Texaco
Texaco, ce n’est plus une cote en Bourse : c’est une marque, une filiale d’histoire, et l’héritage juridique d’une compagnie pétrolière américaine rachetée en 2001 par Chevron, désormais pilotée depuis le siège de Chevron à San Ramon (Californie).
À propos de Texaco
1. Modèle économique
Aujourd’hui, le « moteur » de Texaco est le groupe Chevron : marques, lubrifiants, stations, additif Techron et réseau de distribution, le tout alimenté par l’amont (pétrole, gaz) et l’aval (raffinage, produits pétrochimiques) dont les agrégats figurent dans le rapport annuel supplémentaire 2024 et le communiqué de résultats T4 2025 : revenus de 184,4 milliards de dollars en 2025, bénéfice net d’environ 12,3 Md$ la même année, avec un capex de 17,3 Md$ en 2025 et des investissements majoritairement orientés production d’hydrocarbures — la direction vise d’ailleurs 18 à 19 Md$ de capex en 2026, avec un accent noté sur les États-Unis (environ 9 Md$) et le guyanien après la finalisation du rachat de Hess (55 Md$) en juillet 2025. Côté effectifs, l’entité consolidée (Chevron) se situe, selon les publications récentes du groupe, autour de 40 000 à 45 000 salariés selon l’exercice et les restructurations — l’annexe au rapport 2025 du groupe détaille les masses salariales par segment ; c’est l’ordre de grandeur qui encadre la « maison mère » de la marque Texaco.
2. Impact réel
L’impact climat d’un tel acteur se lit d’abord en volumes : le groupe indique par exemple une production d’environ 3,3 millions de barils équivalent pétrole par jour en 2024 (fichage SEC), des réserves prouvées portées à 10,6 milliards de barils fin 2025 après l’intégration d’Hess, et un programme d’expansion du Permien (objectif d’1 million de boe/jour évoqué dans la documentation groupe). Côté « bas carbon », le groupe indique en revanche 7,7 Md$ engagés sur 2021-2024, avec un cap annoncé de 10 Md$ d’ici 2028. À mettre en perspective avec les trajectoires des politiques énergétiques : la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et les cibles de réduction d’émissions en France/UE visent précisément à réduire la dépendance aux énergies fossiles : un major producteur de pétrole et de gaz, même décliné en marque BtoC, reste en tension structurelle avec ces plafonds d’émissions.
3. Innovations / partenariats
Dans le discours 2024-2025, l’innovation porte moins sur la neutralité carbone que sur l’efficacité opérationnelle et l’électrification des usages aval : le supplément annuel évoque un partenariat autour de turbines à gaz, captage stockage (CCS) et alimentation de data centers pour sécuriser l’électricité « dispatchable » — autrement dit : fossiliser l’infrastructure de l’IA. En raffinage, le groupe indique l’augmentation de la capacité de diesel renouvelable à Geismar (de 7 000 à 22 000 barils par jour) en 2025. Côté marque Texaco, la documentation commerciale souligne le déploiement d’une identité de stations modernisée aux États-Unis et, en Allemagne, un accord de distribution exclusive de lubrifiants Texaco avec Finke à compter de septembre 2024 : ce sont des leviers de marge, pas un pivot hors hydrocarbures.
4. Greenwashing / zones grises
Trois zones grises s’imposent. D’abord, le double langage : d’un côté, communication « lower carbon » et fâcheux 10 Md$ sur fond de dizaines de milliards de dollars de capex pétro-gaziers d’orientation upstream massive en 2026 ; de l’autre, l’intensité carbone d’exploitation présentée comme progrès plutôt que baisse de production. Ensuite, le lourd passif amazonien (Équateur) : un tribunal arbitral a condamné l’Équateur à verser 220 M$ fin 2025, tandis que, selon RFI (janvier 2026), Quito conteste le montant : la société y gagne l’arbitrage, l’histoire y perd en légitime réparation. Enfin, la dépendance au prix des matières premières : le résultat 2025 reflue avec le Brent — signal que la « transition » d’écran ne protège ni le climat ni, mécaniquement, la fiche RSE, si les volumes restent pétroliers.
5. Positionnement stratégique
La stratégie se résume en une formule aujourd’hui : Gulf of Mexico, Permien, Guyane (post-Hess), dividende relevé (dividende à 1,78 $ par action, +4 %, payable mars 2026), rachats et 27,1 Md$ retournés aux actionnaires en 2025, réduction de coûts structurels en cours (cible 3-4 Md$ d’ici fin 2026) : un capitalisme pétrolier de rendement, pas un retrait du pétrole. Indirectement, c’est aussi l’histoire de Texaco telle qu’elle se vend en station et en atelier : une marque qui survit, quand l’or noir continue de s’extraire.
Verdict WattsElse
Texaco n’est plus l’indépendance texane des années 1990, mais le rétro-éclairage d’un groupe qui combine arbitrages internationaux, production record passée en disque annoncé et rêve « bas carbone » dimensionné data centers. Ici, le badge et le Techron n’indiquent pas la route d’une SNBC atteinte : ils signalent l’infrastructure, encore massivement fossile, qui l’empêche.
Sources : fr.wikipedia.org · chevron.com · chevron.com · reuters.com · chevron.com · sec.gov · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · chevron.com · texacolubricants.com · insideclimatenews.org · rfi.fr
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