Tejo Energia SA
Tejo Energia SA n’est pas une start-up de la transition : c’est la société portugaise qui a porté la centrale de Pego, symbole de la sortie du charbon au pays et du verrouillage politique et industriel sur ce qui la remplace.
À propos de Tejo Energia SA
1. Modèle économique
L’entité recherchée correspond à Tejo Energia – Produção e Distribuição de Energia Elétrica, S.A. (Portugal), maître d’ouvrage du centre de production de Pego : ce n’est ni une filiale française homonyme ni un fournisseur d’un autre pays — le calendrier Pego / TrustEnergy / Endesa en fait la signature sans ambiguïté (synthèse actionnariale Autoridade da Concorrência, 2024). Le capital est partagé entre TrustEnergy (véhicule historiquement associé à Engie et Marubeni, minorité/majorité selon les phases) et Endesa Generación, dans des fourchettes publiques du type ≈56,3 % / 43,7 % (même décision) ; Engie Portugal explicite une structure 56,25 % / 43,75 % au sein de la « Tejo Energia » thermique (page Production thermique flexible). Les revenus historiques reposent sur la vente d’électricité et la gestion d’actifs (charbon puis fin de charbon, services de site, interfaces avec le CCGT). Chiffre d’affaires consolidé récent et effectif global : non retrouvé en accès libre fiable au moment de la rédaction (les bases type Iberinform renvoient souvent à des extraits payants) ; en revanche, le capex de démantèlement est chiffré publiquement à 20 M€ sur trois ans à partir de mars 2026 (Executive Digest, Público). Le CCGT « Elecgás », société paritaire Engie/Endesa sur le site, vise 2×418 MW (nets) et s’appuie sur un tolling agreement de 25 ans sur toute la production, avec démarrage opérationnel en mars 2011 — autant de cadre contractuel long pour le gaz (fiche projet Elecgás).
2. Impact réel
La dernière tranche charbon du pays s’est éteinte fin novembre 2021, avec 628 MW retirés du mix à Pego (fiche Global Energy Monitor) dans la dynamique d’extinction anticipée du charbon décrite côté francophone dans le paysage énergétique portugais (décryptage Connaissance des Énergies / AFP). Impact CO₂ « net » du site en 2026 : la destruction du gisement charbon est un gain majeur pour le climat local et pour l’image du pays, mais l’empreinte du parc gaz à cycle combiné reste structurelle tant que l’électricité est produite au méthane — la donnée publique utile est ici capacité nette et durée du contrat d’écoulement, pas un bilan carbone consolidé « Tejo Energia » mis à disposition gratuitement (projet Elecgás). Les externalités du chantier — bruit, poussières, circulation, déchets de déconstruction — sont en phase ascendante avec jusqu’à ~80 emplois au pic et des promesses de ~75 emplois stables côté futur environnement industriel (Jornal de Abrantes, Executive Digest).
3. Innovations / partenariats
La « tech » du site post-2026 est surtout portée par le schéma d’Endesa issu du concours public : des chiffrages médiatiques évoquent jusqu’à ~600 M€ d’investissements pour un parc hybride — ordres de grandeur cités autour de 365 MWp solaire, 264 MW éolien, 168,6 MW de stockage et un électrolyseur de 500 kW (Executive Digest, Expresso). Côté Tejo Energia, l’innovation opérationnelle immédiate est industrielle : démantèlement de tours (116 m) et cheminée (225 m) par phases, dont explosifs contrôlés en fin de chantier (Público). Pegop assure maintenance/exploitation certifiée ISO 45001 / 14001 pour le CCGT selon la communication Engie (page thermique).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque de « transition lisse » est d’afficher la fin du charbon en occultant le gaz massif encore contractualisé sur le même périmètre : ≈836 MW nets au gaz et contrat de 25 ans signé en lien avec une mise en service 2011 placent l’horizon d’écoulement dans les années 2030 (projet Elecgás). Deuxième zone grise : gouvernance bloquée, avec un concours où Tejo Energia a vu préférer le projet d’Endesa — elle est allée jusqu’à contester vertement le verdict en 2022 (Expresso) — et des tensions actionnariales ouvertes sur la biomasse et la stratégie de reconversion (Público, 2022). Troisième tension : l’accès réseau — la société a judicialisé des aspects liés au point d’injection sur le RESP selon la presse publique (RTP), ce qui nourrit le soupçon d’un actif politique autant qu’un actif industriel. Enfin, fin 2025–début 2026, la reconversion d’Endesa restait exposée à des lenteurs d’évaluation environnementale, prolongeant l’incertitude pour le territoire (Eco).
