AGROGAZ FRANCE SAS
Filiale française du groupe allemand ÖKOBIT, Agrogaz France incarne la méthanisation « clefs en main » à l’échelle nationale — jusqu’à voir son activité financière basculer au rouge en 2023 alors que la file d’attente nationale du biométhane explose.
À propos de AGROGAZ FRANCE SAS
1. Modèle économique
La SAS Agrogaz France, immatriculée au siège de Yutz (Moselle, RCS Infonet), revendique sur son site une posture de fabricant-planificateur de biogaz et biométhane au sein du groupe ÖKOBIT, avec plus de 250 projets cités au niveau groupe et plusieurs dizaines d’unités construites en France. L’activité déclarée couvre conception, montage et services associés aux installations de méthanisation ; les revenus dépendent du cycle des marchés (nouvelles unités, équipements d’épuration, réhabilitations) et de la capacité à livrer des chantiers complexes dans des délais compatibles avec la trésorerie client/fournisseur.
Les comptes publiés pour l’exercice clos au 31 décembre 2023 donnent un chiffre d’affaires de 11,79 M€, soit environ −62 % par rapport aux 31,5 M€ de 2022, avec un résultat net de −332 520 € et un EBITDA négatif d’environ −293 k€ selon la même source (récapitulatif financier Infonet). L’effectif est situé dans la fourchette 20–49 salariés. Une lecture « métier » plausible — sans accès au rapport de gestion — est que cette contraction reflète soit une évacuation du carnet en 2022, soit des reports de livraisons ou une moindre valorisation des projets en cours ; les délais de paiement agrégés signalés par la même base (266 jours clients, 78 jours fournisseurs au titre de ces données) ajoutent une contrainte de fonds de roulement à une phase déjà déficitaire.
2. Impact réel
Le segment biométhane injecté répond à un besoin français de substitution aux gaz fossiles : selon une synthèse publiée par La France Agricole, les installations françaises injectant du biométhane représentaient déjà une capacité de 15,5 TWh/an fin 2025 et la méthanisation concentrait une très large part du biogaz national. Les projets réalisés par Agrogaz participent mécaniquement à cette dynamique lorsque les unités sont connectées aux réseaux et alimentées par biodéchets, effluents ou résidus agricoles — avec des gains en gaz renouvelable mesurés au niveau installation plutôt qu’agrégés publiquement au niveau société pour cette SAS.
À l’échelle d’un site comme celui de Fontrailles (Hautes-Pyrénées), une étude de cas fournie par un équipementier tiers cite jusqu’à 70 000 tonnes de matières organiques valorisables par an et un investissement global annoncé autour de 20 M€, avec mise en service en 2022 (référence Verdemobil Biogaz). Ces ordres de grandeur illustrent l’empreinte potentielle sur les flux locaux de nutriments et de gaz renouvelable ; ils ne constituent pas une mesure consolidée du bilan carbone « Scope » publiée par Agrogaz France elle-même pour l’ensemble de son activité — aucun rapport climat ou CSRD dédié à cette entité n’a été repéré dans les sources ouvertes consultées pour cette fiche.
3. Innovations / partenariats
Le positionnement technique valorise l’épuration du biogaz jusqu’à biométhane injectable — par exemple une ligne PSA avec contrat de maintenance long terme sur le projet Fontrailles (Verdemobil Biogaz). Sur le marché français, Agrogaz France met en avant une certification Qualimétha pour distinguer ses méthodes de conception et construction depuis les années récentes. La présence salon (Bio360 Expo) confirme une stratégie de visibilité filière ; plus 250 projets revendiqués par la communication groupe (site Agrogaz) rapprochent la marque française du catalogue ÖKOBIT international.
La direction commerciale fait l’objet d’un renouvellement annoncé en 2026 (page « La société » — Agrogaz) ; ces mouvements interviennent alors que les comptes 2023 appellent à reconquérir du carnet sans casser les marges.
4. Greenwashing / zones grises
La tension la plus nette documentée financièrement est quantitative et récente : entre 2022 et 2023, la société passe d’un résultat net positif (788 k€) à une perte (−332 k€) avec CA divisé par deux environ sur un an, soit une marge nette de −2,82 % sur 11,79 M€ de CA (données Infonet). Ce décrochage invite à relativiser tout discours linéaire sur la « réussite durable » tant que la trajectoire comptable ne retrouve pas un plateau lisible pour les parties prenantes.
