Aggreko
Aggreko ne « fait » pas le pétrole : elle le fait tourner — générateurs diesel et gaz, batteries et clim pour brancher mines, data centers et paddocks quand le réseau suffit rarement.
À propos de Aggreko
1. Modèle économique
Aggreko Plc, avec des racines à Glasgow et une histoire boursière londonienne avant son passage sous pavillon de fonds d’investissement (dont TDR Capital parmi les investisseurs historiques), vend la location de puissance — électrogènes, stockage, froid et packages « transition » pour industriels, réseaux et événements. Selon la lecture du rapport annuel 2025 par la presse spécialisée (International Rental News, avril 2026), le segment utilities représente environ 27 % du chiffre d’affaires ; les data centers bondissent à 11 % (391 millions de dollars en 2025, contre 4 % trois ans plus tôt). Les Amériques génèrent 53 % du CA et l’Europe 25 %, alors que Afrique, Moyen-Orient et Asie-Pacifique tombent de 32 % à 22 % des revenus sur trois ans — recentrage assumé vers les zones jugées moins risquées. Pour les douze mois à septembre 2025, Aggreko citait environ 3,19 milliards de dollars de revenus et 1,22 milliard d’EBITDA ajusté dans une communication relayée par la même presse ; la stratégie capex reste à flux tendu, avec 945 millions de dollars investis dans la flotte en 2025 dont 654 millions pour l’expansion, plus plus de 200 millions d’acquisitions (Mobil in Time, Krill, éléments au Moyen-Orient et petites enveloppes renouvelables en Europe).
2. Impact réel
Le métier, c’est encore la machine thermique répartie sur la planète : la littérature publique évoque une capacité supérieure à 10 GW de puissance « mobile » agrégée — ordre de grandeur récurrent dans les portraits du groupe. Aggreko publie des trajectoires « net zero » différenciées (2030 pour ses opérations propres, 2050 pour les services aux clients) et des rapports GES / TCFD accessibles depuis la rubrique données durabilité, où le rapport développement durable 2024 décline la mécanique des scopes et des combustibles. Les cadres nationaux type PPE ou fiches ADEME ne ciblent pas Aggreko nominativement dans les sources françaises généralistes consultées pour cette fiche ; l’empreinte du groupe se lit surtout à travers la combustion embarquée et les obligations climat des clients européens qui louent ses équipements.
3. Innovations / partenariats
Sur le papier technique, Aggreko empile modules multi‑MW pour hyperscalers (une illustration 43 MW citée dans l’analyse IRN), BESS aux catalogues Atlas Copco, Huawei, Alfen, etc. (même source), et biocarburants sur certains circuits événementiels : la ligne SailGP revendique pour 2025 une bascule vers du HVO pour les opérations à terre (Impact Reports — SailGP). Côté sport automobile, Aggreko relie aussi son « Event Energy Transition » au déploiement centralisé testé au GP d’Autriche puis étendu aux courses européennes (Impact Reports — Formula 1).
4. Greenwashing / zones grises
Le groupe écrit noir sur blanc que 99 % de ses émissions de GES sont liées à la flotte — autrement dit au cœur même du produit vendu (données durabilité ; détail dans le rapport développement durable 2024). Toute communication « verte » repose donc sur une structure où le diesel et le gaz restent structurels, pendant que le HVO mobilisé pour SailGP rouvre les débats sectoriels sur traçabilité, available feedstock et competition d’usage des biocarburants avancés — tensions documentées dans la littérature technique et réglementaire européenne sur les bio‑liquides, non spécifiques à Aggreko mais déterminantes pour juger le crédit climat du message. Sur la finance, International Rental News du 8 janvier 2026 décrit une levée de 1,15 milliard de dollars sur la TLB 2031 pour refinancer et verser 550 millions de dollars de dividendes aux propriétaires — arbitrage actionnarial qui alourdit la structure à quelques mois d’un capex flotte déjà à 945 millions en 2025 selon la même rédaction. Enfin, la part du CA hors zones Occidentales qui fond relève d’un choix géopolitique assumé ; pour les pays où l’électricité critique passe encore par la location d’urgence, moins d’Aggreko peut vouloir dire moins de watts déployés — tension sociale à suivre dans les bilans fournis aux investisseurs.
5. Positionnement stratégique
Aggreko mise sur la rareté du watt fiable là où les coupures coûtent plus cher que le litre de carburant : data centers, mines, grands événements. La valeur comptable de flotte frôle les 5,1 milliards de dollars en 2025 (IRN), qui positionne le groupe comme asset‑heavy face aux mastodontes américains du rental généraliste ; les murmures Bloomberg sur une IPO américaine potentielle, rapportés par cette analyse sans confirmation dans le rapport officiel, cadrent avec un CA majoritairement américain. La question ouverte est simple : capitaliser sur les hyperscalers ou capitaliser les fonds avant que la pression climat ne redessine le prix du risque fossile.
Verdict WattsElse
Aggreko vend du temps‑réseau dans un monde où le réseau peine à suivre ; elle paie ce privilège avec une empreinte thermique quasi–intrinsèque, pendant que ses propriétaires savent sortir du cash avant même que le récit net‑zero ne sature les batteries du marché.
Sources : fr.wikipedia.org · tdrcapital.com · internationalrentalnews.com · internationalrentalnews.com · aggreko.com · bynder.aggreko.com · events.aggreko.com
Données clés
- Fondée
- 1962
Identifiants publics
- Wikidata
- Q2826823
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Air Liquide France Industrie
Filiale française du géant mondial des gaz pour l’industrie et la santé, Air Liquide France Industrie incarne la partie « grande industrie » et « marchande » du groupe sur le territoire — là où se jouent décarbonation des plateformes pétrochimiques, méga-contrats avec les raffineries et chantiers hydrogène soutenus par l’État.
