ALTEN
Le géant français de l’ingénierie et des services numériques encaisse en 2025 un repli organique et une facture nette lourde, tout en poussant ses effectifs énergie et la brique Worldgrid au cœur du pilotage des réseaux et du nucléaire.
À propos de ALTEN
1. Modèle économique
ALTEN vend de la capacité d’ingénierie et de conseil en technologie à grande échelle : des milliers d’ingénieurs en mission chez des industriels, pour des durées qui vont du court au pluriannuel, dans une trentaine de pays — modèle de société de services né en 1988 et aujourd’hui globalisé (fiche de synthèse). À fin 2025, le groupe revendique plus de 57 000 salariés, dont environ 51 000 ingénieurs, pour un portefeuille de l’ordre de 6 500 clients (résultats annuels 2025). Le chiffre d’affaires consolidé s’établit à 4 099 M€ (−1,1 % sur un an), avec une croissance organique de −4,5 %, atténuée côté changes et périmètre ; la France, elle, accélère de +4,3 %, portée notamment par la défense et l’énergie, quand l’automobile chute d’environ 16 % (communiqué de résultats annuels). La marge opérationnelle d’activité reste à 8,5 % du CA, mais le résultat net part du groupe tombe à 106,9 M€ (−42,6 %), avec des charges non récurrentes lourdes — dépréciation de goodwill de l’ordre de 67,4 M€ et volet « concurrence » — tandis que le free cash-flow demeure à 239,9 M€ mais recule d’environ 28 % (présentation résultats 2025, analyse de marché). Le groupe poursuit une croissance externe « légère » : quatre acquisitions en 2025 pour 62,9 M€ nets investis, et un capex quasi symbolique (11,8 M€, soit 0,3 % du CA), cohérent avec un métier à forte intensité de main-d’œuvre plutôt qu’industriel (document de résultats).
2. Impact réel
Côté climat, l’entreprise ne « produit » pas d’électricité : son empreinte directe dépend surtout des scopes 1‑2 et d’une partie du scope 3 (mobilités, achats), domaines où elle revendique une réduction d’environ 60 % des émissions de GES par rapport à 2019 sur le périmètre mesuré, et des objectifs validés par la SBTi : −59,8 % en valeur absolue sur les scopes 1 et 2 d’ici 2030 (référence 2019) et −55 % d’intensité sur le scope 3, avec une trajectoire net zéro 2050 (page SBTi, pôle RSE environnement). L’impact « système » passe surtout par les projets clients : le groupe met en avant environ 3 000 consultants énergie, dont 1 000 focalisés sur le nucléaire à l’échelle mondiale, et des missions sur le raccordement d’éoliennes en mer ou des enjeux de réseau (rapport intégré 2024, présentation S1 2025). Aucune étude ADEME ni fiche PPE3 ne centre le débat public sur ALTEN : pour situer le cadre national, on renvoie plutôt à la programmation pluriannuelle de l’énergie (ambition EnR offshore, maintien du nucléaire) et aux travaux de référence type RTE sur le raccordement éolien en mer, sans y inscrire ALTEN comme acteur régulé.
3. Innovations / partenariats
Le fait marquant récent est industriel et politique : finalisation le 2 décembre 2024 du rachat de Worldgrid (ex-filiale d’Atos) pour une valeur d’entreprise de 270 M€, opération suivie d’un closing officiel côté ALTEN (communiqué de clôture, annonce Atos, décryptage Reuters). Worldgrid incarne le contrôle‑commande, la supervision des centrales et des réseaux — compétences mises en avant dans la presse spécialisée comme structurantes pour l’EPR2 et les grands chantiers britanniques (Usine Nouvelle, Usine Digitale). Dans les présentations investisseurs, ALTEN cite aussi des chantiers EPR2, Hinkley Point C et Sizewell C comme références d’ingénierie nucléaire (présentation S1 2025).
