Zavod Slantsy
Pendant des décennies, le nom « Завод Сланцы » a été associé à un des sites les plus visibles de la chimie pétrolière près de la Baltique : coke, résines, raffinage de condensat.
À propos de Zavod Slantsy
1. Modèle économique
Historiquement, l’activité relevait du Pétrole & Gaz au sens large : calcination de coke de pétrole, résines polymères, distillats, raffinage de condensat de gaz et cogénération via une TCE (la centrale de 75 MW a été reconvertie du schiste au gaz en 1998, la production de schiste s’étant arrêtée en 2003 selon la fiche encyclopédique en anglais). Le portefeuille client et les exportations (France, Italie, Pologne, etc.) sont décrits côté sources russes de type industrie EPRussia ; il s’agit de descriptions de positionnement, non de comptes audités récents accessibles ici. Côté gouvernance, la littérature pointe un capital mixte avec Rosimushchestvo (ordre de grandeur 41,75 % des actions / 55,7 % des voix cité en Wikipédia) et Renova autour de 40 % — schéma typique des PAO héritées de l’ère soviétique.
Point crucial : la personne morale ОАО « Завод Сланцы » (ИНН 4713000931, адрес Сланцы, Заводская, 1) est indiquée liquidée le 17 décembre 2019 « à l’issue de la procédure de faillite » sur les fiches Rusprofile et Spark-Interfax. Les chiffres d’activité récents du même ОАО ne sont donc pas exploitables comme « boîte en ligne » au-delà de cette date : pour 2018, Rusprofile affiche 0 rouble de chiffre d’affaires et –1,3 M₽ de résultat sur la fiche Rusprofile.
2. Impact réel
L’empreinte de ce type de site est fossile de bout en bout : coke de pétrole et chimie lourde branchées sur gaz et flux pétroliers. Il n’existe pas, dans les sources ouvertes consultées, de rapport RSE ou de trajectoire de décarbonation publiée pour l’horizon 2024‑2026 au sens où l’entendent PPE3 ou les guides ADEME : l’enjeu pour un lecteur européen est plutôt indirect — contenu carbone des importations de matières intermédiaires (coke pour filières aluminium / électrodes) et exposition aux instruments de politique climatique de l’UE, sans qu’on puisse ici chiffrer des tonnes de CO₂ à l’échelle de l’ancienne entité.
3. Innovations / partenariats
Les innovations documentées sont surtout historiques : passage de la TCE au gaz naturel en 1998, diversification pétrochimique après l’arrêt du schiste. Les partenariats et projets postérieurs (évoqués parfois dans la presse spécialisée sur de volumineux investissements en raffinage) ne sont pas recoupés par des communiqués ou rapports vérifiables dans cette note : selon les éléments disponibles, on reste sur un profil d’actif industriel russe à forte intensité d’actifs fixes et sensibilité macro (taux de change, NDPI, barrières commerciales).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque de confusion n’est pas écolo : c’est juridique. Des annuaires comme EPRussia ou des pages Wikipédia peuvent continuer de décrire une activité « européenne » alors que l’ОАО portant le nom a été liquidé en 2019 (Rusprofile) — glissement très trompeur pour un lecteur pressé. Sur la même fiche Rusprofile, les administrations fiscales recensaient encore une dette fiscale et pénale d’environ 157 millions de roubles au 31 décembre 2018 (page taxes Rusprofile). Homonymie locale : ne pas confondre avec l’usine de chaussures « Сланцы » du groupe Polymer, autre actif slantsovien entré en procédure collective avec une dette bancaire d’environ 1 milliard de roubles et des pertes massives en 2023 (dépêche Rusbankrot, 22 juillet 2024) — scandale financier à part entière, sans lien capitalistique avec l’ОАО pétrochimique.
5. Positionnement stratégique
Pour un observateur européen de la transition, la séquence qui compte désormais est post‑liquidation : soit relance industrielle sous autre robe juridique (non démontrée ici depuis les bases ouvertes), soit valorisation foncière et mémoire d’un complexe chimique. Le rapport Minerals Yearbook Russia (USGS, PDF) situe le secteur minier et carboné russe dans un décor de pression fiscale et sanctions sur les investissements et technologies — cadre dans lequel un site historique comme Slantsy s’inscrivait déjà avant 2020, sans qu’on puisse isoler la boîte dissoute dans des chiffres publics 2025 fiables.
Verdict WattsElse Slantsy, c’était le mythe du coke qui « alimente l’Europe » ; le registre dit surtout faillite bouclée en 2019 et ardoise fiscale à six chiffres en millions de roubles — tout le reste est récit d’archive ou piège d’homonymie avec Polymer dans la même ville.
Sources : en.wikipedia.org · eprussia.ru · rusprofile.ru · spark-interfax.ru · rusprofile.ru · rusbankrot.ru · pubs.usgs.gov
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
NHPC Limited
Née en 1975 pour structurer l’hydro indien, NHPC Limited incarne aujourd’hui la puissance publique du secteur : près de 8,2 GW en service, un chantier de près de 10 GW, et une offensive solaire, stockage par pompage et hydrogène qui colle à la stratégie nationale.
Voir la ficheLidköping Energi
En Suède, Lidköping Energi incarne le modèle du service public de l’énergie local : déchets brûlés, réseau de chaleur, quelques GWh vendus au pays.
Voir la ficheSPR as
Trois lettres, trois mondes : SPR Invest AS n’est ni l’éolien géant ScottishPower Renewables (SPR du groupe Iberdrola au Royaume‑Uni), ni le développeur solaire allemand SPR Energie.