5. Positionnement stratégique
Tejo Energia bascule d’un rôle de producteur charbon à celui de gestionnaire de sortie et de plateforme pour le mix gaz + (futur) renouvelable au Médio Tejo. Sa lecture stratégique : capitaliser sur la réputation de première ligne de la fermeture charbon tout en conservant des revenus de services et la coordination avec un CCGT encore pivot du réseau (Engie Portugal, Elecgás). Le signal 2026 est clairement le go du démantèlement à 20 M€ (Executive Digest) alors que le chantier politique de la reconversion reste adjudiqué à Endesa et encore balisé par l’environnement et le temps des autorisations (Eco).
Verdict WattsElse
Tejo Energia est la géométrie impossible de la transition : deux actionnaires, un site, deux vitesses — charbon en poussières, gaz en contrat long, renouvelable sur le papier d’un tiers. Tant que le méthane produit à Pego s’écoule au compte-gout du tolling 2011–2036 (Elecgás), parler de « hub 100 % vert » serait un contresens climatique — même quand la cheminée tombe.
Possible badge : « L’usine qui a tué le charbon mais garde le gaz sous cloche »
Sources : concorrencia.pt · engie.pt · executivedigest.sapo.pt · publico.pt · elecgas.pt · gem.wiki · connaissancedesenergies.org · jornaldeabrantes.sapo.pt · app.expresso.pt · publico.pt · rtp.pt · eco.sapo.pt
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Vattenfall
Vattenfall n’avance pas masqué: c’est un énergéticien intégré, massif, détenu à 100% par l’État suédois, qui vend de l’électricité, du gaz, de la chaleur et des services énergétiques à l’échelle du nord de l’Europe.
Voir la ficheÖzaltin Enerjİ Üretİm Ve İnşaat Anonİm Şİrketİ
Özaltın Enerji Üretim ve İnşaat A.Ş.
Voir la ficheNational Oil Corporation
État dans l’État du baril libyen, la National Oil Corporation capitalise sur une remontée de volume après des années de blocages — et affiche des bilans chiffrés qui font vibrer les marchés.
Voir la ficheHyringa Vind AB
Le siège officiel dit Vara, le parc nominal vit à Hyringa, dans la commune voisine de Grästorp : Hyringa Vind AB incarne cet éclairage très suédois où l’éolien se joue rue par rue, coopérative par coopérative, au moment où Stockholm tente de débloquer une étreinte réglementaire devenue nationale.
Voir la ficheKimitoöns Värme Ab
Sur l’archipel du sud-ouest finlandais, la transition passe aussi par la cheminée du réseau de chaleur : Kimitoöns Värme Ab incarne le modèle « utilité municipale » nordique, petite taille mais mission critique pour les ménages et les entreprises raccordés.
Voir la ficheGreenbirdie
Greenbirdie ne vend pas d’abord des panneaux: il vend de la décision énergétique.
Voir la ficheSociété Raffinerie de Pétroles du Nord
Le nom évoque encore l’ère Fina-BP-Colas et les cheminées du port de Dunkerque ; dans le registre du commerce, la réalité s’appelle Société de la Raffinerie de Dunkerque (SRD).