4. Greenwashing / zones grises
Le discours « transition » bute sur trois angles morts factuels. D’abord, la concurrence : en juin 2025, l’Autorité de la concurrence sanctionne des gentlemen’s agreements de non-débauchage (2007‑2016 pour l’entente ALTEN–Ausy) ; ALTEN écope de 24 M€ au sein d’un total de 29,5 M€ pour l’ensemble des griefs retenus — pratique qualifiée d’entente sur un paramètre essentiel de concurrence, le travail (décision 25-D-03). Le groupe a fait savoir contester la décision (communiqué ALTEN). Ensuite, l’exposition fossile : les pages « énergie » du groupe présentent encore explicitement une offre amont pétrole et gaz (exploration, infrastructures, raffinage…) comme segment de la « chaîne de valeur » (offre Énergie & Environnement), ce qui tend à nuancer toute lecture « uniquement bas-carbone ». Enfin, le nucléaire : Worldgrid aligne la croissance d’ALTEN sur des programmes lourds, sensibles aux aléas de calendrier et de financement public — un levier stratégique puissant, mais concentration de risque si les EPR2 ou les SMR patinent (analyse Capital sur la cession).
5. Positionnement stratégégique
En 2025, ALTEN joue la défense et l’énergie comme amortisseurs du choc automobile, tout en conservant une empreinte internationale exposée aux cycles sectoriels (résultats annuels 2025). La transaction Worldgrid la positionne comme fournisseur de couches logicielles critiques pour le nucléaire et les réseaux, en phase avec la montée en puissance du nucléaire neuf et du raccordement des EnR dans la PPE, mais aussi avec une sensibilité politique accrue autour des actifs « souverains » sortis du tourbillon Atos (Investir Les Echos). Le signal financier récent est double : résilience de trésorerie, dégradation du net sous le poids des réécritures comptables et du contentieux — un profil d’entreprise en recomposition, pas en simple continuation haussière.
Verdict WattsElse
ALTEN incarne la double vérité d’une ESN de tête : vendre la transition en ingénierie tout en facturant encore l’amont fossile, et prétendre défendre la mobilité des talents après une sanction historique sur le non-débauchage. Quand le nucléaire remplace la bagnole comme moteur de croissance, la gouvernance RH et le pétrole rappellent le prix de la crédibilité.
Sources : fr.wikipedia.org · alten.com · alten.com · alten.com · infinance.fr · alten.com · alten.com · alten.com · alten.fr.digital-report.net · alten.com · ecologie.gouv.fr · rte-france.com · alten.com · atosgroup.com · reuters.com · usinenouvelle.com · usine-digitale.fr · autoritedelaconcurrence.fr · autoritedelaconcurrence.fr · alten.com · alten.com · capital.fr · investir.lesechos.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Enviem
** Né des fusions du négoce et du réseau stations-service aux Pays-Bas, Enviem incarne la consolidation du retail carburant multi-marques en Europe du Nord–Ouest : volumes gigantesques, marges serrées sur la filiale française, et une « New Business » énergétique encore peu chiffrée face à un cœur fossile massif.
Voir la ficheRisen Energy
** Le chinois de Ningbo veut convaincre par l’HJT et le « PV + stockage », alors que ses comptes 2024 ont basculé dans le rouge profond et que la place de Pékin à Ningbo lui rappelle les règles de la transparence.
Voir la ficheEDITORIAL AGRICOLA ESPANOLA SA
Une Sociedad Anónima espagnole cotée sous « autres énergies » peut prêter à confusion : EDITORIAL AGRICOLA ESPAÑOLA SA (CIF A28019677) ne produit pas d’électricité ni de biométhane au sens industriel du terme ; c’est au siège madrilène du groupe Henar comunicación, historiquement gravé dans l’imaginaire agricole des revues spécialisées.
Voir la ficheInternational Atomic Energy Agency - Trieste
À Trieste, le couple ICTP–IAEA–UNESCO ne ressemble pas à une entreprise « Construction et concessions », et n’expose aucun CA ni effectif assimilable au cache WattsMonde : vous êtes dans un triangle institutionnel où l’AIEA (siège à Vienne, Italie) capitalise recherche synchrotron, formation réglementaire et dialogue avec les États avant tout break ground…
Voir la ficheLa Française de l’Énergie
La Française de l’Énergie vend une histoire de transition locale, de biométhane et d’hydrogène.
Voir la ficheManikgarh Manikgarh cement
UltraTech Cement présente Gadchandur (Maharashtra) comme un géant du clincker et du ciment ; les riverains, eux, y voient surtout une cheminée, des camions et, depuis 2025-2026, une bataille réglementaire autour du contrôle pollution et du refus visuel et olfactif de certains combustibles « alternatif ».
