Baelz
Maison allemande centenaire, Baelz vend l’efficacité là où l’industrie brûle encore trop pour rien : régulation vapeur, transfert thermique, puis — via sa filiale BS Nova — remontée de chaleur « basse température » que personne ne sait valoriser.
À propos de Baelz
1. Modèle économique
Le groupe se présente comme entreprise familiale active depuis 1896 autour de composants et systèmes pour l’industrie et le bâtiment : efficacité énergétique, eau chaude, vapeur, équipements d’appoint (présentation corporate). L’offre historique (automatisation, échange, éjecteurs) nourrit un portefeuille B2B d’équipementiers et d’intégrateurs ; la couche « innovation » visible de l’extérieur passe surtout par BS Nova Apparatebau GmbH, fabricant d’appareils volumineux et d’transformateurs de chaleur à absorption (récupération de chaleur fatale), avec un site dédié (BS Nova).
Les comptes consolidés du groupe ne sont pas, selon les éléments disponibles, publiés en open data de façon exploitable pour une PME allemande non cotée. Les bases commerciales divergent fortement : un annuaire type Clodura évoquait un effectif d’environ 50 personnes et une fourchette de CA large, tandis qu’ZoomInfo indiquait en parallèle un ordre de grandeur d’~8 M$ de chiffre d’affaires et ~145 salariés — signe qu’il faut traiter ces chiffres comme estimations d’agrégateurs, pas comme bilan certifié.
2. Impact réel
Le levier climat annoncé est la réduction de l’énergie primaire en réutilisant une part de la chaleur perdue : sur sa page « waste heat », Baelz rappelle qu’une part très large de l’énergie industrielle peut partir en pertes souvent sous 130 °C, donc difficile à réemployer sans technologie d’upgrade (même source). Le transformateur à absorption visé dans le projet Indus3Es (H2020) doit, selon la fiche projet, récupérer et revaloriser environ 50 % de cette chaleur basse température (fiche Indus3Es) ; Baelz/BS Nova revendiquent côté marketing un COP de 0,5 pour cette montée en température (argumentaire Baelz).
À l’échelle UE, le coordinateur du projet PUSH2HEAT cite un ordre de grandeur sectoriel : le potentiel des PAC haute température pourrait représenter une part majeure de la chaleur de procédés et jusqu’à ~146 Mt CO₂/an d’évitement théorique à terme — chiffre macro issu du discours de projet sur la page OST, pas un bilan carbone publié par Baelz. Pour le contexte politique français, l’ADEME insiste sur le rôle des PAC dans la décarbonation (y compris au-delà du résidentiel) : cela cadre le marché sans attester d’un impact mesuré spécifique à Baelz.
3. Innovations / partenariats
BS Nova est bénéficiaire direct de grands projets européens : ~537 k€ de contribution nette UE sur Indus3Es et ~683 k€ sur PUSH2HEAT (Horizon Europe), avec démonstrations industrielles visant des températures de livraison de l’ordre de 90–160 °C (objectifs CORDIS ; calendrier 01.10.2022 – 30.09.2026). Le consortium réunit fabricants, sites pilotes (papier, agro, etc.) et organismes de recherche ; la fiche CORDIS budgette ~9,74 M€ de coût total de projet et ~7,84 M€ de contribution UE pour l’ensemble du consortium (même fiche).
Sur le plan techno-économique, un livrable du projet — carte techno-économique juillet 2024 — situe des ROI inférieurs à quatre ans pour certaines configurations de PAC ~1 MW en Allemagne/Italie selon leurs hypothèses, ce qui alimente le récit « bankable » des industriels.
4. Greenwashing / zones grises
Dépendance aux financements publics : la trajectoire « breakthrough » sur l’absorption est visiblement structurée par H2020 puis Horizon Europe ; la question reste ouverte du run-rate commercial une fois les démos terminées, surtout pour une PME intégrée à un groupe familial.
Risque réglementaire sur les fluides : les PAC « électromécaniques » industrielles s’appuient souvent sur des fluides soumis au paquet F-gaz / débats PFAS ; l’enquête NDR/WDR via Tagesschau a documenté les tensions sur ces interdictions potentielles. Le discours Baelz sur eau + bromure de lithium (page technique) se lit aussi comme pari de différenciation face à cette incertitude — utile, mais à ne pas confondre avec une neutralité carbone « acquise » sans données d’usage réel publiées.
