TERA-10
Ce n’est ni une utility, ni une offre industrielle « Tera » de 2026 : TERA-10 est une étape historique du programme Simulation de la Direction des applications militaires (DAM) du CEA, livrée fin 2005 par Bull sur le site de Bruyères-le-Châtel.
À propos de TERA-10
1. Modèle économique
TERA-10 n’a pas de « chiffre d’affaires » au sens marché : c’est un actif public classifié, amorti dans une trajectoire d’équipements successifs (Tera-1, puis Tera-10, Tera-100, Tera1000…) décrite par le CEA sur sa page dédiée à la lignée TERA (présentation de la lignée Tera). Le modèle économique, lisible de l’extérieur, est celui d’une commande publique stratégique à un intégrateur national (Bull), assortie d’investissements d’infrastructure (stockage, réseaux, refroidissement, salles blanches) car chaque saut de puissance impose de refondre le « bâtiment-machine » autant que le silicium. Les agrégats budgétaires détaillés et la répartition inter-programmes ne sont en pratique pas vérifiables dans les sources ouvertes au même titre qu’une société cotée. En revanche, la chaîne de valeur est claire : financement public, objectif opérationnel unique (simulations pour le programme Simulation, dans le cadre fixé par la documentation de référence — voir la synthèse encyclopédique et ses liens vers le TOP500 : TERA-10), et obsolescence programmée par la course aux flops (la machine glisse rapidement dans le classement mondial après le milieu des années 2000, cf. historique TOP500 relayé sur la même fiche).
2. Impact réel
L’angle « transition » n’est pas photovoltaïque : il est électrique et thermique. Un supercalculateur de cette génération est une charge résidentielle sur le réseau et une pompe à chaleur industrielle pour le refroidissement ; la documentation grand public de l’époque souligne d’ailleurs l’enjeu de la réception et de la validation de la configuration au moment de la mise en service (article de décembre 2005). Pour situer le débat français actuel sur l’empreinte du numérique, l’ADEME a documenté l’évolution attendue des consommations des centres de données et le levier « infrastructure » dans la transition — sans lien spécifique à TERA-10, mais avec une logique comparable : la puissance de calcul se paie en MWh et en équipements de climatisation (perspectives sur les centres de données). Sur l’efficacité à l’époque, la fiche encyclopédique mentionne un classement Green500 (ordre de grandeur ~86,8 MFLOPS/W en 2009, avec rang 265 — jeux de mesure et périmètres variables selon les listes) : TERA-10. Aucun rapport RSE « corporate », aucun agrégat CSRD et aucune fiche récente repérée chez Connaissance des Énergies, GreenUnivers ou Énergie & Stratégie pour cette désignation précise : l’information utile reste scientifique, technique et militaire, pas « extra-financière » au sens des grands groupes.
3. Innovations / partenariats
Sur le papier, TERA-10 est un cluster massif NovaScale relié par un réseau Quadrics, avec des processeurs Intel Itanium Montecito montés en configuration « très parallèle » — le détail architectural est synthétisé sur la fiche TERA-10 et corroboré côté « storytelling » livraison par la dépêche Futura-Sciences / CEA. Le partenariat structurant est CEA DAM × Bull × écosystème processeurs/réseau, avec une trajectoire industrielle ensuite prolongée par Tera-100 puis Tera1000, où le CEA affiche explicitement la recherche d’un meilleur ratio calcul/électricité sur les générations suivantes (lignée Tera).
4. Greenwashing / zones grises
Première zone grise, la plus lourde : parler d’« impact climat » positif à propos d’une brique du programme Simulation serait malhonnête ; la finalité est la simulation d’armes nucléaires dans un cadre d’essais contraints, ce que la documentation de référence rappelle sans ambages (TERA-10). Deuxième zone grise : opacité et externalités — on discute volontiers d’efficacité énergétique « relative » entre générations, beaucoup moins de la courbe de charge réelle sur le réseau francilien et du mix électrique effectif à la prise. Troisième zone grise : pollution sémantique ; en 2026, les moteurs de veille et les caches sectoriels peuvent confondre TERA-10 avec des produits commerciaux « Tera » ou des sociétés homophones — ce qui fausse cartographie et ESG. Enfin, l’étiquette « Production électrique » telle que transmise dans votre brief ne colle pas à l’objet : TERA-10 consomme de l’électricité ; il n’en vend pas.
