Solar Power (Korat 7) Company Limited
À Nakhon Ratchasima, une petite centrale de 8,4 MWac fait figure de vétéran du photovoltaïque thaïlandais : mise en service en 2012, elle incarne la première génération des projets SPCG fortement aidés, puis confrontée en 2024–2025 à la brutale normalisation tarifaire.
À propos de Solar Power (Korat 7) Company Limited
1. Modèle économique
Solar Power (Korat 7) Company Limited est une SPV de production électrique dont le modèle repose sur la vente d’électricité solaire au réseau, dans la trajectoire historique des very small power producers promus par la Thaïlande. La fiche projet du groupe SPCG fait état d’une puissance de 8,4 MW en courant alternatif, d’une mise en service commerciale au 30 mai 2012, d’un capital social déclaré de 188,75 millions de bahts et d’une coentreprise entre Solar Power Company (SPCG) et RATCH, avec des modules Kyocera et des onduleurs SMA (filiale SPCG Korat 7, annonce RATCH sur l’exploitation commerciale). Les revenus consolidés du groupe SPCG ont été divisés par deux sur un an en 2024, à 2 049,2 millions de bahts contre 4 125,6 millions en 2023, avec un résultat net en repli de 62 % à 746,8 millions de bahts (résultats 2024 commentés). Au niveau de la seule filiale, les comptes 2023 recensés en base commerciale indiquent un chiffre d’affaires d’environ 45,75 millions de bahts et un bénéfice net d’environ 12,83 millions pour des actifs d’environ 451,7 millions (fiche ThailandSIC) ; les agrégats 2024 de cette SPV ne sont pas retrouvés dans les jeux de données consultés. Effectif déclaré : non trouvé dans les sources publiques exploitées ici.
2. Impact réel
Installée sur environ 97 rai (ordre de grandeur souvent rapporté, soit autour de 15 hectares) dans la province de Nakhon Ratchasima, la centrale injecte depuis treize ans de l’électricité à faible intensité carbone dans un pays où la combustion fossile structure encore fortement le mix (fiche projet GEM_solar_project)). Le photovoltaïque au sol remplace, au fil des kWh produits, des centrales thermiques à fort contenu carbone, ce qui participe localement à la baisse du facteur d’émission moyen, même si aucun inventaire public CO₂ « évité » n’a été identifié spécifiquement pour Korat 7. Pour le lecteur européen, le paragraphe n’a rien à voir avec les objectifs chiffrés de la programmation pluriannuelle de l’énergie françaises, mais prolonge la même logique de massification du PV déjà décrite dans les rappels pédagogiques du photovoltaïque ou les repères métiers de l’ADEME sur le solaire : produire du courant sans flamme, puis vivre avec la suite économique quand les primes initiales s’éteignent.
3. Innovations / partenariats
Sur le plan technologique, il s’agit d’un parc polycristallin de première vague, référencé comme doté d’équipements japonais et allemands, typique des années 2010–2012 (filiale SPCG Korat 7). L’innovation, aujourd’hui, est moins dans le module que dans la gouvernance du risque tarifaire : la co‑détention avec RATCH positionne l’actif dans le portefeuille d’un producteur d’électricité intégré qui trie depuis des années ses alliances entre fossile et renouvelables (annonce RATCH). Côté groupe, SPCG indique avoir distribué environ 372,5 millions de kWh solaires en 2024 (Synthèse SolarQuarter), ce qui donne l’échelle d’un parc agrégé dont Korat 7 n’est qu’une brique.
