict WattsElse
En Suède, Siemens vend à la fois la règle (logiciel de réseau) et l’exception fossile (turbine gaz « prête H₂ ») : l’innovation énergétique y est réelle, mais politiquement prise dans la machine des credits export — deux vitesses, un seul livre d’ordres.
Sources : siemens-energy.com · siemens.com · siemens.com · placera.se · cdn.climatepolicyradar.org · siemens.com · siemens.com · siemens-energy.com · assets.new.siemens.com · dn.se · dn.se · beyondfossilfuels.org · connaissancedesenergies.org
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