Ville de Fribourg - Service de la mobilité
Le Secteur de la mobilité de la Ville de Fribourg pilote voirie, stationnement et accompagnement à la mobilité douce sur le territoire communal, dans un pays (la Suisse) où l’électrification des bus passe surtout par les TPF et les arbitrages cantonaux.
À propos de Ville de Fribourg - Service de la mobilité
1. Modèle économique
Il n’y a pas de chiffre d’affaires « corporate » : le pôle relève du service public communal, financé par l’enveloppe budgétaire de la Ville et des recettes liées à l’espace public (stationnement, redevances, etc.). Pour 2025, la commune annonce un déficit de 15,9 millions de francs suisses, avec une hausse des charges de personnel (+5,1 millions) : le contexte est à la rigueur comptable, pas à l’expansion discrétionnaire. En parallèle, la collectivité participe au capital des transports : 12,5 millions versés aux TPF dans le cadre d’une augmentation de fonds propres de 72,5 millions (essentiellement canton, complété par la Ville et d’autres partenaires). L’enveloppe de 580 millions d’investissements sur 2023–2030 porte surtout la signature du Service de la mobilité cantonal : pertinent pour le bassin fribourgeois, mais ce n’est pas le budget interne du Secteur municipal. Nous n’avons pas trouvé, dans les extraits consultés, un chiffre d’effectif dédié uniquement au Secteur de la mobilité urbaine ; en revanche, les synthèses municipales évoquent des besoins de renforts de personnel au budget 2025 (+19,7 équivalents plein-temps) pour faire face à la charge des services. Aucune traçabilité ADEME ou PPE3 n’apparaît pour cette collectivité suisse — logique, ces référentiels étant français.
2. Impact réel
Sur le territoire urbain, des mesures d’apathie du trafic produisent des effets mesurables : après généralisation de la zone 30, la commune relève en moyenne −2,1 dB de bruit routier et une diminution de la gravité des accidents, ce qui va dans le sens d’un report de nuisances plutôt que d’une magie « zéro voiture ». Côté climat, les objectifs communaux annoncés fixent notamment −50 % d’émissions sur le territoire communal d’ici 2030 par rapport à 1990 et une neutralité nette visée en 2047, avec une décarbonation ciblée du parc automobile de l’administration d’ici 2035. L’empreinte énergie-carburants du réseau bus dépend majoritairement des TPF : l’opérateur affiche 26 bus électriques en service début 2024 et un cap de 100 % de bus « propres » en ville d’ici 2027, 2033 pour le réseau régional — le geste municipal capitalise ces gains sans en être l’ingénieur de la flotte. En complément, les subventions communales énergétiques indiquent environ 770 000 CHF distribués sur ~1 000 dossiers depuis 2020 : un levier masses, pas forcément gigatonnes.
3. Innovations / partenariats
Les gros « deals » passent par l’écosystème TP : commande de 24 Mercedes eCitaro pour ~20 millions de francs, livraison annoncée à partir de fin 2026, avec mécanisme d’accord-cadre pour 35 à 183 véhicules supplémentaires d’ici 2030 selon la même source. La montée de fonds propres des TPF verrouille une partie du financement ferroviaire et bus. Côté politique climatique large, l’État de Fribourg publie un bilan de mise en œuvre des 87 mesures actives du plan climat cantonal, avec un accent mobilité durable : le municipal cale ses projets sur ces cadres supra-communaux.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque n’est pas un slogan creux, mais une désynchronisation des instruments : la presse relève qu’une mesure de « première heure de parking gratuite » pèse environ −1,8 million de francs de recettes sur le budget 2025, dans une logique politique qui peut faciliter l’automobile courte, en tension avec les discours de transfert modal. Dans le même temps, La Liberté rapporte des critiques sur l’absence de budget dédié au plan climat communal et un risque d’objectifs sous-financés — ce qui alimente le soupçon d’une communication climat plus musclée que l’exécution comptable. Enfin, le déficit communal annoncé pour 2025 place tout investissement ou incitatif « vert » sous la pression du comité des finances, avec arbitrages possibles entre TPF (où le canton porte l’essentiel du chèque) et mesures purement municipales qui grattent les recettes locales (stationnement).
5. Positionnement stratégique
Le Secteur de la mobilité est structurément intégré au jeu cantonal (SMo, TPF, législation sur la mobilité : LMob 2021 / RMob 2022) : sa marge de manœuvre singulière se joue sur l’espace public — vitesses, places, coordination chantiers — plus que sur la technologie batteries. L’ambition affichée côté TP est claire et datée chez les TPF (diesel hors ville en 2027) ; côté commune, les objectifs clim tiennent à des feuilles de route publiques, mais le traitement budgétaire du climat reste un champ de bataille politique documenté par la presse (La Liberté). Pour un lecteur français, la leçon est simple : comparer ce cas à la PPE3 ou à une fiche ADEME serait méthodologiquement mal posé — le bon référentiel ici est le couple fédération-cantons-communes et les mandats de prestations TP.
Verdict WattsElse
Fribourg avance sur l’électrique dans le bus, pas sur le croisement entre caisse et climat : tant que le stationnement peut manger un million et demi de recettes et que le Plan climat se discute sans ligne budgétaire claire pour certains, la décarbonation risque de briller sur la ligne TPF et de grincoter sur le macadam municipal. La formule qui résume le pari : électrons sur rails et goudron sous tension.
Sources : ville-fribourg.ch · tpf.ch · ville-fribourg.ch · tpf.ch · fr.ch · fr.ch · frapp.ch · ville-fribourg.ch · ville-fribourg.ch · ville-fribourg.ch · 20min.ch · fr.ch · laliberte.ch · fr.ch · ville-fribourg.ch
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