4. Greenwashing / zones grises
La première tension est chiffrée et immédiate : après l’expiration du mécanisme « Adder » de 8 bahts/kWh pour une série de fermes — dont les actifs SPCG concernés par la vague de 2024 — le groupe a vu ses revenus du segment solaire fondu au premier trimestre 2025 (−37 % à 388 millions de bahts, revenus totaux −27 %) (Bangkok Post sur la fin de l’Adder). Ce n’est pas rhétorique « vert » : c’est une translation comptable brutale du soutien public vers le prix de marché. La seconde zone grise tient au partenaire majoritaire côté industrialité électrique thaïlandaise : dans les documents de synthèse 2024 communiqués en anglais par RATCH, quelque 34,3 milliards de bahts de revenus sont encore attachés aux centrales gaz et charbon sur 40,0 milliards de revenus totaux de production d’électricité — soit une exposition fossile résiduelle massive pour un actionnaire qui capitalise aussi sur l’étiquette solaire de filiales comme Korat 7 (tableau structure RATCH 56-1, 2024). Enfin, le contentieux civil et administratif autour du projet EEC de 500 MW — réclamations supérieures à 3,7 milliards de bahts contre l’autorité provinciale PEA — rappelle que le « transition narrative » peut se heurter à l’État acheteur ; les pièces versées au dossier public décrivent annulations de transfert de droits et investissements engagés avant l’affrontement judiciaire (The Reporter Asia, Bangkok Post sur le front judiciaire EEC).
5. Positionnement stratégique
Korat 7 est un actif amorti, peu « storytelling ESG », beaucoup « cash-flow de maturité » exposé au désamorçage des primes. Les signaux récents passent par la holding : SPCG maintient un dividende élevé en titre malgré la contraction du chiffre d’affaires (SolarQuarter), tandis que RATCH affiche au niveau consolidé un résultat net 2024 en hausse et une capacité à arbitrer entre segments fossiles et EnR (communiqué RATCH 2024). Pour la filiale, l’enjeu n’est plus d’annoncer des records de rendement module : il est de survivre dans un créneau où le tarif social a vécu et où les batailles juridiques sur grands parcs décident l’avenir du groupe.
Verdict WattsElse
Korat 7 est l’histoire d’un solaire utile devenu ballon d’essai des politiques tarifaires : l’électricité produite est réelle, la prise de risque politique et partenariale l’est tout autant. À l’heure où les adders s’éteignent, la couleur du bilan dépend autant du mix de RATCH que du ciel de Nakhon Ratchasima.
Sources : spcg.co.th · ratch.co.th · solarquarter.com · thailandsic.com · gem.wiki · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · agirpourlatransition.ademe.fr · bangkokpost.com · ratch.listedcompany.com · thereporter.asia · bangkokpost.com · ratch.co.th
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
AbitibiBowater
Les étiquettes de base données mentent quelquefois : « AbitibiBowater », souvent ramené aux conflits de la filière forêt-canadienne, n’a rien à voir avec le « Pétrole & Gaz ».
Voir la fichePRIME Engineering France
Conseil en ingénierie multisectoriel avec un penchant pour la diversité, ou l'art du caméléon industriel.
Voir la fichePOLE DE COMPETITIVITE CAPENERGIES
À Marseille et sur les territoires périphériques, le pôle de compétitivité Capenergies structure un écosystème où multinationales, PME, laboratoires et collectivités montent ensemble des dossiers pour la transition.
Voir la ficheGecalsa - La Dehesa
Née dans le Burgos des années 2000, rachetée par ce qui s’appelait encore Gas Natural Fenosa, Gecalsa incarne l’ancrage territorial des renouvelables « historiques » du groupe aujourd’hui baptisé Naturgy.
Voir la ficheOrapac
Sous le vocable « Orapac », on croise d’emblée un piège d’orthographe : il n’existe pas, en base ouverte, d’opérateur d’énergies renouvelables portant exactement ce nom.
Voir la ficheTermoChilca S.A.C.
Dans une Pérousade par le prix du gaz, une filière de l’aciériste-répartiteur Corporación Aceros Arequipa tient une carte maîtresse : trois cents mégawatts fossiles sous le couvert d’investisseurs qui parlent certification et transition.
Voir la ficheDhuruma O&M Company
Derrière un nom de bureau à Dhuruma se cache l’un des plus gros blocs thermiques du royaume : 1 756 MW au gaz (avec marge fioul), synchronisés sur le réseau saoudien.
Voir la ficheAGL Energy Services Pty Limited
Elle porte un nom technique et une carte d’identité australienne — pas une startup française ni une « pure player » européenne des renouvelables.