5. Positionnement stratégique
Stratégiquement, TERA-10 est aujourd’hui un repère historique : l’Europe des 2005-2007 y voit un étendard de souveraineté HPC, puis le classement mondial TOP500 documente la dégradation relative du rang au fil des upgrades concurrents (tableau d’évolution sur TERA-10). La suite, racontée par le CEA, est plus révélatrice encore pour votre lecteur « énergie » : Tera1000 vise des gains d’efficacité massifs par rapport à Tera-100, puis la route vers l’exascale institutionnalise la guerre de l’électricité comme variable d’arbitrage au même titre que la fréquence (lignée Tera). Côté PPE ou ADEME, le levier pertinent n’est pas un « alignement EnR » de cette machine, mais la pression nationale sur la sobriété et la performance énergétique des datacenters et HPC — le cadre public existe, même s’il ne nomme pas Bruyères-le-Châtel (ADEME, centres de données).
Verdict WattsElse
TERA-10, ce n’est pas une « entreprise énergie » : c’est une ligne électrique dans l’histoire de la dissuasion calculée, où chaque téraflop a un prix en MWh et en secret défense. À l’heure où l’on classe les clouds comme des actifs climatiques, cette page rappelle qu’une partie du HPC souverain joue dans un registre de puissance où la transparence carbone n’est ni le même langage, ni la même obligation.
Sources : www-hpc.cea.fr · fr.wikipedia.org · futura-sciences.com · ademe.fr
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q3512099
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Ca Du Hydro Power Constructing JSC.
Le libellé Ca Du Hydro Power Constructing JSC ne renvoie, selon les éléments disponibles en ligne, à aucune société clairement documentée (site corporate, rapport financier ou fiche d’entreprise indexée sous cette graphie exacte).
Voir la ficheMarvel Fusion
Quand l’Allemagne mise sur la fusion nucléaire laser pour nous sauver du blackout — ou au moins pour briller au laser.
Voir la ficheGuodian Changzhou Power Co Ltd
À Chunjiang, dans le nouveau district de Changzhou (Jiangsu), l’actif porte désormais un nom de marque national (« 国能 ») hérité de la fusion Guodian–Shenhua : une machinerie de géant public qui vend de l’électricité, mais dont la marge stratégique tient surtout au charbon et à la sécurité d’approvisionnement.
Voir la ficheFEDA
Le monopole public Forces Elèctriques d’Andorra (FEDA) aligne des résultats à deux chiffres de millions d’euros et une demande en hausse, tout en peinant à débloquer son projet-phare Pic del Maià.
Voir la ficheCUMUCORE OY
Pourquoi on en parle : Une PME espoolaise qui grimpe vite sur une niche technique — réseaux mobiles privés, cœur de réseau logiciel — vient de capter une récompense MWC/GLOMO 2026.
Voir la ficheÉlectriciens sans frontières
** Née en 1986 dans la filière française de l’électricité, Électriciens sans frontières joue un rôle discret mais structurant : accès à l’énergie et à l’eau, souvent par les renouvelables, parfois dans l’urgence la plus brute.
Voir la ficheCAD-TERV KFT.
Une PME hongroise qui vend du numérique industriel depuis plus de deux décennies s’expose au spatial avec un financement à deux chiffres de pourcentage d’aide publique, pendant que ses agrégateurs de données financières parlent de croissance de chiffre d’affaires et de marge sous pression.
