ArcelorMittal Galați
Le plus grand combinat de Roumanie porte encore le nom d’un géant — ArcelorMittal Galați — mais vit désormais sous celui de Liberty Galați : sidérurgie plate stratégique, plan de décarbonation à neuf zéros…
À propos de ArcelorMittal Galați
1. Modèle économique
L’aciérie de Galați (ArcelorMittal Galați), intégrée sur le Danube, appartient aujourd’hui à Liberty Galați au sein du Liberty Steel Group (GFG Alliance) : aciers plats pour défense, infrastructure, construction et chantiers navals, dans un marché européen sous quotas et MACF (CBAM). Les comptes 2024 sonnent l’alarme : 2,1 milliards de lei de chiffre d’affaires et 1,6 milliard de lei de perte nette selon la presse économique locale (Ziarul Financiar), avec une chute d’environ 42 % du CA sur un an selon un agrégateur financier (profil EMIS). L’effectif déclaré tourne autour de 4 900 salariés (EMIS). La trésorerie repose massivement sur l’Eximbank et les garanties publiques : la presse rapporte plus de 500 millions d’euros de dette en mai 2025, près de 292 millions d’euros de prêts garantis sur dix-huit mois, une procédure de pré-insolvabilité ouverte dès mars, puis un redémarrage du haut fourneau en juin avec un objectif de 172 000 t/mois pour le point mort (Romania Insider). Un plan de restructuration validé par les créanciers et confirmé par le tribunal de Galați en août 2025 est porté par le groupe (Liberty Steel).
2. Impact réel
Sur le papier, le programme GREENSTEEL prévoit deux fours à arc, une unité DRI d’abord au gaz puis à l’hydrogène vert, un minimill MI.DA montant la capacité vers jusqu’à 4 Mt/an, et 180 MW de solaire + 20 MW d’éolien sur site — schéma détaillé aussi dans le projet européen SteelCityZen. Liberty annonce jusqu’à environ 80 % de réduction du CO₂ par tonne après bascule vers l’électrique, puis des émissions « quasi nulles » avec l’hydrogène vert (page GREENSTEEL) — or la presse roumaine indique en juin 2025 que le capex « Greensteel » est en pause faute de visibilité financière, tout comme le calendrier annoncé de fermeture du haut fourneau (Romania Insider). Le bilan physique éclipse le discours climat : 457 000 t produites sur deux ans récents, contre 7,8 Mt en 1988 sur la plateforme (Romania Insider). Nous n’avons pas trouvé de rapport CSRD ou de déclaration climat dédiée, publique et datée, pour l’entité roumaine seule ; le lecteur climat ne dispose donc guère que des communications groupe et des dossiers de projet. Pour cadrer le secteur, la sidérurgie reste massivement charbon‑dépendante à l’échelle mondiale, rappelle Connaissance des Énergies ; les trajectoires techniques (DRI, arc, hydrogène) sont documentées côté français dans les travaux ADEME sur la filière acier — pertinents pour juger la cohérence du storytelling Galați, pas pour valider son exécution.
3. Innovations / partenariats
Le paquet EAF + DRI + MI.DA + EnR est aligné sur la voie industriellement crédible que décrit aussi l’Europe dans le plan d’action acier et métaux publié en mars 2025. Localement, Interreg Danube met Liberty Galați en avant comme levier de résilience régionale dans SteelCityZen. Dans le paysage concurrent ArcelorMittal, un retrait de subventions hydrogène en Allemagne (ordre de 1,3 Md€ évoqués) illustre que les mêmes technologies ne se déploient pas au rythme des communiqués (ArcelorMittal) — utile pour relativiser tout calendrier « gaz puis H₂ » à Galați.
4. Greenwashing / zones grises
Le tandem « −80 % » et « hydrogène puis quasi zéro » (Liberty Steel) bute sur un plan milliardaire mis en veille selon la presse (Romania Insider) : écart typique entre narratif climat et solvabilité. En novembre 2025, perquisitions et instruction visent détournement, fraude fiscale et échanges de quotas carbone avec notamment Gazprom, sur la base d’opérations intra‑groupe d’environ 300 millions d’euros (2019‑2023) jugées fictives ; Liberty se dit conforme et coopère (Romania Insider, parquet). Quand les certificats CO₂ deviennent l’objet d’un dossier pénal, la légitimité ESG du site saute avant le prochain bilan. Par ailleurs, DRI au gaz et haut fourneau relancé maintiennent une exposition fossile et au prix du carbone tant que les fours électriques et l’électricité décarbonée ne sont pas amortis — tension que souligne aussi la note France Stratégie sur signaux comptables et compétitivité.
5. Positionnement stratégique
Pour Bucarest, l’aciérie est un levier souverain (défense, infrastructures, voisinage ukrainien) — thème explicitement mis à l’avant dans la stratégie de sortie de crise évoquée par l’avocat mandaté (Romania Insider). Mais la recomposition capitalistique (offres médianes sur l’outil, vente d’actifs négociée côté État-créancier, 1 197 créanciers dont l’État via Eximbank et l’administration fiscale) impose un avenir incertain (Romania Insider, cision sur le démembrement). Sur le plan bruxellois, les Plans de transition sectoriels portés par l’ADEME prétendent justement donner un cadre à ce type d’investissements lourds ; Galați en est l’inverse miroir : beaucoup de story, des engagements publics massifs, et encore peu de charnière industrielle verte opérationnelle à hauteur des objectifs affichés.
Verdict WattsElse
À Galați, l’acier « vert » est encore un effet spécial : en coulisses, le feu du haut fourneau et celui du parquet partagent le même budget d’oxygène stratégique. L’outil reste indispensable à la Roumanie ; la transition, elle, n’est pas encore au four — elle est au tribunal.
Sources : fr.wikipedia.org · romania-insider.com · zf.ro · emis.cn · libertysteelgroup.com · libertysteelgroup.com · interreg-danube.eu · romania-insider.com · connaissancedesenergies.org · librairie.ademe.fr · rabobank.com · corporate.arcelormittal.com · mpublic.ro · strategie-plan.gouv.fr · romania-insider.com · ademe.fr
Données clés
- Fondée
- 1966
- Effectifs
- 5 183 (2018)
- CA
- 1.1 Md€ (2018)
Identifiants publics
- Wikidata
- Q4687001
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