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EPR2 : que signifie vraiment un CfD à moins de 100 €/MWh ?

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Selon la SFEN, le Conseil de politique nucléaire (CPN) de mars 2025 a annoncé, pour le financement des six EPR2, un schéma combinant un prêt d’État bonifié couvrant au moins la moitié des coûts de construction et un contrat pour différence (CfD) sur la production nucléaire à un prix maximal de 100 € 2024/MWh. L’article précise que ce montant est le prix d’exercice envisagé du CfD, et non le coût complet de production de l’EPR2 ni le prix payé par le consommateur ; il s’agit d’un schéma annoncé, le texte soulignant que le chiffre revient dans le débat sur la décision de construire six EPR2.

L'éclairage Watts Else

Le niveau de 100 €/MWh est un paramètre de financement, pas une mesure de coût : le confondre avec le LCOE ou avec la facture conduit à mal évaluer l’engagement public et la compétitivité relative des options. Les variables qui décident réellement du coût pour la collectivité sont la durée du contrat, le volume de production de référence, la règle d’imputation des dépassements et l’issue de l’examen de la Commission.

Analyse approfondie

Contexte & Enjeux
Fait rapporté : Selon la SFEN, le Conseil de politique nucléaire (CPN) de mars 2025 a annoncé, pour le financement des six EPR2, un schéma combinant un prêt d’État bonifié couvrant au moins la moitié des coûts de construction et un contrat pour différence (CfD) sur la production nucléaire à un prix maximal de 100 € 2024/MWh. L’article précise que ce montant est le prix d’exercice envisagé du CfD, et non le coût complet de production de l’EPR2 ni le prix payé par le consommateur ; il s’agit d’un schéma annoncé, le texte soulignant que le chiffre revient dans le débat sur la décision de construire six EPR2.

Déduction : Aucune référence chiffrée antérieure n’est établie dans l’extrait : ni le LCOE de l’EPR2, ni le prix de gros de référence servant au CfD ne sont fournis comme point de comparaison. Le seul repère cité est le devis de 72,8 Mds 2020 pour le programme, présenté comme une mise de fonds importante ; l’article rappelle que le prix d’exercice ne se confond pas avec le LCOE.

  • Réf. : [1] sfen.org (2026-10-15) : « Dans le cas du programme EPR2, le devis de 72,8Mds 2020 représente une mise de fonds importante, même pour une entreprise de la taille d’EDF. »

Analyse Critique
Fait rapporté : Le CfD bidirectionnel sécurise un revenu : si le prix de référence de gros est inférieur au prix d’exercice, le producteur reçoit la différence ; s’il est supérieur, il reverse l’excédent. L’État ne supporte donc que le différentiel avec le marché, et non le montant total du CfD. Le schéma envisagé pour les EPR2 calculerait le soutien sur un volume de production de référence plutôt que sur la production réelle, afin de préserver les incitations à moduler l’exploitation. Ce type d’instrument s’inscrit dans le règlement 2024/1747, entré en vigueur en juillet 2024, qui prévoit le recours aux CfD bidirectionnels pour les nouveaux investissements soutenus publiquement, nucléaire inclus.

Fait rapporté : Pour EDF, la contrepartie de la visibilité porte sur une durée limitée : le CfD envisagé ne couvrirait que 40 ans alors que les réacteurs sont conçus pour au moins 60 ans, laissant une exposition aux prix de marché sur une vingtaine d’années. Le retour sur investissement est repoussé, les installations ne générant pas de revenus avant leur mise en service, soit une dizaine d’années selon l’article. La charge pour l’État dépend de l’écart entre prix de marché et prix d’exercice, avec un solde possiblement favorable.

Fait rapporté : Deux limites pèsent sur la lecture du dispositif : le traitement des dépassements de coûts est encadré (EDF finance le dépassement jusqu’à 15 milliards d’euros, puis un partage au-delà selon des modalités décrites) et une enquête de la Commission est citée, ouverte sur le mécanisme. Par ailleurs, comparer le niveau du CfD EPR2 à celui de l’AO10 éolien en mer ne serait pas pertinent à périmètre égal, la CRE estimant à environ 20 Md€ le raccordement des onze projets, pris en charge par le TURPE et hors coûts couverts par les contrats. Enfin, l’extrait fourni est tronqué : l’analyse ne couvre pas la fin de l’article.

Ce que vous devez retenir
- Suivre le CfD EPR2 par ses paramètres contractuels et sa validation réglementaire, et non par le seul prix d’exercice affiché, qui ne mesure ni le coût de production ni le prix de détail.
- Le niveau de 100 €/MWh est un paramètre de financement, pas une mesure de coût : le confondre avec le LCOE ou avec la facture conduit à mal évaluer l’engagement public et la compétitivité relative des options. Les variables qui décident réellement du coût pour la collectivité sont la durée du contrat, le volume de production de référence, la règle d’imputation des dépassements et l’issue de l’examen de la Commission.
- Action : Attendre. L’extrait ne contient ni les termes définitifs du contrat (durée ferme, volume de production de référence, formule d’indexation), ni l’issue de la procédure d’examen de la Commission citée en note, ni le calendrier de décision d’investissement. Ces éléments conditionnent tout jugement sur le coût réel du dispositif ; le texte fourni est de surcroît tronqué. (déclencheur : Publication de la décision de la Commission européenne sur le mécanisme de soutien notifié (ou de son retrait), ou publication du contrat CfD EPR2 signé précisant durée, volume de référence et traitement des dépassements.)

Sources
- [1] sfen.org (2026-10-15T10:42:16+00:00)

Inconnues
- Niveau et formule d’indexation définitifs du prix d’exercice du CfD EPR2
- Durée contractuelle définitive et traitement des vingt années post-CfD
- Volume de production de référence retenu et ses modalités de calcul
- Issue de la procédure d’examen de la Commission et conditions éventuelles attachées
- Calendrier et statut de la décision de construire les six EPR2
- Coûts de construction effectifs et leur imputation au-delà des 15 milliards d’euros financés par EDF
- Effet effectif sur la part fourniture du tarif réglementé pour les ménages
- Contenu de la partie de l’article non fournie (extrait tronqué)
- Analyse limitée au texte extrait disponible.
- Un extrait cité ne suffit pas à confirmer l'interprétation proposée.

À retenir

  • Suivre le CfD EPR2 par ses paramètres contractuels et sa validation réglementaire, et non par le seul prix d’exercice affiché, qui ne mesure ni le coût de production ni le prix de détail.
  • Deux limites pèsent sur la lecture du dispositif : le traitement des dépassements de coûts est encadré (EDF finance le dépassement jusqu’à 15 milliards d’euros, puis un partage au-delà selon des modalités décrites) et une enquête de la Commission est citée, ouverte sur le mécanisme. Par ailleurs, comparer le niveau du CfD EPR2 à celui de l’AO10 éolien en mer ne serait pas pertinent à périmètre égal, la CRE estimant à environ 20 Md€ le raccordement des onze projets, pris en charge par le TURPE et hors coûts couverts par les contrats. Enfin, l’extrait fourni est tronqué : l’analyse ne couvre pas la fin de l’article.
  • Publication de la décision de la Commission européenne sur le mécanisme de soutien notifié (ou de son retrait), ou publication du contrat CfD EPR2 signé précisant durée, volume de référence et traitement des dépassements.
  • Niveau et formule d’indexation définitifs du prix d’exercice du CfD EPR2

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