Transparence RSE : aucun rapport RSE/CSRD ou page « investisseurs » fournissant des indicateurs extra-financiers audités n’a été identifié en accès direct sur le périmètre consulté du site ; l’empreinte dépend donc surtout des claims produit et des projets subventionnés, pas d’une comptabilité climat ouverte.
5. Positionnement stratégique
Baelz joue la carte longue durée industrielle (vapeur, fiabilité) tout en poussant BS Nova au cœur de la valorisation de chaleur fatale, alignée avec la réduction de la demande en chaleur fossile portée par le Pacte vert et les plans nationaux — y compris, côté France, l’électrification et les PAC évoquées dans les communications ADEME (exemple). Le signal le plus net reste institutionnel : budgets CORDIS, partenaires académiques et industriels, et une fenêtre 2022–2026 où le marché observera si les démonstrateurs se traduisent en carnet de commandes.
Verdict WattsElse
Baelz n’est pas une start-up qui « disrupte » pour le slide-deck : c’est un équipementier qui recycle son savoir-faire vapeur en ingénierie thermique, avec une couche EU qui paie aujourd’hui une partie du risque technique. La suite se jouera après septembre 2026, quand il faudra prouver que la chaleur fatale remontée vaut plus que les subventions qui l’ont portée — et que le cadre PFAS/F-gaz n’a pas déjà redistribué les cartes entre absorption et PAC classiques.
Sources : baelz.de · baelz.de · baelz.de · bsnova.de · clodura.ai · zoominfo.com · cordis.europa.eu · cordis.europa.eu · ost.ch · ademe.fr · push2heat.eu · beta.tagesschau.de
Données clés
- Fondée
- 1896
- Siège
- Heilbronn, Germany ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q105529063
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Cpi Henan Power Limited Co
* Sous le nom commercial international Cpi Henan Power Limited Co*, l’opérateur provincial du SPIC dans le Henan affiche déjà près de la moitié de ses capacités en « énergies propres » — mais le reste, très charbon-gaz, reste la colonne vertébrale de la chaleur urbaine.
Voir la ficheTeam for the Planet
Holding « à but non lucratif » née du crowdfunding citoyen, Team for the Planet a bâti un récit rare : 100 innovations mondiales, licence ouverte, « dividendes climat ».
Voir la ficheGeneradora Sol Soliv SpA
Elle incarne la mutation industrielle du Chili — petits générateurs distribués, puis parcs plus puissants et stockage massif — mais vit désormais au rythme des pertes d’énergie sur le réseau et des projets de réforme qui visent son modèle de prix.
Voir la fichePetrolimex
Distribuer près de la moitié du mazout et de l’essence du Viêt Nam tout en préparant l’après-carburants : tel est le pari contradiction de Petrolimex (PLX), groupe pétrolier national où l’État et un actionnaire japonais pèsent ensemble près de 90 % du capital.
Voir la ficheCopenhagen Infrastructure Partners (CIP)
L’image est celle d’un bulldozer financier : fonds empilés, pipeline gigantesque, emprise sur des actifs physiques.
Voir la ficheKaracadağ Solar Elektrik Ürt. A. Ş.
Une société anonyme au nom quasi générique, accrochée à l’étiquette géographique la plus brûlante du solaire turc : Karacadağ.
Voir la ficheEOLICA MONTESINOS S.L.
En Castille-La Manche, sous un nom peu brandé mais bien documenté, EÓLICA MONTESINOS SL tient une mini-ligne comptable et un actif physique nettement au-dessus de sa taille d’entreprise : un parc éolien historique, désormais mâtiné par un volet solaire où se joue la granularité environnementale.
Voir la ficheGrönhult Wind AB
Le parc côté Grönhult Wind AB incarne l’éolien terrestre suédois à méga-turbines : électricité réelle pour des dizaines de milliers de foyers, mais une coque juridique qui vit au rythme des marchés de l’énergie et du refinancement.