Voir la ficheTrollberget Vindkraft AB
Sur le plateau du nord de la Dalécarlie, une micro-structure fonde son pari sur le mockfjärdsk : cinq turbines de 3 MW, un budget d’environ 250 millions de couronnes, et un actionnariat ouvert à une machine — pendant que la commune voisine de Gagnef sert de laboratoire politique au « non » aux grands parcs.
Voir la ficheRoslags Energi
Roslagsenergi se présente comme un opérateur suédois des solutions « vertes » du nord d’Uppland : biomasse locale, plaquettes et énergies renouvelables au service du chauffage et de la production locale d’électricité.
Voir la ficheOviBar
Une marque présentée comme bar à eau connecté et désormais mini-minibar hôtelier capte une demande brute : mieux hydrater tout en désamorçant la peau des contaminants et du plastique à usage unique.
Voir la ficheCOMATE
Ici ce n’est ni un groupe pétrogazier ni un producteur « vert » coté : vous avez sous les yeux un cabinet d’ingénierie et design orienté hardware, installé au cœur de la deeptech flamande, qui capitalise la transition via des produits industriels concrets tout en distillant médical, machines et nouvelles filières.
Voir la ficheUNIWERSYTET OPOLSKI
Ce n’est pas un opérateur de réseau : l’Uniwersytet Opolski** est une université publique de Pologne (créée en 1994), dont les sujets « énergie » relèvent surtout du patrimoine, des subventions et de la R&D.
Voir la ficheTaebaek Wind Park
Le nom évoque un parc mais recouvre plutôt un ensemble de sites dans une ville minière qui se réinvente en électronucléaire de plateau.
Voir la ficheANU
Trois lettres, trois mondes : prénom recensé dans des bases lexicales ouvertes, université australienne citée par erreur dans certaines fiches, et un opérateur qui se présente comme fonds d’infrastructure sur les énergies « multiples ».
Voir la ficheCIFP Tecnológico Industrial de León
À León, un grand lycée technique ne « vend » pas le kilowattheure verte : il forme ceux qui la raccordent au réseau.
Voir la ficheNorrtälje Energi
** Ce n’est pas une start-up nordique à pitch deck : Norrtälje Energi tient les fils du territoire, de l’électricité « verte » à la chaleur urbaine.
Voir la ficheNexgen Solux Private Limited
La mention « Nexgen Solux Private Limited » renvoie, selon les éléments disponibles, à la société indienne Nextgen Solux Power Private Limited (CIN U40101PB2013PTC037297), immatriculée au Punjab et enregistrée à Fazilka : un opérateur photovoltaïque de taille modeste, ancré dans la filière publique de l’État, loin des narratifs « unicorne solaire ».
Voir la ficheParamount Petroleum
Le nom évoque encore le bitume et les routes de Californie ; l’actualité, elle, est celle d’une usine devenue symbole des promesses d’aviation « bas carbone »…
Voir la ficheSTAAQ Technology
Petite structure, grand récit industriel: STAAQ Technology vend moins une molécule qu’un maillon stratégique de la chaîne hydrogène.
Voir la ficheEL5-Energo PJSC
PJSC EL5-Energo n’est pas une « pure player » de la transition : c’est un opérateur de centrales thermiques à gaz et de réseaux de chaleur, calé sur les tarifs et le marché de gros russes, que le rebranding et quelques centaines de mégawatts éoliens ne suffisent pas à repositionner.
Voir la ficheContemporary Amperex Technology Co., Limited (CATL)
Leader mondial des batteries lithium-ion, CATL alimente un tiers des véhicules électriques, avec pour credo : électrifier la planète... tout en esquivant habilement les projecteurs du ministère de la Défense US.
Voir la ficheUkrtatnafta
La plus grosse raffinerie d’Ukraine n’est plus une affaire de bilan : c’est un enjeu de guerre, de souveraineté pétrolière et de procès qui remontent jusqu’à Paris.
Voir la ficheArgenta Energía S.A.
Derrière un patronyme qui fait aussi florès au Brésil dans la distribution de carburants, Argenta Energía S.A.
Voir la fiche