Teesta Solar Ltd.
À Gaibandha, la Teesta Solar Ltd.
À propos de Teesta Solar Ltd.
1. Modèle économique
Teesta Solar Ltd. opère comme producteur indépendant (IPP) : elle vend l’électricité à la Bangladesh Power Development Board (BPDB) dans le cadre d’un contrat PPA sur 20 ans signé déjà en 2017, avec un tarif de 0,15 $ par kWh (PPA avec la BPDB), mécanisme que Beximco résume ainsi : « pas d’électricité, pas de paiement » (mise en service industrielle). Le projet a été structuré autour du plus grand champ photovoltaïque du pays jusqu’à récemment, avec transfert réseau par une liaison d’environ 35 km et 550 000 panneaux, sur une emprise foncière de l’ordre de 650 acres (communication groupe).
La capitalisation du cash-flow repose sur ce tarif élevé et sur un financement de dette : un Green Sukuk de 3 000 crore taka levé en 2021 pour financer en particulier Teesta et un autre parc solaire du groupe (enquête sur l’usage des fonds). Selon la presse économique bangladaise, le chiffre d’affaires cumulé de Teesta Solar aurait atteint environ 1 693,31 crore taka entre janvier 2023 et octobre 2025 (restructuration du Sukuk), après un premier exercice annoncé autour de 634 crore taka de revenus (production et comptes année 1). Effectif opérationnel publié du site : non retrouvé dans les sources consultées.
2. Impact réel
Sur le plan physico-énergétique, l’actif injecte de l’électricité renouvelable massive dans un pays encore très dépendant du gaz et du charbon : 443,8 millions d’unités (kWh) auraient été livrées au réseau national sur les 15 premiers mois (compteur kWh réseau). Des profils techniques estiment l’énergie annuelle autour de 395 GWh et un ordre de grandeur de 316 000 tonnes de CO₂ évitées par an pour ce parc — chiffres indicatifs issus d’une fiche projet, à manier comme estimation de promoteur/analyste, pas comme audit indépendant (fiche centrale).
Lecture européenne : aucune fiche ADEME, article de Connaissance des Énergies ou renvoi direct au PPE ne documente à notre connaissance ce site précis ; la comparaison avec les objectifs français d’EnR n’a donc pas de base chiffrée publique ici, au-delà du principe général qu’un tel volume de PV décarbone partiellement le mix bangladais s’il remplace réellement de la production fossile à la marge.
3. Innovations / partenariats
L’échelle industrielle elle-même est l’« innovation » : digues, routes, ligne haute tension et tableaux Sungrow/longi dans la com’ de filière (lancement commercial ; détail équipements sur profil technique). La partenariat EPC/O&M cité par l’industrie comprend des acteurs comme Rays Power Infra et Zetwerk (même fiche projet). Côté bloc actionnarial, la littérature sectorielle décrit historiquement une coentreprise Beximco / TBEA Xinjiang Sunoasis (structuration historique du PPA) — à recouper avec les états des actionnaires officiels si vous publiez une version longue juridique.
4. Greenwashing / zones grises
Le « vert » du Green Sukuk bute sur un triple signal rouge réglementaire et politique. D’abord, la Bangladesh Securities and Exchange Commission a ouvert une enquête sur des irrégularités comptables et l’usage des fonds du Sukuk, avec des mentions de non-conformité IFRS 9 et de prêts sans intérêt massifs vers Teesta Solar et un autre parc (synthèse enquête BSEC) ; les suites figurent aussi dans la presse généraliste (rapports soumis à la BSEC). Ensuite, Transparency International Bangladesh estime en décembre 2024 qu’une série de projets solaires (dont le sample couvre 505,4 MW) a coûté en moyenne 13,8 crore taka par MW là où la BPDB tablait sur 8 crore taka/MW, pour un surcoût agrégé de 2 926,88 crore taka et plus de 249 crore taka de irrégularités liées au foncier sur cinq projets IPP (étude TIB) — chiffres sectoriels, pas un audit nominatif de Teesta seule, mais un cadre de suspicion sur la gouvernance des tarifs et des coûts. Enfin, un panel a validé en 2026 une extension de maturité du principal du Sukuk de 3 000 crore taka de 2026 à 2032 face à un risque de liquidité (décision de restructuration), tandis que des enquêtes décrivent une forte souscription bancaire sous pression (souscription à 74 % par les banques ; pression sur les banques). Sécurité sur site : Beximco a sollicité une protection renforcée après des incidents en septembre 2024 (demande de sécurisation), dans un contexte où le vice-président du groupe, Salman F Rahman, a été arrêté en août 2024 (arrestation).
5. Positionnement stratégique
Teesta Solar reste l’étendard renouvelable de Beximco pour montrer que le Bangladesh peut industrialiser le PV à grande échelle, avec une visibilité de revenus longue via le PPA. Mais la stratégie repose sur un tarif politique (0,15 $/kWh) que des travaux militants comparent défavorablement aux tarifs voisins beaucoup plus bas (écart de coûts TIB), et sur une dette de marché désormais reprofilée (Sukuk étendu à 2032). Pour le secteur global EnR, l’enseignement est limpide : la transition n’est « bankable » que si la gouvernance capte le surcoût — faute de quoi le vert sur le prospectus ne tient pas la route face au rouge du bilan.
Verdict WattsElse
Teesta Solar est à la fois un actif climatique massif et un cas d’école du risque que la finance islamique labellisée « verte » devienne le relais d’engorgements tarifaires et de fragilités systémiques quand la sphère politique bascule. Formule de clôture : *le soleil à 0,15 dollar le kilowatt-heure éclaire aussi les trous noirs du bilan.*
Sources : pv-magazine.com · beximco.com · thefinancialexpress.com.bd · tbsnews.net · thefinancialexpress.com.bd · power-technology.com · connaissancedesenergies.org · ecologie.gouv.fr · tbsnews.net · bdnews24.com · tbsnews.net · tbsnews.net · tbsnews.net · publisher.tbsnews.net · tbsnews.net
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