Voir la ficheKaura Coproducts
Salteras ne regarde pas l’industrie qu’avec des yeux d’experts en économie circulaire : elle la sent.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Cần Đơn
Centrale cotée de 77,6 MW en province de Bình Phước : le modèle paraît limpide — vendre du courant à travers le holding d’État Sông Đà — jusqu’à ce que la pluie se fasse la mauvaise compagne.
Voir la ficheSoutheast Ohio Oil and Gas Association
Une trentaine de milliers de puits forés, des milliers encore en production dans le sud-est de l’Ohio : la Southeastern Ohio Oil & Gas Association n’est pas une « supermajor », c’est le relais des opérateurs locaux — et le point de passage obligé pour comprendre où se joue l’acceptabilité du gaz de schiste dans l’Appalachie.
Voir la fichePT Angel Nickel Industry
Chez PT Angel Nickel Industry (ANI), le nickel qui nourrit la demande batteries croise une armature industrielle où 380 MW de production électrique captive au charbon tiennent les RKEF sous tension.
Voir la ficheSluneční park Dubí
Il se réduit à quelques lignes sur un trombinoscope d’actifs : environ 1 MW dans le nord de la Bohême, silicon cristallin, acheminements et maintenance intégrés au portefeuille de JUFA.
Voir la ficheZarubezhneft
Hors de ses frontières, un géant d’État russe joue la longue durée dans des gisements fragiles : Cuba, mer Caspienne, Viêt Nam.
Voir la ficheSISTEMAS ENERGETICOS VALLE DE SEDANO S.A.U.
Filiale espagnole du périmètre d’Acciona Energía, Sistemas Energéticos Valle de Sedano S.A.U.
Voir la ficheCapgemini (United States)
Capgemini (United States) désigne ici les opérations nord-américaines d’un groupe de conseil et de services numériques — pas une filiale « production » au sens d’un industriel lourd.
Voir la ficheTotal (United States)
Le volet américain de TotalEnergies n’est pas une start-up californienne : c’est une base industrielle où GNL, renouvelables intégrées et recherche se croisent au même tempo que les arbitrages de capex.
Voir la ficheKvarkenvinden 1 Kooperativ ek för
Pionnière de l’éolien citoyen autour d’Umeå, Kvarkenvinden 1 Kooperativ ek.
Voir la ficheEspinos S.A.
Le pari public est photovoltaïque, batteries et fiabilité du réseau ; derrière la vitrine, une part massive de la capacité tient encore à des moteurs diesel groupés sur un site côtier.
Voir la ficheGuañizuil 2A
** Guañizuil 2A n’est pas une « entreprise » au sens start-up : c’est un parc photovoltaïque de 117 MWdc dans la province de San Juan (Argentine), mis en route en 2021 puis absorbé par Central Puerto en 2023.
Voir la ficheGöteborg Energi AB
Utility publique de Göteborg, Göteborg Energi vient d’inscrire dans le béton une sortie de route du gaz : une chaufferie biomasse milliardaire à Rya qui alimente un argument climat impeccable — doublé de factures qui montent et d’un débat frontal sur les marges demandées au réseau de chaleur par la commune.
Voir la ficheNational Benzole
Fondée en 1919 pour écouler le surplus de benzole de guerre, National Benzole a incarné trente ans de bataille d’influence autour d’un mélange « 50/50 » charbon / pétrole, avant d’être digérée par Shell-Mex & BP puis d’achever sa course sous l’aile de BP, jusqu’à l’effacement pur et simple d’une marque devenue incommode.
Voir la ficheSouthwest Windpower
Pendant plus de vingt ans, elle a incarné le rêve américain du vent domestique à Flagstaff.
Voir la ficheEOLICA DEL EBRO S.A.
Derrière un nom de géographie fluviale se cache une société à l’ADN strictement espagnol : production d’électricité renouvelable, ancrage à Tudela et rattachement au Grupo Enhol.
Voir la fiche