Voir la ficheTipayanarai Company Limited (TP)
Trois virgule sept mégawatts-créte sur un terrain de Lopburi : Tipayanarai Company Limited incarne la centaine de filiales électriques d’un géant thaïlandais du solaire, pas un acteur autonome face au marché.
Voir la ficheMacao Solar SpA
Une raison sociale « Macao Solar SpA », dans les Énergies renouvelables, peut évoquer le photovoltaïque — mais sur le web ouvert, peu de traces attestent qu’un acteur précis ainsi nommé soit cartographiable tant que le siège légal ou le registre officiel fait défaut.
Voir la ficheKuolavaara-Keulakkopään Tuulipuisto Oy
SPV sans salariés mais avec des lignes P&L qui racontent le marché nordique : cette coquille juridique finlandaise porte un parc éolien de crête en Laponie, raccordé au réseau national, tout en se heurtant aux droits d’usage des éleveurs de rennes.
Voir la ficheUNELCO
À Port-Vila, l’électricité se joue sur une île, un câble, une concession et un stock d’importations.
Voir la ficheBloom Energy
Piles à combustible SOFC : énergie propre sur site, ou comment alimenter votre data center en green... quand ça arrange.
Voir la ficheUnity Oil
Dans l’aval ghanéen, Unity Oil incarne le pari classique du distributeur : volume, réseau, obéissance aux règles de la National Petroleum Authority.
Voir la ficheTaçi Oil
À son sommet, Taçi Oil incarnait la verticalité d’un groupe pétrolier albanais : import, distribution, stations-service et, via ARMO, le rêve d’une raffinerie « nationale ».
Voir la ficheCENTRALES ELECTRICAS DEL NORTE DE SANTANDER
** Filiale régionale du puissant groupe EPM, CENS distribue l’électricité dans une bande où la politique tarifaire, la sécurité et le déficit cumulé des paiements aux filiales concessionnaires constituent un permanent test réglementaire.
Voir la ficheTEBSA
Une des plus grosses flottes thermiques colombienne tourne encore au gaz, au cœur d’un jeu à trois bandes : déficit systémique, importations croissantes et créances impayées sur le périmètre du distributeur Air-e.
Voir la ficheZEC Starachowice
Le Zakład Energetyki Cieplnej (ZEC) de Starachowice n’est pas un producteur français ni un géant européen de l’électricité : il s’agit d’un opérateur municipal polonais de chaleur urbaine.
Voir la ficheGERACE MARIA CATERINA
L’étiquette « Autres énergies » colle mal à une histoire de terroir et d’olives, sauf si l’on accepte d’élargir l’énergie à ce qui alimente réellement les chaînes : le soleil au-dessus d’un laboratoire de transformation.
Voir la ficheTeollisuuden Voima
Teollisuuden Voima (TVO) n’est pas un logo : c’est le socle bas-carbone d’un pays qui a banké sur le nucléaire pour tenir l’hiver.
Voir la ficheOrlen Deutschland
Filiale allemande du géant polonais PKN Orlen, ORLEN Deutschland GmbH incarne la transition « par le réseau » : des centaines de stations sous les marques star et ORLEN, un chiffre d’affaires milliardaire, et une course aux hubs de recharge jusqu’à 400 kW pour ne pas laisser le retail pétrolier se faire laminer par l’électrique.
Voir la ficheALDI Foods Pty Limited
ALDI Foods Pty Limited incarne en Australie le modèle discount du groupe Aldi South.
Voir la ficheSocony-Vacuum Oil
Socony-Vacuum Oil Company, née en 1931 de la fusion entre la Standard Oil Company of New York (Socony) et la Vacuum Oil Company, n’est pas une « petite structure » française homonyme : c’est la ligne directe vers Mobil, puis, depuis 1999, ExxonMobil.
Voir la fichePINEARQ
Le géant discret des grands chantiers de santé en Europe du Sud, Pinearq aligne géothermie, photovoltaïque et certification ISO sous une narration « nZEB » et fonds Next Generation — tout en navigant la volatilité d’un marché très public et subsidisé.
Voir la ficheREICHMAN UNIVERSITY
À Herzliya, l’ex–IDC devenu Reichman University combine recherche, mécénat industriel et discours de résilience : depuis novembre 2024, le Yannay Institute for Energy Security incarne ce pivot — EnR, stockage, intelligence artificielle — alors que l’établissement affiche toujours, sur sa School of Sustainability, des fondateurs issus de la chimie lourde et…
Voir la fiche