UNIVERSITY OF PIRAEUS
Le Pirée n’est pas seulement le port qui nourrit Athènes : c’est aussi le siège d’une université dont le laboratoire TEESlab équipe aujourd’hui la Grèce de modèles énergétiques aussi utiles que contestables.
À propos de UNIVERSITY OF PIRAEUS
1. Modèle économique
Établissement public d’enseignement supérieur fondé en 1938, l’institution vit surtout des dotations nationales, des droits d’inscription et de la recherche contractuelle, plutôt que d’un « chiffre d’affaires » corporate ; les agrégats type CA consolidé ne sont pas exposés comme pour une société cotée. La visibilité énergétique repose sur le TEESlab (Technoeconomics of Energy Systems laboratory), rattaché au centre de recherche de l’université, et sur des projets européens. Dans le consortium LOCATEE (LIFE, lutte contre la pauvreté énergétique dans l’habitat collectif privé), la fiche « funding » publiée par l’IBS indique un budget éligible total de 1 829 158 €, dont 1 737 700 € de contribution de l’UE, pour une clôture fixée au 30 septembre 2027, avec Athènes-Le Pirée comme site pilote régional (IBS). Le volet modélisation du secteur électrique s’appuie notamment sur OSeMOSYS-GR, développé avec des financements Horizon Europe (IAM COMPACT, convention 101056306) et Horizon 2020 (ENCLUDE, 101022791).
2. Impact réel
L’impact climat se joue moins en « bilan carbone d’entreprise » qu’en effets indirects : outils pour cibler les ménages vulnérables, appui aux rénovations pilotes (LOCATEE ambitionne au-delà de 50 rénovations sur la durée du projet selon la même fiche IBS), et surtout contribution aux documents de planification nationale. Le module DREEM (Dynamic high-Resolution dEmand-sidE Management) est présenté comme utilisé par le ministère grec de l’énergie et de l’environnement pour les révisions du plan national énergie-climat (page TEESlab DREEM), en cohérence avec le cadre européen de mise à jour des NECP (la Commission publie la version grecque actualisée 2021-2030 déposée en 2025). Côté mix électrique, OSeMOSYS-GR compare explicitement des technologies fossiles (lignite, gaz, pétrole), EnR, stockage et filière hydrogène sur 68 technologies et 15 commodités dans le système énergétique de référence (dépôt GitHub), ce qui situe le « réseau » comme objet central de simulation plutôt que comme simple infrastructure passive.
3. Innovations / partenariats
Le TEESlab capitalise sur des partenariats EU (LIFE LOCATEE, projets Horizon) et sur une présence dans les instances voulues « people-centred » de la politique énergétique : l’équipe annonce une intervention lors de l’Energy Poverty Advisory Hub annual conference les 17 et 18 mars 2026 à Athènes (communiqué TEESlab). La ligne « smart grid / numérique » est portée aussi par la recherche doctoral du département des systèmes numériques (PhD studies). La modélisation open source OSeMOSYS-GR et la publication associée dans *Applied Energy* (2025, DOI cité sur le README) renforcent le profil académique-exportable de ces outils.
4. Greenwashing / zones grises
Premier levier de critique factuelle : la rubrique « Funding information » du projet LOCATEE fixe une contribution UE de 1 737 700 € pour 1 829 158 € de budget éligible, soit environ 95 % du financement direct EU sur l’enveloppe déclarée (IBS) : une structure aussi dépendante des programmes LIFE/H2020/HE soulève la question du maintien des capacités si les priorités budgétaires ou les taux de cofinancement bougent après 2027. Second point : la documentation d’OSeMOSYS-GR liste toujours centrales à lignite et gaz dans le jeu technologique de référence (GitHub) — ce n’est pas un « mégot climatique » en soi (un modèle reflète le réel), mais cela rigidifie le débat : la neutralité d’un outil peut servir d’écran si les scénarios retenus par les pouvoirs publics continuent d’ancrer le gaz dans l’investissement réseau. C’est précisément l’angle développé dans l’article *Applied Energy* de 2025 sur l’extension du gaz en Grèce, qui mobilise DREEM pour comparer des trajectoires résidentielles (ScienceDirect), complété par la synthèse TEESlab. Tension corollaire : lorsque le même DREEM est mobilisé à la fois pour documenter le NECP (page DREEM) et pour mettre en évidence les limites d’une planification gaz-heavy, l’université cumule influence technique et responsabilité politique d’usage des modèles — sans qu’il s’agisse d’accusation judiciaire, mais d’un arbitrage stratégique lisible publiquement.
5. Positionnement stratégique
L’UNIPI vise un rôle de « faire-valoir » technico-économique de la transition g Recque : données locales (pauvreté énergétique au Pirée dans LOCATEE), internationalisation (ateliers, conférences EPAH), et soft power réglementaire via les livrables NECP. La confrontation avec le cadre européen — désormais cristallisée par le dépôt du NECP grec actualisé — offre une fenêtre où les modèles TEESlab peuvent soit accélérer l’électrification et l’efficacité, soit cautionner des trajectoires encore gazeuses si les scénarios « business as usual » l’emportent.
Verdict WattsElse
L’University of Piraeus ne distribue pas le kilowattheure : elle fabrique les grilles de lecture selon lesquelles la Grèce le produira — et ce pouvoir de cadrage, sous perfusion européenne et avec des technologies fossils encore dans le moteur OSeMOSYS, mérite autant d’attention qu’un opérateur de réseau.
Sources : unipi.gr · teeslab.unipi.gr · ieecp.org · ibs.org.pl · github.com · teeslab.unipi.gr · commission.europa.eu · energy-poverty.ec.europa.eu · teeslab.unipi.gr · ds.unipi.gr · sciencedirect.com · teeslab.unipi.gr
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