Sur le terrain juridique — sans équivalence avec une condamnation au civil ou au pénal des sociétés nommément citées dans une décision finale — le dossier du projet Fontrailles a motivé des plaintes pour faits reprochés à des élus et suites pénales incluant des perquisitions en juin 2019, dans un contexte où une SAS Agrogaz était présentée comme porteuse du projet (article La Semaine des Pyrénées). Ce passif nournit une vigilance réputationnelle locale durable pour tout constructeur associé au dossier.
Au niveau sectoriel, la même dynamique biométhane qui ouvre des marchés expose aussi les projets agricoles à la concurrence pour les intrants ; les projections nationales citées dans La France Agricole soulignent une hausse très forte (+198 %) en 2025 des capacités des nouveaux projets entrés en file d’attente par rapport à 2024 — donc une ruée concurrentielle qui peut tendre les budgets « verts ». Pour les petites cogénérations envisageant l’injection, les ordres de coûts (épuration, mise aux normes) peuvent faire basculer la rentabilité selon la puissance ; une littérature technique agricole évoque des seuils critiques pour les conversions cogénération/injection (article de presse agricole sur les coûts d’épuration).
Enfin, une observation au greffe datée de 2018 signalait déjà une poursuite d’activité malgré des capitaux propres sous tension (extrait observé via Infonet), ce qui prolonge la lecture d’un équilibre financier fragile pour cette structure intermédiée entre sous-traitants et maîtres d’ouvrage.
5. Positionnement stratégique
Agrogaz France capitalise sur une expertise groupe ÖKOBIT et une présence française affirmée dans une PPE3 qui fixe une trajectoire ambitieuse pour le biométhane (cadrage dans La France Agricole). La stratégie consiste à sécuriser la chaîne depuis la conception jusqu’à l’épuration/injection — là où les régimes d’aides et les contraintes ICPE façonnent encore les arbitrages économiques (presse agricole — tensions intrants et objectifs).
Les comptes 2024 consolidés au-delà des indicateurs déjà publiés pour 2023 ne sont pas détaillés dans les extractions gratuites utilisées ; tout rebond hypothétique resterait à confirmer lors du prochain dépôt inspectable (suivi Bodacc / Infonet).
Verdict WattsElse
Agrogaz France cumule vitrine industrielle allemande-française et crash financier 2023 chiffré dans les bases ouvertes ; entre biométhane « priorité nationale » et marges qui ont sauté, le chantier suivant est comptable autant que climatique — « vert » sur le gaz, rouge sur la ligne du résultat.
Sources : infonet.fr · agrogaz.fr · lafranceagricole.fr · verdemobil-biogaz.fr · bio360expo.com · agrogaz.fr · lasemainedespyrenees.fr · agra.fr
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Orus Energy
Pionniers de la danse électrique, Orus Energy optimise la consommation des bâtiments avec un soupçon d'algorithmes, pour faire danser facture et réseau.
Voir la ficheGujarat State Electricity Corporation Ltd
Elle cote mieux que nombre de majors privées, mais son cœur de métier reste un parc thermique qui colle encore l’accent sur le charbon et le lignite.
Voir la ficheSIA – Société Industrielle d'Amortisseurs
Ce que votre fichier peut étiqueter « Paris » relève en réalité d’un équipementier tunisien : la Société Industrielle d’Amortisseurs — marque SIA’AM — ancrait déjà sa légitimité chez Renault et Stellantis avant de jouer la carte « proximité Europe » pour le Scope 3.
Voir la ficheMidlands Electricity
Nom d’une époque où l’État acheminait le courant dans les Midlands, Midlands Electricity a quitté la cotation en 2002 ; son ADN de distributeur réapparaît aujourd’hui sous les couleurs National Grid Electricity Distribution (NGED).
Voir la ficheEGCI - Entreprise Générale de Construction et d'Ingénierie
Spécialisée dans la construction métallique et la tuyauterie industrielle, EGCI façonne les infrastructures qui portent l'énergie – avec un solide coup de soudure.
Voir la ficheSydvind Energi AB
Le suffixe AB désigne une société anonyme suédoise ; une fiche annuaire situe Sydvind Energi Ab à Göteborg et la classe dans la production et l’approvisionnement électrique — domaines compatibles avec le réglage WattsMonde « énergies renouvelables ».
Voir la ficheInnergex Inc (50%) / Harrison Hydro Project (50%)
Le lac Harrison, en Colombie-Britannique, concentre un bloc hydraulique au fil de l’eau qui nourrit des décennies de contrats avec BC Hydro — mais aussi une facture d’usage de l’eau dont la jurisprudence a durablement rehausé le tarif.
Voir la ficheThermal Power Plant-4 SSH Co
La « Thermal Power Plant-4 SSH Co » n’est pas une entrée de annuaire import-export : dans les bases techniques et la presse mongole, elle recouvre la centrale thermique n°4 d’Oulan-Bator, cogénération charbon au cœur du réseau central et du chauffage urbain.
