TotalEnergies
TotalEnergies avance sur deux jambes qui ne vont pas au même rythme.
À propos de TotalEnergies
1. Modèle économique
En 2024, TotalEnergies a réalisé 215 milliards de dollars de ventes, employait 102 887 personnes et a engagé 17,8 milliards de dollars d’investissements nets, dont 4,8 milliards dans les énergies bas carbone, principalement l’électricité intégrée (rapport annuel 2024, résultats 2024). Le cœur du réacteur reste toutefois pétro-gazier: le groupe se présente comme le troisième acteur mondial du GNL avec 39,8 Mt vendues en 2024, tandis que l’électricité monte en puissance sans encore renverser la table (rapport annuel 2024). La branche `Integrated Power` a certes généré 2,6 milliards de dollars de cash-flow en 2024, ce qui change l’histoire industrielle du groupe (rapport climat 2025). Mais la sensibilité aux cours du brut, au gaz et aux risques géopolitiques reste structurante: la baisse des prix des hydrocarbures a encore pesé sur les résultats 2025, malgré le relais de croissance de l’électricité (Connaissance des Énergies). La part exacte des renouvelables dans le chiffre d’affaires consolidé n’est pas présentée simplement dans les sources corporate consultées.
2. Impact réel
Le tableau climatique est contrasté. TotalEnergies met en avant 41 TWh de production nette d’électricité en 2024, 26 GW de capacités renouvelables installées en brut, une baisse de 16,5% de l’intensité carbone de ses ventes depuis 2015, et des émissions opérationnelles Scope 1+2 ramenées à 34,3 MtCO2e; les émissions de méthane sont en baisse de 55% par rapport à 2020 (rapport climat 2025, résultats 2024). Mais le Scope 3 reste massif, à 347 MtCO2e en 2024, et le groupe continue de produire 1,4 million de barils de pétrole par jour tout en vendant près de 40 Mt de GNL (Energy Transition, rapport annuel 2024). En clair: la transition existe, mais elle s’empile encore sur un socle fossile géant. Or le contexte sectoriel se durcit: en France, l’ADEME rappelle que l’électricité renouvelable couvre déjà un tiers des besoins et vise 40% en 2030, tandis que la PPE3 pousse l’électrification à 34% de la consommation finale en 2030 selon RTE. TotalEnergies est bien positionné sur cette vague, mais son empreinte climat reste d’abord celle d’une major fossile.
3. Innovations / partenariats
Le signal le plus concret est aujourd’hui le Kazakhstan. Le projet éolien Mirny combine 1 GW d’éolien terrestre et 600 MWh de batteries, avec un contrat de vente d’électricité de 25 ans à une entité publique kazakhe; TotalEnergies y promet 100 TWh sur 25 ans, de quoi alimenter 1 million de personnes et éviter 3,5 MtCO2 par an (TotalEnergies Kazakhstan, PPA Kazakhstan, Connaissance des Énergies). Côté commerce électrique, le groupe signe aussi des contrats longs avec des gros consommateurs: 610 GWh sur dix ans avec Data4, 1,5 TWh sur quinze ans avec Google. Il a aussi renforcé sa plateforme allemande avec VSB et Quadra, et signé avec STMicroelectronics un contrat `Clean Firm Power` de 1,5 TWh sur quinze ans (résultats 2024). Aucun grand contrat public français récent de même ampleur n’apparaît clairement dans les sources ouvertes consultées.
4. Greenwashing / zones grises
Le problème de TotalEnergies n’est pas l’absence d’investissements verts; c’est leur cohabitation assumée avec l’expansion fossile. En 2024, le groupe a encore sanctionné de grands projets pétroliers au Suriname, au Brésil et en Angola (résultats 2024). En octobre 2025, la justice française a jugé trompeuses certaines communications sur la “neutralité carbone” et le rôle de “major de la transition”, estimant qu’elles omettaient cette réalité d’expansion hydrocarbures (Reuters). La pression juridique monte encore avec l’affaire climatique fondée sur le devoir de vigilance, plaidée au fond en février 2026 (Sherpa). Même le pivot électrique a sa zone grise: TotalEnergies vise 100 à 120 TWh en 2030, mais avec un mix maison annoncé à 70% renouvelable et 30% “flexible”, donc en partie adossé au gaz (Energy Transition, Connaissance des Énergies).
5. Positionnement stratégique
Stratégiquement, TotalEnergies lit juste une partie du marché: l’électrification, les PPAs, les data centers, les actifs flexibles et le stockage deviennent des relais de marge plus stables que le pur pétrole. Le groupe est donc mieux armé que d’autres majors pour profiter de la PPE3 et de la montée des usages électriques (ADEME, RTE). Mais son autre lecture, tout aussi assumée, reste que le pétrole du Golfe demeurera indispensable et qu’il faut même investir dans de nouveaux pipelines pour sécuriser les flux: difficile d’être plus clair sur la persistance du réflexe fossile (Connaissance des Énergies).
Verdict WattsElse
TotalEnergies n’est plus seulement une major pétrolière: c’est déjà un énergéticien électrique sérieux. Mais sa transition reste financée, protégée et parfois contredite par le fossile. Le groupe change de peau sans lâcher ses griffes.
Sources : totalenergies.com · totalenergies.com · totalenergies.com · connaissancedesenergies.org · totalenergies.com · infos.ademe.fr · analysesetdonnees.rte-france.com · renewables.totalenergies.com · totalenergies.com · connaissancedesenergies.org · totalenergies.com · totalenergies.com · reuters.com · asso-sherpa.org · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org
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