Énergies renouvelables

Gecalsa - La Dehesa

Née dans le Burgos des années 2000, rachetée par ce qui s’appelait encore Gas Natural Fenosa, Gecalsa incarne l’ancrage territorial des renouvelables « historiques » du groupe aujourd’hui baptisé Naturgy.

« L’éolien ibérique de Naturgy entre record de production et refus d’impact »

À propos de Gecalsa - La Dehesa

1. Modèle économique

Gecalsa — Gecal Renovables — est une société espagnole de production d’électricité renouvelable, siège à Miranda de Ebro (province de Burgos), absorbée en 2015 par Gas Natural Fenosa (devenu Naturgy) pour 260 millions d’euros, sur la base d’environ 201,3 MW nets en service : dix parcs éoliens et un parc photovoltaïque dénommé La Dehesa (communiqué du groupe, El País). Le modèle d’alors : propriété et exploitation d’actifs EnR et pipeline de développement — la société n’était pas un simple promoteur « exit only ». Depuis l’intégration, son chiffre d’affaires et ses effectifs ne sont plus isolés dans des comptes facilement traçables sous la marque Gecalsa : l’activité est consolidée au bilan de Naturgy, ce qui est classique pour une filiale opérationnelle d’un groupe coté. Côté capex groupe, en 2024 Naturgy indique 926 millions d’euros d’investissements dédiés aux renouvelables, dont 374 millions en Espagne (Público, reprise d’éléments de communication du groupe).

2. Impact réel

L’impact climat direct se lit aujourd’hui surtout à l’échelle du portefeuille espagnol de Naturgy : en 2024, le groupe a injecté 10 797 GWh d’électricité renouvelable dans le système, en hausse de +11 % sur un an, avec +27 % pour le solaire, +15 % pour l’hydraulique et +6 % pour l’éolien (Público). La capacité installée EnR en Espagne atteint 5,3 GW fin 2024 (+5 %), avec 271 MW de nouveaux ajouts (241 MW solaire, 30 MW éolien) (Público). Le groupe revendique en outre l’évitement d’environ 6,13 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre et polluants liées à cette production (Público). Pour la France et la PPE / les fiches ADEME, le lien est indirect : aucun agrégat public spécifique à Gecalsa n’alimente ces référentiels nationaux français ; l’ancrage reste ibérique. Sur le terrain mirandais, le parc La Dehesa reste un symbole d’early PV associé à l’entreprise avant sa « naturalisation » (El Correo).

3. Innovations / partenariats

Le volet « rupture techno » est modeste lorsqu’on isole Gecalsa : historiquement, la valeur réside dans le parc d’actifs mutualisés et la capacité à industrialiser projet après projet. Du côté de la maison-mère, le signal récent est plutôt capex et mise en service : début 2025, Naturgy annonce une éolienne de Valverde (Castille-et-León), avec plus de 40 millions d’euros investis pour 49,5 MW (communiqué Naturgy Castille-et-León). À l’échelle développement, le groupe poursuit aussi des méga-projets PV annoncés (dont une très grande centrale en Extremadura dans la communication 2025 relayée par la presse spécialisée), mais sans rattachement documenté au nom juridique Gecalsa dans les extraits accessibles ici. Côté « gaz vert », la filiale Nedgia fait monter en charge le biométhane sur réseau selon une trajectoire distincte du pur éolien/photovoltaïque — vecteur stratégique parallèle au cœur du modèle intégré du groupe (Público).

4. Greenwashing / zones grises

Le principal risque réputationnel n’est pas abstrait : il prend la forme d’projets volumineux dans des territoires sensibles. Le dossier « Macroparque La Dehesa » autour de La Robla (León) vise jusqu’à 51 éoliennes sur quelque 1 900 hectares ; la presse locale documente une mobilisation d’élus et d’alegaciones très larges contre ce type d’installation (Diario de León). Sur le volet réglementaire, le parc éolien Abano, l’un des trois volets de ce complexe ayant fait l’objet d’études d’impact, a été porteur d’une instruction massive : 522 alegaciones en phase publique avant une déclaration d’impact environnemental défavorable en février 2024, scellant l’arrêt du projet en l’état (Diario de León, BOE). Du côté du groupe, la critique associative a aussi visé la stratégie gaz : en 2022, Greenpeace España a mené une action contre la société mère au motif des approvisionnements gaziers, pointant l’écart entre discours et dépendances énergétiques (Greenpeace España).

5. Positionnement stratégique

Gecalsa n’est plus le visage boursier du récit : elle est une couche historique du stack renouvelable espagnol de Naturgy, alors que la maison-mère accélère le GW via solaire massif et rafraîchit l’éolien régional, comme à Valverde (communiqué Castille-et-León). Le contexte européen (pression sur les prix, besoin de vitesse de déploiement, durcissement des critères environnementaux sur les corridors de biodiversité) rend ces macrosites simultanément indispensables à l’échelle compteur et coûteux en acceptabilité. Pour un lecteur français, la leçon tient aux trade-offs géographiques identiques : accélération des EnR contre foncier, paysage et ressources en eau.

Verdict WattsElse

Gecalsa vous rappelle qu’« être en renouvelable » depuis vingt-cinq ans ne garantit aucune tranquillité de procédure : le nom La Dehesa passe du PV de proximité au grand éolien de montagne, et avec lui des Décisions ministérielles qui peuvent trancher net — jusqu’aux 522 alegaciones et une DIA défavorable sur la branche Abano (Diario de León, BOE). Le renouvelable n’est pas qu’une couleur de logo : c’est un conflit d’usage du territoire.

Sources : naturgy.com · elpais.com · publico.es · elcorreo.com · naturgy.com · diariodeleon.es · diariodeleon.es · boe.es · es.greenpeace.org

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