Voir la ficheSAVOIE PROCESS
Spécialiste de l’ingénierie clé en main pour l’industrie, mais toujours avec un petit air de laboratoire savoyard.
Voir la ficheCerema
Le Cerema incarne l’expertise d’État sur les territoires : climat, risques, mobilité, bâtiment.
Voir la ficheBrennkrafttechnische Gesellschaft
Ce n’est ni un géant de la distribution ni un installateur gaz : la Brennkrafttechnische Gesellschaft que documentent les archives allemandes est une association technique de l’entre-deux-guerres, née dans le Berlin de 1918 et absorbée par l’histoire avant l’ère du bilan carbone.
Voir la ficheHuadian Power International
Filiale cotée à Hong Kong de China Huadian, Huadian Power International incarne le paradoxe des grands utilitaires chinois : comptes qui résistent, parc encore dominé par le thermique, et une transition accélérée par la politique et par la concurrence des renouvelables sur le réseau.
Voir la ficheKARVELAS AVEE
Le fichier « Autres énergies » recoupe ici une impasse : Karvelas AVEE (ΑΒΕΕ) est, selon ses propres communications, un distributeur grec d’intrants agricoles et de logistique chimique — pas un opérateur électrique ou gazier.
Voir la ficheAGROPARISTECH
Face au plateau de Paris-Saclay, AgroParisTech est à la fois vitrine de biométhane agricole et foyer de contestations sur les partenaires « climaticides » et la cogestion ministère–FNSEA.
Voir la ficheAstor Enerji
Astor Enerji est devenu l’un des rares équipementiers européens capables de parler gigawatts en transformateurs tout en achevant un empilement d’assets solaires hors Turquie.
Voir la ficheUNIVERSITY OF APPLIED SCIENCES
Le sigle University of Applied Sciences (UAS) ne désigne pas une multinationale : c’est un modèle d’enseignement supérieur orienté professionnalisation et RDI appliquée, calibré pour injecter compétences et démonstrateurs dans la transition.
Voir la ficheFirst Cabanatuan Renewable Ventures Inc.
Une poignée de hectares de photovoltaïque dans Nueva Ecija ne pèsent pas lourd sur un bilan de plusieurs gigawatts : pourtant First Cabanatuan Renewable Ventures Inc.
Voir la ficheSimo Leipiö Tuuli
Dans la marge nordique du réseau finlandais, cette société en commandite n’est ni un géant médiatisé ni une start-up cliquable : c’est un véhicule d’actifs sous tension, coincé entre la promesse d’un éolien « institutionnel » et les procédures qui retardent les machines de 300 mètres.
Voir la ficheSociété anonyme des usines de l'Orbe
Née au XIXe siècle au creux de la plaine vaudoise, la société anonyme des Usines de l’Orbe incarne l’âge d’or du producteur-local-quiprofit-du-cours-d’eau et du rail de proximit absorbé aujourd’hui par un distributeur régional, VOé, et par un chantier ferroviaire fédéral.
Voir la ficheFer Sa
Le sigle « Fer Sa » fourni en base bruitée renvoie, côté open data, vers des impasses (dont un QID médical sans rapport).
Voir la ficheRenvind AB
Renvind AB apparaît comme une étiquette vide sur une bouteille pleine : dans les registres et la presse ouverts (Suède, Nordiques, Belgique), aucune société « Renvind AB » identifiée de façon fiable dans les énergies renouvelables ne permet aujourd’hui d’attribuer un chiffre d’affaires, un effectif ou un pipeline de projets sans risquer la confusion avec…
Voir la ficheTHE ENERGY SAVING TRUST LIMITED
Pivotal mais peu visible depuis Paris, The Energy Saving Trust Limited — pièce maîtresse juridique du groupe Energy Saving Trust — orchestre au Royaume-Uni une part massive de l’argent public « climat » : efficacité dans les foyers, bornes locales, ré-affectation d’amendes réglementaires.
Voir la ficheREGMATHERM
Distributeur alsacien historique, Regmatherm incarne le métier discret mais structurant du gros en plomberie-chauffage : intermédiaire entre fabricants et installateurs, exposé aux aléas du bâtiment et aux règles européennes sur les fluides.
Voir la ficheAEM SA
Le sigle « AEM SA » recouvre plusieurs firmes ; pour le secteur « autres énergies » et un opérateur de réseau, l’entité pertinente est l’Azienda Elettrica di Massagno SA, distributeur historique du Luganais — pas l’AEM Industries marocaine (maintenance industrielle).
Voir la fiche