AFPG
Sous le sigle AFPG, il ne faut pas chercher un producteur d’énergie mais l’organe de représentation d’une filière encore trop petite pour peser seule.
À propos de AFPG
1. Modèle économique
AFPG est d’abord une association de filière, pas un opérateur industriel : son modèle repose sur l’adhésion, l’animation du réseau, la formation, la production d’études et l’influence réglementaire auprès des pouvoirs publics site AFPG fonctionnement AFPG. Le site affiche `130` adhérents et `12` représentants régionaux en 2026, avec une petite équipe permanente chargée de faire tenir ensemble foreurs, énergéticiens, fabricants de pompes à chaleur, bureaux d’études et gestionnaires de réseaux accueil AFPG. Aucun chiffre d’affaires public, aucun capex propre et aucun effectif consolidé n’ont été identifiés publiquement pour l’association elle-même ; selon les éléments disponibles, sa vraie matière première n’est pas un actif industriel mais la coordination d’une chaîne de valeur éclatée. Sa “monétisation” est donc politique autant qu’économique : faire émerger des projets, sécuriser des règles, accélérer des compétences, et convaincre État comme collectivités que la géothermie mérite une place plus grande dans le mix chaleur.
2. Impact réel
L’impact d’AFPG ne se mesure pas en mégawatts qu’elle exploite, mais dans la progression de la filière qu’elle structure. Sa dernière étude de filière 2025 reprend les données 2024 et rappelle qu’en France la géothermie de surface représente environ `208 000` installations pour `4,7 TWh`, tandis que la géothermie profonde a produit `2,26 TWh` en 2023, avec `73` opérations en service, soit l’équivalent d’environ `1 million` de personnes chauffées synthèse sectorielle Solscope. Le levier climatique est réel : la géothermie fournit une chaleur locale, pilotable et faiblement carbonée, particulièrement utile pour sortir les bâtiments et certains usages industriels du gaz. Mais l’écart reste immense avec les objectifs publics : la PPE3 vise `10 TWh` de géothermie de surface et `6 TWh` de chaleur géothermique profonde dès 2030, alors même que la chaleur renouvelable ne pesait encore que `27,8 %` de la consommation de chaleur en 2023 Panorama chaleur renouvelable 2024. Autrement dit : AFPG défend une énergie pertinente, mais encore loin de l’échelle que le pays lui assigne.
3. Innovations / partenariats
La vraie force d’AFPG est son rôle de carrefour. L’association travaille avec l’ADEME, le BRGM, le SER et d’autres partenaires pour publier ses études, documenter les gisements et outiller les collectivités étude de filière 2025 fonctionnement AFPG. Elle pousse aussi deux signaux intéressants : la création du cluster Alliance Lithium, qui veut faire de la co-extraction chaleur-lithium un sujet industriel français, et le lancement du CQP assistant-foreur, première brique concrète pour combler le manque de main-d’œuvre sur les chantiers. Côté alliances sectorielles, AFPG s’est également rapprochée d’Enerplan autour des systèmes hybrides solaire thermique + géothermie, une piste suivie par GreenUnivers. Ce ne sont pas encore des “deals” au sens corporate, mais ce sont des marqueurs d’industrialisation.
4. Greenwashing / zones grises
La première zone grise est simple : le récit est plus avancé que le marché. En 2025, le ministère rappelait que la géothermie ne représentait encore que `1 %` de la consommation finale de chaleur et `5,5 %` de la production thermique des réseaux de chaleur en France métropolitaine Connaissance des Énergies. La Cour des comptes a enfoncé le clou en janvier 2026 : malgré des soutiens publics, la filière reste freinée par les coûts initiaux, les risques géologiques et la lenteur administrative, au point de juger les objectifs de montée en puissance peu réalistes en l’état. Deuxième tension : AFPG vend une énergie “acceptable” et souveraine, mais la géothermie profonde reste exposée aux controverses locales sur la sismicité induite et l’acceptabilité des forages ; le projet Geopulse dans le Puy-de-Dôme a encore suscité une opposition documentée fin 2024 Le Parisien. Enfin, AFPG reste dépendante d’un écosystème largement soutenu par l’argent public : en 2025, la géothermie a capté `85 M€` du Fonds Chaleur, avec plus de `300` projets aidés. C’est utile pour lancer la machine ; c’est moins rassurant si la filière n’apprend pas vite à sortir du mode perfusion.
5. Positionnement stratégique
AFPG occupe une place singulière : elle n’extrait rien, mais elle essaie de rendre extractible une ambition publique devenue plus crédible avec la PPE3. Son pari est limpide : faire de la géothermie un pilier de la décarbonation de la chaleur, tout en élargissant le récit vers le lithium géothermal, les réseaux de chaleur et la formation d’une main-d’œuvre rare Alliance Lithium CQP assistant-foreur. Si la filière décolle, AFPG aura été l’un de ses aiguillages décisifs ; si elle cale, l’association restera le porte-voix d’un potentiel français éternellement “prometteur”.
Verdict WattsElse
AFPG parle juste sur le fond : la chaleur du sous-sol manque encore dans la grande narration énergétique française. Mais entre le potentiel géologique et la réalité des forages, il reste une bataille de procédures, de compétences et d’acceptabilité que le storytelling seul ne gagnera pas.
Sources : afpg.asso.fr · afpg.asso.fr · afpg.asso.fr · geothermies.fr · solscope.fr · geothermies.fr · afpg.asso.fr · ademe.fr · brgm.fr · syndicat-energies-renouvelables.fr · alliancelithium.fr · afpg.asso.fr · greenunivers.com · connaissancedesenergies.org · ccomptes.fr · leparisien.fr · ademe.fr
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