Central Cardones S.A.
À dix-sept kilomètres au sud de Copiapó, au cœur de l’Atacama — la grande vitrine mondiale du solaire — Central Cardones S.A.
À propos de Central Cardones S.A.
1. Modèle économique
Le socle de l’entreprise est une équipement de 155 MW thermiques (turbine Siemens SGT5-2000E, double service diesel/gaz), complété par une central solaire de 437,6 kWp sur le même site (site corporate). Ce schéma positionne l’actif comme fournisseur de flexibilité et de puissance disponible lorsque le système chilien en a besoin — fonction cohérente avec son classement « backup » dans les bases d’inventaire indépendantes (Global Energy Monitor). Sur le plan capitalistique, les bases sectorielles locales décrivent une structure majoritairement détenue par IC Power / l’écosystème Inkia (I Squared Capital), avec une minorité chez SW Consulting (Guía Chile Energía) ; le même univers est documenté côté profils marché (BNamericas – Central Térmica Cardones, Inkia Energy). L’opérateur affiché dans la chaîne de valeur est EnorChile, qui revendique une gestion d’actifs à très grande échelle (présentation opérateur) et fait l’objet d’un focus de croissance (+34,2 % de revenus évoqués pour 2024) dans la presse spécialisée locale (ACERA).
Les agrégateurs d’information économique placent le chiffre d’affaires dans une fourchette 350 000–650 000 UF (ordre de grandeur corporate estimé, sans états financiers détaillés fournis dans la fiche) et un effectif indicatif 50–250 personnes directes/indirectes (RedConecta). Aucun rapport RSE ou déclaration CSRD publiquement repéré au moment de la rédaction pour cette entité chilienne ; aucune analyse ADEME, PPE ou « Connaissance des Énergies » ne cible nommément cet actif — logiquement, son périmètre est hors cadre français.
2. Impact réel
Sur le plan climat, l’impact « net » dépend du combustible effectivement brûlé, du régime d’appel (secours vs pointe prolongée) et des règles du marché de la capacité — paramètres que les sources ouvertes agrégées ne résumettent pas en bilan carbone public. Ce qui est factuel, en revanche, c’est l’écart d’échelle : 0,44 MWc équivalent solaire (437,6 kWp) face à 155 MW thermiques (site corporate) : le photovoltaïque existe, mais il ne structure pas l’empreinte énergétique de l’actif. Le référentiel Global Energy Monitor rappelle la chronologie (mise en service thermique 2009, solaire 2015) et le rôle système, ce qui aide à situer l’installation dans la trajectoire chilienne — forte pénétration EnR, tension sur la flexibilité — sans transformer la centrale en pure électricité « verte ».
3. Innovations / partenariats
Côté « nouvelle électricité », le site est un point d’ancrage géographique et réseau : la petite centrale solaire et le poste 220 kV en font un nœud voisin des projets de stockage en cours de qualification environnementale. Un dossier SEA/SEIA décrit ainsi un BESS « Quidora » (160 MW / 640 MWh évoqués dans l’expédient) connecté à l’infrastructure autour du poste Cardones (dossier administratif) ; la presse régionale a relayé un ordre de grandeur d’environ 100 M$ d’investissement (Electrominera). Ce projet est porté par un autre promoteur, mais il redéfinit le rôle futur du pôle — la batterie capte l’attention stratégique, pas le millier de panneaux existants. En parallèle, Central Cardones met en avant des fonds concours 2025 orientés communautés et territoires d’Atacama (annonce corporate), un levier classique de licence sociale à l’ombre des grands ouvrages.
4. Greenwashing / zones grises
La principale zone grise tient à un découplage chiffré entre discours et composition de puissance : selon les données publiées par l’entreprise elle-même, l’outil dominant reste la turbine 155 MW quand le photovoltaïque affiché ne représente que 437,6 kWp — soit un rapport d’environ 350:1 en puissance installée favorable au thermique (site corporate). Classer l’entité sous un seul étendard « EnR », sans expliciter ce déséquilibre, prête le flanc à un glissement sémantique.
Autre tension — externe à la société génératrice mais collée au toponyme « Cardones » : l’axe de transport Cardones–Polpaico alimente des contentieux environnementaux et des procédures de conciliation sur dommages (Induambiente) ; la sanction SMA sur une filière voisine a fait l’objet d’une résolution de 1 730 UTA datée du 29 février 2024, suivie de reclamations devant la justice environnementale (Portal Minero). Ce n’est pas un verdict contre Central Cardones S.A., mais cela brouille la perception publique du « hub Cardones ».
5. Positionnement stratégique
Dans un SEN chilien qui durcit la demande de flexibilité et accélère l’entrée des BESS, une centrale dual-fuel de secours reste un actif politiquement sensible : utile pour la sécurité d’approvisionnement, mais exposée aux refontes des rémunérations de capacité et à la concurrence des stockages (profil marché Inkia). La stratégie apparente combine maintien d’une disponibilité contractuelle, communication RSE locale (fonds 2025) et proximité avec les futurs giga-stockages qui déplacent le curseur technique du site (dossier SEA).
Verdict WattsElse
Central Cardones S.A. n’est pas une footnote solaire : c’est une centrale fossile de service public déguisée en patch PV — utile au réseau, pénalisée par le récit qu’on lui colle quand on l’écarte de son 155 MW de vérité opérationnelle.
Sources : centralcardones.cl · gem.wiki · guiachileenergia.cl · bnamericas.com · bnamericas.com · enorchile.cl · acera.cl · red-conecta.com · seia.sea.gob.cl · electromineria.cl · centralcardones.cl · induambiente.com · portalminero.com
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