SN Power Perú
SN Power Perú n’est plus qu’un nom d’époque : sur la fiche SUNAT et les annuaires, l’entité correspond aujourd’hui à Statkraft Peru Holding S.A.C., filiale du groupe norvégien Statkraft, avec la société opérationnelle Statkraft Peru S.A.
À propos de SN Power Perú
1. Modèle économique
La filiale tire ses revenus de la vente d’électricité produite par son parc : la page corporate du groupe indique environ 450 MW d’hydroélectricité répartis sur neuf centrales et une production de l’ordre de 2 500 GWh/an sur ce socle (page Pérou Statkraft). Après la cession des lignes et sous-stations à Conelsur (octobre 2025), le cœur de métier est génération EnR (hydro existant, solaire Lupi, éolien Emma / Flug en développement), avec revenus exposés aux prix de marché, aux délais d’autorisation et au risque de chantier. Le chiffre d’affaires consolidé de la filiale pour 2024-2025 n’a pas été retrouvé dans des sources publiques gratuites (agrégats souvent réservés aux bases payantes) : il reste donc non communiqué ici. Pour l’effectif, une fiche d’annuaire péruvien recense 250 salariés pour Statkraft Peru S.A. fin 2025 (datos Perú) — ordre de grandeur à prendre avec la prudence habituelle des annuaires.
2. Impact réel
Sur le territoire péruvien, l’activité historique est quasi exclusivement renouvelable côté production détenue : l’hydro représente aujourd’hui le gros de l’électricité bas-carbone livrée par le portefeuille existant (page Pérou Statkraft). Les annonces Lupi visent jusqu’à ~581 GWh/an pour le futur parc (annonce corporate 2025, construction prévue à partir du S2 2026, mise en service visée fin 2027) (communiqué Lupi). Le groupe a par ailleurs arrêté d’exploiter en propre le réseau qu’il cédait : l’effet climat direct se lit moins en « km de ligne vendus » qu’en solarisation et éolienisation du mix Statkraft au Pérou. Un parallèle PPE3 / fiches ADEME serait mal posé : ces cadres sont français ; en revanche, la fiche pays de Connaissance des Énergies sur le Pérou rappelle la place structurante du gaz et de l’hydro dans le pays : y ajouter du solaire haute altitude et de l’éolien modifie la courbe d’approvisionnement nationale, sans la « décarboner » à elle seule.
3. Innovations / partenariats
Le socle technique reste classique — hydro patrimonial, PV et éolien — mais l’empilement de très haute altitude pour Lupi (> 4 500 m, Carumas) en fait un cas d’école d’ingénierie et de maintenance (fiche projet Lupi). Le groupe a décision d’investissement pour Lupi en 182 MWc et ~1,5 Md NOK attendus sur le projet (communiqué résultats T3 2025). Sur l’éolien Flug, la presse spécialisée et la presse économique locale reprennent un capex d’environ 487 M$, 217 MW et 35 éoliennes Vestas en procédure d’évaluation environnementale (BNamericas), (GESTIÓN), avec dossier également versé sur la plateforme MINEM / Senace (fiche officielle projet).
4. Greenwashing / zones grises
Ce n’est pas du « tout vert » façon brochure : la valorisation narrative EnR coexiste avec un terrain miné. BNamericas rapporte les propos du management commercial péruvien sur le véritable goulot, les permis, sur des parcelles où se cumulent titres fonciers et tensions de propriété — un frein structurel aux solaires et éoliens, précisément là où la ressource est la meilleure (BNamericas). Côté maison mère, Statkraft AS affiche une perte nette de 413 M NOK en 2025 (après impôts, dont effets dépréciations et charges fiscales norvégiennes) (résultats 2025)) — ce tableau contredit l’image d’un groupe « en euphorie permanente » et questionne la marge de manœuvre pour accélérer au Pérou. Enfin, les 533 km cumulés de lignes (522 km + interconnexion selon sources) et 23 postes transférés à Conelsur (Forbes Perú), (Renewables Now) confèrent à l’acheteur une croissance ~50 % de part dans le transport (BNamericas) : concentration du réseau entre les mains d’un autre opérateur, pas suppression du besoin infrastructural.
5. Positionnement stratégique
Le signal 2025-2026 est limpide : sortir du réseau régulé pour réallouer le capital vers PV/éolien prioritaires, dans une vague de cessions mondiales ~13,5 Md NOK au troisième trimestre 2025 (communiqué T3 2025). La plateforme d’investissement groupe vise désormais 16-20 Md NOK/an dans la durée (même source) — le Pérou n’est qu’un vivier, mais stratégique. L’ `ODD 7` / climat, brandé depuis longtemps par la filiale via le Global Compact, doit se mesurer aux tragédies communes des ENR : foncier et cash-flow.
Verdict WattsElse
Statkraft Pérou a troqué une rente régulée et visible contre un pari de volume solaire et éolien dans un pays où le ciel est clair mais le cadastre brouillé : les GW annoncés valent ce que vaut la permisabilité — et la trésorerie du groupe, sous stress comptable en 2025, n’abondera pas à l’infini.
Sources : statkraft.com · datosperu.org · statkraft.com.pe · connaissancedesenergies.org · statkraft.com.pe · statkraft.com · bnamericas.com · gestion.pe · gob.pe · bnamericas.com · statkraft.com · forbes.pe · renewablesnow.com · bnamericas.com · unglobalcompact.org
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