Voir la ficheParque Eólico Cabo Leones I
À Freirina, 175,5 MW de turbines tournent dans l’une des zones les plus ventées du Pacifique sud — mais le compteur « vert » du parc se heurte à la réalité du réseau et à la tempête autour de ses co-actionnaires.
Voir la fichePCCELL GMBH
Pendant que l’actualité fracasse tout ce qui dit « cell » et « énergie », un « PC » allemand vit d’ions, de membranes et de cuves de rinçage qu’il faut moins jeter.
Voir la ficheTata Steel UK
La sidérurgie britannique se joue à Port Talbot : blast furnaces arrêtés, importations de métal en attendant un four électrique géant, et un pacte État–Tata à 1,25 milliard de livres qui mélange décarbonation affichée et casse sociale documentée.
Voir la ficheAtlas Copco (United States)
Atlas Copco n’est pas une start‑up du PowerPoint vert : c’est un équipementier lourd qui vit de machines tournant souvent à l’électricité…
Voir la ficheUniversity of Bradford
Université publique de recherche du Yorkshire occidental (Angleterre), l’Université de Bradford ne vend pas du courant : elle relève pourtant « Autres énergies » au sens WattElse tant que chauffage, réseaux et divestissement constituent un socle techno‑patrimonial.
Voir la ficheANU
Trois lettres, trois mondes : prénom recensé dans des bases lexicales ouvertes, université australienne citée par erreur dans certaines fiches, et un opérateur qui se présente comme fonds d’infrastructure sur les énergies « multiples ».
Voir la fichePLN-South&South East Sulawesi Regional Unit
Face au boom industriel et aux centrales captives au charbon, l’unité régionale de PLN qui pilote le Sud et le Sud-Est de Sulawesi (zone « Sulselrabar », élargie administrativement au Sulawesi occidental) joue un double jeu : porter un mix affiché à quasi moitié renouvelable tout en commercialisant massivement des certificats verts pour les grands comptes.
Voir la ficheRNG AO
RNG n’est ni une cote boursière californienne ni un vague sigle : c’est un producteur pétrolier et gazier de Sibérie orientale, centré sur les blocs Est du gisement de Srednebotuobinskoye, en République de Sakha, à proximité de l’oléoduc ESPO et du gazoduc Force de Sibérie.
Voir la ficheYinka Dene Alliance
Ce n’est ni une supermajor ni une junior boursière : la Yinka Dene Alliance fut une coalition de Premières Nations du nord de la Colombie-Britannique, forgée pour bloquer l’oléoduc Enbridge Northern Gateway — puis dispersée quand le projet a été enterré en 2016.
Voir la ficheUNIVERSITAT BASEL
L’Université de Bâle — plus ancienne haute école de Suisse — publie des objectifs −35 % d’ici 2030 tout en voit rebondir sa consommation et ses émissions après la pandémie.
Voir la fichePetroVietnam Technical Services Coporation
Sous bannière "énergie", PTSC avance sur deux jambes qui ne vont pas au même rythme.
Voir la ficheIntegrated Coal Mining (ICML)
Integrated Coal Mining Limited n’est pas une « pure player » du solaire : c’est la mine captive de Sarisatolli qui nourrit les besoins thermiques de CESC, avec un panneau photovoltaïque de 9 MW en Gujerat pour décorer la transition.
Voir la ficheQ Energy Solutions SE
Producteur européen d’énergies renouvelables qui vend ses projets plus vite qu’il ne produit l’énergie, parfait pour la stratégie "transition en attente".
Voir la fichePerusahaan Gas Negara
À Jakarta, PT Perusahaan Gas Negara Tbk (PGN, ticker PGAS) incarne le paradoxe d’un distributeur de gaz « national » : les comptes du premier trimestre 2026 célèbrent marges et volumes, pendant qu’à Java Est les industriels subissent des allocations qui plafonnent parfois à 43–68 % des volumes contractuels.
Voir la ficheMagREEsource
Start-up grenobloise qui recycle les aimants permanents à base de terres rares pour une souveraineté européenne recyclée… à base d’hydrogène vert. Ironie magnétique ?
Voir la fiche