SKTM (Shariket Kahraba wa Taket Moutadjadida SPA)
La Shariket Kahraba wa Taket Moutadjadida (SKTM), filiale de production du groupe Sonelgaz, incarne le paradoxe algérien : mandat officiel tourné vers le renouvelable, ancrage opérationnel profond dans les réseaux isolés du Sud et leur parcs diesel.
À propos de SKTM (Shariket Kahraba wa Taket Moutadjadida SPA)
1. Modèle économique
SKTM est une SPA dont le capital est entièrement souscrit par le holding Sonelgaz, selon la présentation qu’en donne la fiche organisme Devex. Créée le 7 avril 2013 par scission de SPE.Spa, avec siège à Ghardaïa, elle cumule un volet « réseaux isolés » (production thermique décentralisée au service de la continuité dans le Grand Sud) et un volet EnR (ingénierie, déploiement, gestion d’actifs solaires/renouvelables sur le territoire national, commercialisation en direction des filiales de distribution du groupe). Les revenus sont ainsi captifs du service public algérien : contrats internes au groupe, tarification et planification pilotés par la politique énergétique nationale, sans modèle « IPP » à la européenne pour l’essentiel du périmètre. Chiffre d’affaires consolidé publié au nom spécifique de SKTM et effectif dédié : non retrouvés dans les extraits consultés (registres généralistes type Annuaire CACI El Mouchir ou la fiche Devex) ; l’ordre de grandeur employeur reste celui du groupe Sonelgaz (tens de milliers de salariés côté holding, selon les synthèses de presse spécialisée comme AlgeriaTech).
2. Impact réel
L’impact climat de SKTM se lit à travers ses actifs plutôt qu’à travers une comptabilité carbone publique : le tracker solaire Global Energy Monitor crédite la ferme El Kheneg (Laghouat) — deux phases 20 MW (2016) et 40 MW (2017), PV — comme détenue et exploitée à 100 % par SKTM, avec chaîne d’EP/construction impliquant notamment Sinohydro et partenaires chinois listés dans la même entrée. En avril 2026, l’Algérie annonce la mise en service de 400 MW supplémentaires (Tendla et El Ghrous), dans le premier volet d’un programme de 3,2 GW inscrit dans la trajectoire 15 GW d’ici 2035, avec >1,4 GW encore attendus en rampe progressive 2026, selon Enerdata. Mais le même pointage situe le mix national 2024 à ≈99 % gaz et <1 % solaire : le gain réel en décarbonation reste, à l’échelle pays, marginal tant que la physiologie du parc reste gazier. Côté grand Sud, un volet d’hybridation diesel/PV (économies de gasoil annoncées à l’échelle de 20 600 tonnes/an pour 50 MWc) avait été détaillé par Radio Algérienne — signal utile, mais ancré dans une génération d’annonces antérieure aux objectifs actuels. Les cadres PPE/CSRD/ADEME : peu opérants directement sur une utility d’État en Algérie ; l’enjeu, pour un lecteur français, est plutôt indirect (expositions approvisionnement gaz, instruments climat européens sur les importations), sans ligne comptable CSRD identifiable sur SKTM dans les sources ouvertes.
3. Innovations / partenariats
Au-delà d’El Kheneg, la fiche GEM documente une ingénierie EPC internationale sur site (constructeurs et opérateurs listés). Le plan groupe côté Sonelgaz embarque un saut technologique réseau — refonte SCADA lancée 2026 sur cinq ans, enveloppes d’investissements 2025 citées autour de 656 milliards de dinars et ≈4,94 milliards de dollars dans l’analyse AlgeriaTech — condition sine qua non pour absorber des volumes PV supérieurs sans coupures, pertes et fluctuation de fréquence. Parallèlement, l’Algérie pousse aussi le gaz-electricité : travaux lancés en avril 2026 sur un cycle combiné de 1 406 MW à Tébessa (ordre de grandeur 1,4 Md$, ≈1 500 emplois) relatés par Zawya — signal systémique qui n’attribue pas ipso facto l’ouvrage à SKTM, mais cadre l’ambivalence nationale gaz de base / slogan EnR.
4. Greenwashing / zones grises
La tension n°1 est chiffrée : selon Enerdata, l’électricité algérienne est restée à 99 % gaz en 2024, le solar captant à peine 1 % — difficile, dans ce contexte, de présenter l’accélération PV 2026 comme un changement de système plutôt qu’un rattrapage. La tension n°2 est réseau : AlgeriaTech estime les pertes techniques et commerciales entre 12 % et 15 %, contre 6–8 % dans des réseaux européens bien gouvernés — écart qui mange l’équivalent de plusieurs centrales avant même le déploiement massif d’EnR. Historiquement, la presse sectorielle a qualifié de succès limité certaines manœuvres d’appels d’offres PV du Sud — article de African Energy (2019) sur une vague de 150 MW — utile comme rappel que la langue diplomatique des cible-gigawatts précède parfois la mécanique contractuelle. Aucune condamnation judiciaire, sanction ou « greenwashing sanctionné » n’a été repérée au nom de SKTM dans le périmètre consulté.
5. Positionnement stratégique
SKTM est le bras production « Sud + EnR » du service électrique algérien : ni start-up climat, ni pure-player exportateur. Son horizon est celui du programme national : Enerdata rappelle 40 % d’avancement sur 22 centrales du tranche 3,2 GW et une trajectoire 15 GW/2035 (révision à la baisse vs l’ancien 22 GW/2030, selon la synthèse AlgeriaTech). Signal récent : la mise en ligne des 400 MW et la pression estivale sur le réseau (pic à 20 628 MW en juillet 2025 dans la même analyse) — SKTM profite des investissements armatures, mais reste exposée aux choix gaz tant que le dispatch national priorise la chaudière sur le panneau.
Verdict WattsElse
SKTM n’est pas une étiquette verte : c’est l’outil technique qui tient debout les îlots diesel tout en construisant le solaire qui doit, un jour, réduire la facture carbonée du Sud. Tant que 99 % du pays brûle du gaz et que 12 à 15 % de l’énergie s’égarent dans le réseau, chaque annonce PV fait surtout coller un pansement photovoltaïque sur une blessure systémique gazière.
Sources : devex.com · elmouchir.caci.dz · algeriatech.news · gem.wiki · enerdata.net · radioalgerie.dz · zawya.com · africa-energy.com
Données clés
- Forme
- Gesellschaft mit beschränkter Ha
- Fondée
- 2008
- Siège
- Helmstedt, German Reich
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