Production électrique

Helen Oy

En un an, Helen a divisé par deux ses émissions directes après l’arrêt du charbon à Salmisaari, tout en engageant un programme nucléaire SMR chiffré en milliards.

« Après le charbon : réseaux bois contesté et SMR à plusieurs milliards »

À propos de Helen Oy

1. Modèle économique

Helen est un groupe énergétique de la ville d’Helsinki : il produit et commercialise surtout électricité, chauffage urbain et climatisation de réseau, avec une assise réglementaire locale forte dans le chauffage et une présence nationale sur la vente d’électricité. Selon son communiqué sur les comptes 2025, le groupe a enregistré en 2025 un chiffre d’affaires consolidé de 1 373 M€ (–10 % par rapport à 2024, dans un contexte de prix de gros plus bas), un résultat d’exploitation de 189 M€ (+19 %) et une moyenne de 706 salariés (contre 777 en 2024). La même source indique une progression de 9 % des ventes d’électricité au détail, à 5 764 GWh, signe d’un levier commercial sensiblement renforcé sur le marché finlandais.

2. Impact réel

La fermeture définitive de la centrale charbon de Salmisaari en avril 2025 est le fait marquant : Helen annonce une baisse de 56 % des émissions de CO₂ sur un an, avec des émissions directes ramenées à 0,6 Mt en 2025 contre 1,3 Mt en 2024, et une réduction cumulée de 84 % par rapport à 1990 (communication sur la réduction d’émissions). Sur le volet éolien, le groupe indique avoir dépassé 900 MW de capacité après des levées de puissance en 2025, dont le parc de Niinimäki (rapport intermédiaire janvier–septembre 2025). À l’échelle française, la PPE ou les fiches ADEME ne pilotent pas directement cet opérateur, mais la trajectoire s’inscrit dans la pression européenne générale sur la décarbonation des systèmes urbains de chaleur et d’électricité (objectifs climat et sécurité d’approvisionnement).

3. Innovations / partenariats

En janvier 2026, Helen structure son pari nucléaire via la filiale Helen Ydinvoima Oy, dédiée aux investissements SMR (annonce de constitution). Le groupe explore trois emplacements helsinkois — aires de Vuosaari et Salmisaari, secteur Norrberget à Östersundom occidental — avec des études d’impact environnemental sur la fenêtre 2025‑2027 (point d’étape programme nucléaire). La presse spécialisée évoque une fourchette 1 à 5 Md€ selon que le projet se cale surtout sur la chaleur ou une cogénération chaleur‑électricité (dépêche Reuters). Côté service, Helen indique une trajectoire de prix du chauffage urbain pour les clients professionnels autour de 73,0 €/MWh en 2026 après 76,9 €/MWh en 2025 (grille tarifaire entreprises).

4. Greenwashing / zones grises

La promesse d’arrêt de toute combustion, biomasse comprise, d’ici 2040 (stratégie du groupe) fixe un cap clair, mais elle se décline dans un pays où la consommation de bois-énergie des centrales reste massive : les statistiques provisoires de Luke recensent 20,8 millions de m³ de combustibles ligneux solides absorbés par la production chaleur‑électricité en 2025 (bois dans la génération d’électricité 2025), ce qui alimente les critiques sur la pression sur la ressource forestière (analyse Forest Defenders Alliance). Le voisinage nucléaire est tout aussi tendu : alors que Helen avance ses SMR, Fortum conclut en mars 2025 qu’un nouveau nucléaire n’est pas commercialement viable dans la conjoncture actuelle des prix nordiques (Reuters), ce qui questionne les conditions de rentabilité et de partage des risques du programme helsinkois. Enfin, la stratégie publique affiche encore un rôle de capacités de pointe au gaz et au fioul pour sécuriser le réseau de chaleur face aux pics extrêmes — un résidu fossile assumé, mais qui modère l’image d’un basculement entièrement « propre » à court terme (stratégie 2030‑2040).

5. Positionnement stratégique

Helen vise une neutralité carbone d’ici 2030 et joue la carte flexibilité (éolien, pompes à chaleur, réseaux) tout en tentant de verrouiller un bas-carbone dispatchable via le nucléaire de petite taille. La gouvernance municipale et la densité urbaine d’Helsinki offrent un laboratoire rare en Europe : tarification du chauffage, urbanisme énergétique, acceptabilité des trois sites SMR. Le signal récent combiné — spectaculaire baisse des émissions après charbon et programme nucléaire capital-intensif — positionne le groupe entre exemplarité climatique et pari industriel à très long délai.

Verdict WattsElse

Helen a franchi en 2025 la ligne rouge du charbon avec des chiffres d’émissions qui parlent ; le vrai récit stratégique, c’est le double pari : sortir sans illusion d’une économie du bois-énergie contestée, tout en construisant un nucléaire neuf que le marché nordique, lui, juge encore peu rentable. À Helsinki, la transition se lit donc autant dans les compteurs CO₂ que dans le prix du risque technologique.

Sources : helen.fi · helen.fi · helen.fi · helen.fi · helen.fi · reuters.com · helen.fi · helen.fi · luke.fi · forestdefenders.eu · reuters.com

"Chez Watts Else?, nous analysons les acteurs de l'énergie avec un regard critique et pédagogique. Notre objectif est de vous aider à comprendre qui fait quoi dans la transition énergétique."

Données clés

Forme
osakeyhtiö
Fondée
1909
Siège
Helsinki, Finland

Identifiants publics

Wikidata
Q3129981

Analyse IA

Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.

Voir toutes les entreprises

Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition

Autres acteurs de l'écosystème