Voir la ficheGroupe SNEF
Le groupe affiche en 2024 un chiffre d’affaires de près de 2 milliards d’euros et un carnet de commandes qui couvre près de deux ans d’activité — puis voit, en février 2025, une partie de ses équipes dénoncer le même écran de fumée que tant d’industriels : profits en hausse, partage salarial contesté.
Voir la ficheMursolar 24
Madrid, Murcie, Vinci : trois échelles, une même équation.
Voir la ficheSolar Power Energy Eta vos
En République tchèque, une Solar Power Energy Eta v.o.s.
Voir la ficheTri An Hydro Power Company
Le sud du Vietnam compte sur cette retenue soviétique des années 1990 pour tenir le réseau ; en 2025, la centrale a battu son plan de production.
Voir la ficheRóng yì Solutions
Róng yì Solutions vend une promesse très contemporaine: aider l’industrie à se décarboner sans perdre le fil de la compétitivité.
Voir la ficheNepal Oil Corporation
Entreprise publique à l’assise quasi totale sur l’import de carburants, la Nepal Oil Corporation incarne la contrainte d’un pays sans raffinerie : le choc des prix mondiaux se paie comptant, et la « transition » annoncée bute sur le GPL, la route et le dollar.
Voir la ficheTNB Janamanjung Sdn Bhd
Filiale de production du géant public Tenaga Nasional (TNB), TNB Janamanjung Sdn Bhd pilote la plus grande centrale thermique de la Malaisie sur une île artificielle à Seri Manjung (Perak).
Voir la ficheNANTES UNIVERSITE
Nantes Université est bien l’établissement public expérimental ligérien (ex‑Communauté d’universités et établissements autour de l’université de Nantes et des grandes écoles associées) — et non une société homonyme.
Voir la ficheSoftbank Takasago Solar Park
Planté sur une friche municipale de Hyōgo, ce méga-parc portait encore le nom de SoftBank au début des années 2020 ; il raconte aujourd’hui autre chose : un actif photovoltaïque de taille modeste happé par la consolidation japonaise du renouvelable, entre trading industriel et agrégation énergétique.
Voir la ficheDENA
L’Allemagne fait porter une partie massive de sa trajectoire 2045 sur l’efficacité, le bâtiment et l’électrification.
Voir la fichePhilippine Rural Electric Cooperatives Association
La Philippine Rural Electric Cooperatives Association n’est ni un producteur classique ni une pure ONG : c’est le parapluie national de 121 coopératives de distribution, au cœur d’un archipel classé premier risque climatique mondial et d’une bataille législative sur le modèle « coop vs privé ».
Voir la ficheEmpresa de Energia del Putumayo
L’Empresa de Energía del Putumayo incarne ce que tout territoire frontière veut croire possible : du courant régulé, des gros chantiers pour digérer la croissance — et une gouvernance qui, sur le papier d’audit, ne pardonne pas les oublis les plus rudimentaires.
Voir la ficheBallenoil
** Filiale « discount » de Moeve (ex-Cepsa), Ballenoil incarne la mobilité fossile à prix serré sur la péninsule ibérique : réseau qui grossit à vue d’œil, volumes en hausse, marges qui peinent à suivre.
Voir la ficheDatang Douhe Power Station
Tangshan a décroché le site historique Douhe au profit d’un remplacement USC 2 × 660 MW opérationnel dès début 2025 : meilleur rendement, moins de g CO₂ par kWh qu’avec les anciennes unités…
Voir la ficheSchneider Electric (Canada)
Schneider Electric Canada incarne la pointe nord-américaine d’un géant de l’électrification et de l’automatisation : usines, réseaux de partenaires et forte exposition aux data centers, dans le sillage d’un groupe qui vient de franchir les 40 milliards d’euros de revenus.
Voir la ficheAndes Solar SpA
Spécialiste chilien du solaire sous statut sociétaire type SpA dans la filière des énergies renouvelables, Andes Solar a bâti sa réputation sur les chantiers distribués, puis mise sur une montée en gamme industrielle digne des « grandes ligues » régionales.
Voir la fiche