Voir la ficheD.E.S.S Power
Le nom « D.E.S.S Power » prête à confusion avec des homonymes (« DESS » pour stockage réparti, DESRI aux États-Unis, DESSA en France).
Voir la ficheAES Solar Energy Ltd
Ce que le grand public prend pour un « géant », c’est en réalité une PME Highland taillée pour l’installation : mille chantiers sous les doigts, un raccordement électrique parfois calé à l’horizon d’une décennie, et une manœuvre capitalistique tout à fait locale (MBO puis boulimie d’intégration).
Voir la ficheSIGMA Clermont
Depuis le campus des Cézeaux (Aubière, agglomération clermontoise), SIGMA Clermont joue la carte « procédés et énergétique » pour la rentrée 2026 — alors que l’université mère UCA compresse les vivres et que la direction de l’école entre dans une séquence électorale tendue.
Voir la ficheKraftringen
Le géant énergétique municipal du sud de la Suède déploie un capex historique et une chaudière-biomasse géante pour verrouiller le chauffage urbain.
Voir la ficheValoSys (secteur énergie-industrie, Pau, France)
Ingénierie pointue pour industriels écolos-en-herbe, entre promesses d’avenir et obligations atmosphériques.
Voir la ficheArkema France
Arkema France n’est pas un pure player de l’énergie : c’est la grande maison française d’un chimiste global, coincée entre la promesse des “matériaux de spécialités” pour l’électrification et l’héritage lourd des sites de vallée de la chimie.
Voir la ficheDassault Falcon Jet
Dassault Falcon Jet n’est pas un « clone » financier de Dassault Aviation : c’est la filiale américaine chargée du marketing, des ventes et du support Falcon sur une grande partie des Amériques, avec le centre mondial de finitions à Little Rock et le siège à Teterboro (organisation Falcon).
Voir la ficheFinnova
La Finnova Foundation n’est pas une « tech » qui produit des watts : c’est une plaque tournante belgo‑européenne de projets d’innovation pilotés par les programmes LIFE, Horizon Europe et autres instruments de la Commission.
Voir la ficheBorusanEnBW
Coentreprise 50/50 entre Borusan Holding et EnBW, Borusan EnBW Enerji est un producteur d’électricité 100 % renouvelable en Turquie : portefeuille dominé par l’éolien terrestre, piloté avec une manière de faire « à l’allemande » sur la dette et le reporting climat, mais exposé à une économie où l’inflation tirait encore les prix à plus de 60 % sur douze…
Voir la ficheGroupe Climater
Spécialiste français du génie climatique, entre héritage des années 30 et acquisitions contemporaines pour climatiser un monde qui suinte de chaleur.
Voir la ficheWeiss France Énergie
Weiss France Énergie n’est pas une start-up à storytelling, mais un chaudronnier-ingénieriste bien ancré dans la chaleur industrielle.
Voir la ficheAioliki Panachaikou
Le mont Panachaïko, au-dessus de Patras, résume le paradoxe des EnR en Méditerranée : des turbines vieilles de quinze ans, un repreneur institutionnel anglo-saxon, et un troisième acte — 41,3 MW annoncés au ministère — qui fuse déjà avec une mobilisation citoyenne à trois chiffres.
Voir la ficheNavarro Generación
Producteur indépendant essentiellement hydroélectrique sur la péninsule ibérique, Navarro Generación tire sa légitimité d’un parc de quinze centrales et d’une présence photovoltaïque — mais son avenir se lit autant dans les comptes consolidés du groupe Navarro SIC que dans ce qu’elle ne contrôle plus : l’emblématique La Paraya, désormais dans l’orbite…
Voir la ficheRödene Vindkraft AB
Le parc de Rödene incarne l’éolien terrestre « à la suédoise » : turbines hautes, production affichée au million de foyers, actionnariat de fonds européens.
Voir la fichePerusahaan Listrik Negara
Monopole historique, modernisation en trompe-l’œil, dollars du JETP : PT PLN (Persero) concentre l’équation politique, sociale et climatique de l’électricité en Indonésie.
Voir la ficheEnerjiSA Enerji ÜRETİM A. Ş.
À quelques encablures de l’Europe, un opérateur capte à la fois les fonds verts internationaux et la réalife d’un mix encore accroché au gaz et au lignite.
Voir la ficheTolvmanstegen Drift AB
Derrière une raison sociale de type SPV suédoise — typique des parcs « Drift » — se cache un actif très concret : 44 MW au bord du Skagerrak, désormais traité comme une brique dans une stratégie de fonds d’infrastructures qui mise sur la taille, les services système et le pilotage du prix capté.
Voir la ficheEnel Generación Perú S.A.A.
De filiale-phare d’Enel à plateforme rachetée en deux fois (Actis puis Grupo Romero), elle combine EnR ostentatoires et un socle thermique massif : lecture froide sous le brillant slogan.
Voir la ficheMVM Zöld Generáció KFT.
Filiale verte de l’électricien d’État magyar MVM, MVM Zöld Generáció incarne à la fois l’accélération solaire (et un peu éolienne) orchestrée depuis Budapest…
Voir la ficheNorr Energi
Ce n’est ni un producteur d’électricité « pur » ni une start-up : Norrenergi AB engrange des marges sur des réseaux ultra connectés à Stockholm nord, mais voit le prix des biocombustibles remonter jusqu’au bulletin de facturation.
Voir la ficheBatconnect
Start-up toulousaine, Batconnect vend une promesse rare dans la filière : traiter la batterie comme un équipement pilotable, pas comme un consommable jetable.
Voir la fiche