Aksaf Power Ltd
Filiale d’îlot thermique que la promotion d’Aksa Energy glisse souvent sous l’étiquette « puissance et fiabilité », Aksaf Power Ltd incarne surtout la solidité contractuelle d’un producteur privé pris entre un combustible lourd et un acheteur public structurellement déficitaire.
À propos de Aksaf Power Ltd
1. Modèle économique
Aksaf Power Ltd est la coentreprise montée pour l’usine au fioul lourd de 66 MW d’Ambohimanambola (proche d’Antananarivo), détenue à 58,35 % par Aksa Energy et à 41,65 % par un partenaire malgache local selon la fiche investisseur du groupe (profil société ; centrale Madagascar). Le modèle est celui d’un IPP classique : vente à JIRAMA avec achat garanti et tarif indexé au dollar, pour un volumétre annuel voisin de 700 000 MWh présenté comme « garanti » dans la presse spécialisée (lancement industriel). Les agrégats 2025 de la maison mère — plus de 42 milliards de livres turques de chiffre d’affaires consolidé, 13,5 milliards TRY d’Ebitda et 32 % de marge — donnent l’échelle du groupe, pas des comptes propres d’Aksaf, que nous n’avons pas isolés dans les publications consultées (résultats 2025). En septembre 2024, Aksa annonce la cession du site tout en conservant deux ans d’exploitation rémunérée via une redevance opérationnelle (fiche centrale), ce qui recompose la suite juridique et financière de la structure.
2. Impact réel
La centrale repose sur des groupes au fioul lourd : flexibles au plan énergétique, carbone‑intensifs au regard des méthodes de comptabilisation usuelles des centrales thermiques (moyens de production). À Madagascar, l’écart reste profond avec les volumétries d’électricité bas‑carbone visées dans les programmations d’énergie des économies avancées (programmations pluriannuelles) : là, l’actif soutient la continuité du réseau, pas un bilan climatique vert. Le pivot gaz mis en avant par le groupe en Afrique — illustré par le projet gaz‑électricité de Djeno près de Pointe‑Noire au Congo, avec mise en service de turbines en 2025 — traduit un glissement du fossile liquide vers le fossile gazeux sur d’autres filiales, sans effacer la traînée carbone d’un parc HFO déjà amorti (coupure Djeno).
3. Innovations / partenariats
La R&D brevetée se concentre pour l’essentiel sur Aksa Power Generation — 16 dépôts de brevets listés dans le rapport annuel 2024 (rapport PDF) — sans qu’une traduction directe en décarbonation de l’actif malgache soit documentée sous les mêmes intitulés. Les investissements stratégiques du holding sont indiqués à plus d’un milliard de dollars sur 2023‑2025 dans la documentation réglementée turque (dépôt KAP), qui mentionne aussi une trajectoire d’implantations africaines incluant le Ghana (de l’ordre de 370 MW selon ce découpage). Aucune analyse nommative d’ADEME, de Connaissance des Énergies ou d’outil CSRD ne cible Aksaf Power spécifiquement : les références utiles restent sectorielles, pas entreprise par entreprise.
4. Greenwashing / zones grises
Première zone grise documentée : JIRAMA aligne des tarifs inférieurs aux coûts, ce qui fragilise la réciprocité des contrats IPP lorsque l’État cesse de colmater le trou — argument central du dossier FMI sur le service public de l’électricité (dossier JIRAMA). Deuxième tension chiffrée : le Ghana, où Reuters relatait en mai 2025 une dette d’environ 2,5 milliards de dollars envers producteurs indépendants et fournisseurs de gaz que les autorités entendaient réduire avant fin d’année (arriérés sectoriels), en parallèle aux 1,47 milliard USD de paiements mis en avant par le ministère des Finances pour 2025 (paiements 2025). Écart de langage : marteler résilience et stratégie gaz côté holding tout que l’ancrage fioul et le risque de contrepartie publique portent encore le récit local.
5. Positionnement stratégique
Pour Aksa, Aksaf Power a longtemps été la puce HFO indexée dollar d’un portefeuille affiché à 3 058 MW au 31 mars 2025 (profil investisseurs). La cession 2024 ressemble à un anticipation du risque politique, avec honoraires d’O&M pour adoucir la transition. À l’échelle du continent, gaz au Congo, arbitrage sur le dollar et rééchelonnements de dette ghanéenne composent une Afrique des contrats longs plutôt qu’une sortie accélérée du fossile.
Verdict WattsElse
Aksaf Power Ltd n’est pas un champion pétrole & gaz amont : c’est une chaudière contractuelle au dollar dans un pays où l’acheteur tarife sous le coût — courant livré, solvabilité toujours négociée. La devise du dossier, chez nous : plus le tarif est politique, plus le producteur vit à crédit.
Sources : aksainvestorrelations.com · aksainvestorrelations.com · africa-energy.com · aksaenerji.com.tr · aksaenerji.com.tr · prod-basecarbonesolo.ademe-dri.fr · developpement-durable.gouv.fr · megaproject.com · aksa.com.tr · kap.org.tr · imf.org · reuters.com · mofep.gov.gh
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