AGFA
Le géant belge Morseleño de l’imaging poursuit une mue radicale : membranes alcalines pour l’hydrogène, laboratoires et lignes géantes à Mortsel, financements européens.
À propos de AGFA
1. Modèle économique
Agfa-Gevaert NV (« Agfa » tel que porté dans les publications financières) est une capitale mondiale très concentrée Belgique-Allemagne, avec un siège groupe à Mortsel et un portefeuille qui mêle santé numérique, impression industrielle/spécialités chimiques/films médicaux, et désormais un véritable moteur « Green Hydrogen Solutions » autour du ZIRFON (membranes d’électrolyse alcaline). En 2025, les comptes publiés sur Euronext font état d’un chiffre d’affaires groupe de 1 086 M€ contre 1 138 M€ en 2024, et d’un EBITDA ajusté ramené à 59 M€ (après 70 M€ l’année précédente) : la rentabilité d’ensemble reste sous pression, même si le dernier trimestre a marqué un rebond mécanique sensible (résultats annuels 2025 communiqués en mars 2026). À l’échelle périmètre « continuant », le dernier rapport intégré consulté indique 4 765 salariés ETP permanents actifs au 31 décembre 2024 — un ordre de magnitude nettement plus bas que les agrégats parfois recopiés hors filière IFRS ; il faut donc prendre avec prudience les chiffres ronds « ~14 000 » encore propagés hors documents audités (rapport annuel intégré 2024). La diversification reste stratégiquement forte : santé TI (basculant cloud SaaS nord-américain), radiologie encore marquée par le déclin film, et bloc « Impression/Chimie » où l’hydrogène est sensé amortir une partie du vieux monde argentique/colorimétrique. Une nouvelle ligne de crédit 180 M€ sur trois ans, dont 100 M€ sont déjà tirés fin 2025,** confirme la dépendance structurelle aux banques covenantée pour faire tourner ces transitions en parallèle (résultats annuels 2025).
2. Impact réel
L’impact climat pertinent n’est pas dans la présence physique d’« Agfa chez vous » comme fournisseur d’énergie, mais dans l’embedding de membranes ZIRFON dans les électrolyseurs qui peuvent être alimentés par de l’électricité renouvelable : là où un projet passe en FID/production, ces séparateurs améliorent l’efficacité alkaline et donc les MJ d’électricité évité·e pour un kg d’hydrogène — à relativiser cependant puisque les scopes carbone projet-dépendant dépendront du mix réel et du taux de fuite ; le groupe ne peut pas être crédité d’un « % EnR mondial » unique sans publication consolidée projet par projet au-delà du discours CSR. Dans le dernier wording corporate, une nouvelle ligne industrielle mondiale inaugurée aux abords Mortsel, avec financements EU Innovation Fund / passerelles européennes liées, scelle l’intention géopolitique de capter une niche critique de la chaîne H₂ (note d’inauguration usine membranes, décision projet Zirfon financée par Brussels). À la maille française, aucun dossier francophone type Connaissance des Énergies analysant ligne par ligne l’empreinte française d’Agfa n’a été repéré ; vous pouvez cependant rattacher leur position à la boussole techno-hydrogène que les aides publiques françaises ciblent aujourd’hui via des appels génériques tels ceux décrits côté ADEME – innovation/démonstration hydrogène, sans assimiler automatiquement Agfa à un bénéficiaire précis français.
