THE CARBON CAPTURE AND STORAGE ASSOCIATION ASBL
L’« ASBL » belge que vous cherchez n’est pas une start-up climat : c’est le groupe de pression industriel derrière le déploiement du CCUS en Europe, avec un siège à Bruxelles et une machine d’influence à l’échelle du Royaume‑Uni.
À propos de THE CARBON CAPTURE AND STORAGE ASSOCIATION ASBL
1. Modèle économique
L’entité The Carbon Capture and Storage Association est immatriculée en Belgique comme ASBL (n° BE0728586301, siège Rue du Congrès 35, 1000 Bruxelles, active depuis 2019, selon les données sociétaires consultées sur CompanyWeb). Sur le plan strictement comptable, ces mêmes sources indiquent l’absence de dépôt public de comptes annuel pour cette forme juridique belge — pas de CA publiable côté ASBL dans l’état des bases ouvertes au moment de la vérification. Le modèle, lu depuis le site corporate, est celui d’une association à adhésion : la CCSA revendique plus de 120 membres industriels, plus de 20 professionnels et une activité concentrée sur plaidoyer, groupes de travail et événements (présentation CCSA). Côté Union européenne, le registre de transparence retrouve une enveloppe de 600 000 à 699 999 € de dépenses liées au lobbying sur l’exercice 2025, avec 7,75 équivalents temps plein déclarés dont 7 accréditations au Parlement (LobbyFacts). Point d’attention d’homonymie : une personne morale distincte existe au Royaume‑Uni depuis les années 2000 ; les chiffres d’activité ou de bilan qui circulent souvent sous l’étiquette « CCSA » renvoient en pratique aux membres et aux marchés CCUS, pas à un chiffre d’affaires consolidé de l’ASBL belge isolément.
2. Impact réel
Le CCUS peut réduire des émissions ponctuelles dans l’industrie lourde ou la production décarbonée contingente, mais son bilan climat dépend de la stack capture–transport–stockage, du taux d’utilisation réel et du contenu carboné résiduel des installations soutenues — là où le troisième Paquet « climat » et la régulation européenne fixent le tempo, sans que la CCSA soit elle‑même un émetteur au sens comptable sectoriel français. Sur le volet Royaume‑Uni, la CCSA met en avant un pipeline de plus d’une centaine de projets représentant jusqu’à environ 77 Mt CO₂/an de capacité de capture théorique, avec 22 licences de stockage en développement et un constat de 27 projets mis en pause ou retardés sur deux ans faute de clarté politique, pendant que 75 % des promoteurs se disent prêts à réorienter des investissements à l’étranger sans cadre stable (communiqué CCSA 2025). Ces ordres de grandeur ne valent pas « tonnes évitées » certifiées : ils traduisent la concurrence narrative entre ambition industrielle et incertitude réglementaire.
3. Innovations / partenariats
La ligne directrice affichée est industrielle : livrables méthodologiques pour dérisquer les projets, feuilles de route européennes et mises en relation avec institutions et investisseurs. En 2025, la gouvernance Bruxelles gagne en visibilité avec la nomination de Thierry Grauwels comme directeur UE pour piloter le déploiement des chaînes CCUS depuis la capitale belge (annonce CCSA). Sur le volet finance et infrastructure, l’association diffuse des travaux conjoints avec Deloitte visant la bancabilité intégrée — capture, transport, stockage — et les leviers pour débloquer des premiers investissements en Europe (note CCSA / feuille de route UE), en écho à une étude de marché Europe publiée par la CCSA (étude Europe). Côté acier, l’association interpelle explicitement le gouvernement britannique pour que le CCUS accompagne les actifs sidérurgiques au moment où Londres déploie une stratégie acier printanière (stratégie acier UK ; prise de position CCSA).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de « verdissement » ne porte pas sur une étiquette produit de la CCSA mais sur l’usage politique du CCUS comme pare‑feu pour des filières gazières et pétrolières encore massives. InfluenceMap documente, dans une analyse 2025, comment des majors et leurs associations — dont la CCSA — articulent la promotion du CCS avec des priorités pouvant protéger la demande de combustibles fossiles au Royaume‑Uni, au prix d’incohérences plaidoyères vis‑à‑vis d’autres juridictions (dossier InfluenceMap ; fiche LobbyMap). L’intensité du lobbying est elle‑même chiffrable dans l’espace public européen : la fourchette 600–700 k€ déclarée 2025 et les 7,75 ETP côté UE (LobbyFacts) se lisent en regard des enveloppes publiques promises sur les clusters britanniques — 22 milliards de livres sur vingt ans avancés dans la presse à partir de documents ministériels et de travaux FOI (The Canary). Enfin, le Corporate Europe Observatory relie le « Clean Industrial Deal » à une bataille sémantique sur l’hydrogène fossile « propre », théâtre où les industriels et groupes comme la CCSA poussent des cadres favorables au CCS (Corporate Europe Observatory).
5. Positionnement stratégique
Pour WattsMonde — ici rangée sous « Réseaux & Distribution » — la CCSA incarne le couloir CO₂ : standardisation, infrastructures transfrontalières et tarification du risque entre ETS, soutiens publics et volonté des États côtiers — la Grèce étant mise en avant comme hub méditerranéen dans la com’ récente (fil actualités CCSA). Le signal 2025–2026 est double : professionnalisation du pôle UE et diagnostic d’asphyxie des investissements UK si les mécanismes ne se verrouillent pas — tension qu’assume d’ailleurs la propre communication de l’association sur les retards et la fuite des capitaux (communiqué CCSA 2025). Aucune fiche ADEME, article Connaissance des Énergies, GreenUnivers ou Énergie & Stratégie centrée sur l’association n’a été repérée dans la veille éditoriale menée ici : le cadrage scientifique et français du sujet repose donc sur références européennes et contre‑expertises citées plus haut, non sur un consensus presse nationale tout‑faits.
Verdict WattsElse
La CCSA n’est pas une ONG de la réduction primaire : c’est l’interface réglementaire d’une industrie du CO₂ qui conditionne son avenir à la fois à la béton des pipelines et à la suite des élections — un métier de gré à gré public autant qu’un métier d’ingénieurs.
Sources : companyweb.be · ccsassociation.org · lobbyfacts.eu · ccsassociation.org · ccsassociation.org · ccsassociation.org · ccsassociation.org · gov.uk · ccsassociation.org · influencemap.org · influencemap.org · thecanary.co · corporateeurope.org · ccsassociation.org
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