Voir la ficheChimbarongo Solar
Dans l’abrasif marché électrique chilien, un nom anglophone sur une fiche d’investisseur cache souvent un parc solar ground-mounted et un jeu de règles précis — les PMGD — plus qu’une « marque » grand public.
Voir la ficheAmazon Web Services (AWS)
Le géant du cloud qui accélère à coups d'IA pendant que la planète refroidit un peu moins vite.
Voir la ficheYayla Agro Gıda
Le fabricant coté Istanbul Yayla Agro Gıda (pulse, riz, plats prêts, export mondial) n’est pas une « pure-player » renouvelable : sous l’étiquette cache Énergies renouvelables de WattsMonde, c’est avant tout une industrie agroalimentaire qui utilise le solaire comme bouclier face aux prix de l’électricité.
Voir la ficheOyika
* Singapour comme étiquette, l’Asie du Sud-Est comme terrain de jeu : Oyika vend du Battery-as-a-Service* pour deux-roues électriques — échange rapide, abonnements, réseau de cabinets.
Voir la ficheIBERENOVA PROMOCIONES S.A.
La filiale d’Iberdrola Renovables porte au nom de tous les dossiers quelques‑uns des plus gros chantiers photovoltaïques espagnols.
Voir la ficheLuminant
À ne pas confondre avec tout autre société au nom proche : pour WattsMonde et les données suivantes on parle bien de Luminant, filiale américaine centrée au Texas et entièrement contrôlée par Vistra Corp.
Voir la ficheUAveiro
Vous pensiez à une « entreprise » classique : ici, UAveiro, c’est surtout l’Universidade de Aveiro, au Portugal, devenue une tête d’affiche académique du couloir hydrogène / offshore — avec des montagnes de fonds PRR et, dans le même temps, une trésorerie qui commence à grincer.
Voir la ficheAxeleo Capital
Capital-risque bien étiqueté "green" qui injecte du cash dans la tech B2B, avec un portefeuille qui sent autant la disruption que le papier glacé.
Voir la ficheSarawak Energy Bhd Group
Sarawak Energy Berhad est l’acteur intégré (génération, transport, distribution) de l’électricité dans l’État malaisien du Sarawak, sur l’île de Bornéo : c’est bien ce « Sarawak Energy Bhd Group » que vise le secteur production électrique, et non un homonyme.
Voir la ficheHydro-Fraser Inc
À Rivière-du-Loup, Hydro-Fraser Inc incarne cette couche peu médiatisée du Québec : quelques méga‑watts d’hydro privée, sous contrat de réseau, dans un périmètre où le patrimoine bâti vieillit vite.
Voir la ficheTeneres
Une société par actions tchèque immatriculée à Prague en 2009, avec au registre un cœur de métier « production d’électricité », n’a pas grand-chose à voir avec l’opérateur français d’EnR qui brandit un gégaoctet de communiqués.
Voir la ficheNaft Company
Dans les bases « pétrole & gaz », l’intitulé Naft Company n’épingle aucune raison sociale unique : c’est souvent un raccourci pour l’univers naft (le pétrole, en ukrainien comme ailleurs).
Voir la ficheIndian Energy Exchange
L’Indian Energy Exchange aligne des volumes et une rentabilité inédits…
Voir la ficheDalkia Electrotechnics
Les métadonnées « Frankenthal, 1871, KSB » pointent vers un homonyme industriel allemand : la Dalkia Electrotechnics cartographiée ici est une SASU française (siège à Courbevoie, immatriculée en 2020), bras génie électrique de Dalkia / EDF sur la voire publique, l’éclairage et les installations connectées — pas un équipementier de pompes.
Voir la ficheGrace GmbH & Co. KG
Les catalyseurs ne font pas de transition sans raffinerie : à Worms, Grace GmbH & Co.
Voir la ficheHeidelberg Materials (ex-HeidelbergCement)
Heidelberg Materials, ex-HeidelbergCement, n’essaie plus de verdir le ciment à la marge: il tente de réécrire la grammaire carbone d’un matériau structurellement émetteur.
Voir la ficheIPTO
ADMIE ne vend pas le courant au compteur : il conditionne toute la transition grecque.
Voir la ficheEòlica Tramuntana 72, SL
Ce n’est pas le macro-parc flottant du golfe de Roses, ni le Tramuntana terrestre d’Ascó porté par une autre société : Eòlica Tramuntana 72, SL est une coquille espagnole du cru Naturgy / Gas Natural Fenosa, absorbée en 2017 après sept ans d’existence.
Voir la ficheNew Energy Hub Ltd
Sous l’étiquette New Energy Hub Ltd, les traces publiques sont étonnamment maigres et surtout contradictoires.
Voir la ficheBOKU
Ne confondez pas avec la fintech londonienne du paiement mobile : ce “BOKU” désigne dans le cache WattMonde l’université autrichienne des ressources naturelles et de la vie (Universität für Bodenkultur Wien), publique depuis 1872.
Voir la ficheEcoforest
Pionnier galicien du chauffage « propre », Ecoforest a basculé d’un modèle majoritairement espagnol à une machine à exporter des pompes à chaleur — surtout au propane R290 — tout en gardant un pied dans la biomasse.
Voir la ficheTAURON Wytwarzanie S.A.
Centrale après centrale, la filiale TAURON Wytwarzanie incarne le défi brut de la Pologne : faire tourner un parc thermique historique pendant que la régulation européenne rogne les filets de sécurité du charbon et que les syndicats scrutent chaque annonce de reconversion.
Voir la fiche