3. Innovations / partenariats
Les membranes ZIRFON ont déjà connu une croissance forte en 2024 (+27 % hors base retraitée médicalement dans le dernier dossier légal complet) alors que les ventes mondiales de groupe reculaient très légèrement (communication réglementée 2024), mais en 2025 le rebond tardif (+22 % selon décryptage média spécialisé sur le dernier trimestre) doit être mis en perspective avec la croissance annuelle très modeste +3 ,7 % sur membranes ZIRfon annoncée par le management dans ses chiffres annuels officiels — signe que l’automne asiatique absorbe encore un marché très volatile (traitement Gasworld sur le rebond T4 2025, détail sur présentation officielle groupe). Le scaling industriel jusqu’à l’argument « capacité mondiale équivalent à ∼ 20 GW électrolyseurs / an », popularisé par la filière européenne de démonstration, est détaillé dans la littérature CleanHyPro et complété par une valorisation projet public européenne très concrète de 11 M€ Innovation Fund pour l’investissement Gigascale à Mortsel (papier projet CleanHyPro, fiche officielle projet EUIF). Partenaire techno : Stiesdal Hydrogen (Danemark), qui a officiellement retenu ZIRfon pour sécuriser dynamique intermittent des électrolyseurs onshore/offshore ; preuve rapportée dans les pages « Hydrogen » du rapport 2024 (rapport annualisé téléchargeable déjà cité).
4. Greenwashing / zones grises
La rhétorique « green flagship » doit composer avec des pertes groupe documentées : en novembre 2025, Reuters rapportait encore un EBITDA ajusté négatif de 4 M€ au seul trimestre 3 alors que Radiology décapite la marge (Reuters), et sur l’ensemble année 2025 le dossier légal officiel cite un résultat net − 71 M€ ainsi que frais exceptionnels/adjustements de restructuration d’ environ 58 M€, principalement tirés du plan film : la « transition verte » financée par lignes hydrogène n’efface donc pas l’empreinte financière fossile-argentique du périmètre historique (détail légal groupe). Subventions EU jusqu’à onze M€ peuvent légitimer l’investissement physique, mais elles créent aussi une exposition politique forte si Bruxelles resserre la vis budgétaire post 2027 ; même logique avec titres encore fortement garantis pension (« net pensions debt » ramené mais toujours >340 M€ fin 2025, selon le même PDF). Sur le plan cyber, novembre 2025 a vu un groupe revendicateur ransomware mettre sous pression l’entreprise jusqu’à clôture d’enquête début décembre : quel que soit votre jugement moral sur leur communication de crise, le simple fait expose un vecteur interruption numérique dans une industrielle désormais pilotée données cloud/commandes monde (communiqué d’investigation novembre, clôture décembre). Les plans sociaux — ≥ 470 emplois Belgium sur 2025‑2027 annoncés l’été précédant + nouvel épisode 145 postes décrit média Anglo-saxon fin 2025** lors de coupes locales — donnent corps à cette zone grise « coûts bas » contre promesse techno (rapport légal 2024, flash Marketscreener).
5. Positionnement stratégique
Agfa tente désormais d’être fabricant bottleneck des séparateurs alcalins — créneau géopolitique rare comparé aux stacks complètes. Le scaling Mortsel + Innovation Fund + lignes revolving doit financer jusqu’aux annual savings cible (36 M€ déjà engrangés mi‑réorganisation fin 2025 d’après dernier dossier légal) simultanément qu’Hydrogen Asia reprend des marges saisonnières (chiffrier officiel groupe), facility bancaire 180 M €). Dans le jeu européen PPE III / corridors H₂ à venir, le risque concurrentiel sera moins allemand-argentique qu’ asiatique : la dynamique tardive 2025 l’écrit noir sur blanc dans la presse de filière puis dans les lignes légales officielles (cf. traitement média membranes, communiqué groupe).
Verdict WattsElse
Le pari Agfa, c’est d’être premier équipementier discret d’un hydrogène qui n’aura de sens climat que si projets+FID + électricité propre suivent ; tant que Radiology et films continuent à bouffer la marge et que pensions/cybersécurité pèsent pareil kilo , la story « héros vert » mérite scepticisme chirurgical — même quand les tonnes de membranes partent vers l’est asiatique. Une industrie européenne de composant critique encore réglée comme holding de films : la transition H₂ n’a pas encore payé tous ses salaires.
Sources : live.euronext.com · esgdistrict.tijd.be · agfa.com · climate.ec.europa.eu · agirpourlatransition.ademe.fr · agfa.com · gasworld.com · cleanhypro.eu · reuters.com · agfa.com · agfa.com · marketscreener.com · marketscreener.com
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