Baker Hughes
Cotée à Houston et présente dans la chaîne d’approvisionnement mondiale en hydrocarbures, Baker Hughes engrange des résultats industriels solides tout en poussant hydrogène, captage du carbone et refroidissement pour data centers.
À propos de Baker Hughes
1. Modèle économique
Baker Hughes est une « energy technology company » à deux grands piliers : l’Oilfield Services & Equipment (OFSE) — services et équipements en amont pétrole et gaz — et l’Industrial & Energy Technology (IET) — turbines, compression, équipements gaziers et industriels. Sur l’exercice 2025, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 27,7 milliards de dollars, stable d’une année sur l’autre, avec 29,6 milliards de dollars de commandes et un RPO (carnet) record de 35,9 milliards de dollars, dont 32,4 milliards côté IET (résultats 2025). La rentabilité suit : EBITDA ajusté annuel d’environ 4,8 milliards de dollars (+5 %) et flux de trésorerie libre d’environ 2,7 milliards de dollars, au plus haut selon la direction (même source). L’effectif est de l’ordre de 56 000 collaborateurs (rapport d’activité numérique). La géographie précise du siège opérationnel n’est pas le cœur du dossier : l’essentiel est l’exposition mondiale aux cycles LNG, infrastructures gazières et production pétrolière, avec une part importante du carnet IET rattachée aux technologies gaz (équipements et services gaziers cumulés à 27,7 milliards de dollars de RPO IET fin 2025, détail donné dans le communiqué résultats 2025).
2. Impact réel
Côté bilan carbone opérationnel, le groupe met en avant une baisse de 39,5 % de l’intensité des émissions Scope 1 et 2 par rapport à 2019 et une réduction absolue de 29,3 % sur 2019–2024, ainsi que 560 analyses de cycle de vie menées via l’outil FastLCA en 2024 (communication RSE 2024). Ces progrès concernent surtout l’empreinte des opérations propres, pas celle des combustibles vendus ou brûlés par les clients : or l’essentiel de l’activité reste la fourniture d’équipements et de services qui facilitent l’extraction, le transport et la liquéfaction du gaz. Dans un paysage français où la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles et à transformer le mix gazier, l’offre Baker Hughes apparaît donc à la fois techniquement utile pour la flexibilité court terme et structurellement tensionnée avec une trajectoire nationale de décarbonation. Aucun lien public direct avec l’ADEME n’a été identifié dans cette veille ; l’agence reste néanmoins le repère des scénarios et coûts des filières bas-carbone en France, utiles pour juger tout discours « transition » d’un équipementier gazier.
3. Innovations / partenariats
Le rapport annuel 2024 souligne une dynamique « New Energy » (hydrogène, CCUS, géothermie) avec plus d’un milliard de dollars de commandes en 2024 et une croissance forte de l’EBITDA ajusté (rapport annuel 2024). Côté M&A, l’accord pour racheter Chart Industries — valorisation d’entreprise 13,6 milliards de dollars, clôture visée mi-2026 — vise à densifier la présence sur GNL, hydrogène, captage du CO₂ et refroidissement critique (communiqué d’acquisition). Sur le terrain français, CGG et Baker Hughes ont annoncé en 2024 un protocole pour co-développer des offres en captage-stockage du carbone (Connaissance des Énergies). Vallourec et Baker Hughes ont signé en février 2026 un mémorandum sur le stockage souterrain d’hydrogène intégrant la solution Delphy et la compression Baker Hughes (communiqué Vallourec). Les centrales géothermiques ORC (cinq sites, 300 MW aux États-Unis) illustrent une diversification réelle hors pétrole classique (annonce géothermie). Pour le pilotage des data centers, le groupe vise 3 milliards de dollars de commandes sur 2025–2027 dans sa présentation macro IET (présentation investisseurs). *Aucun article récent dédié n’a été repéré sur GreenUnivers ou Énergie & Stratégie dans la recherche effectuée ; le décryptage hydrogène de l’IFPEN aide à situer les promesses industrielles dans le débat français.*
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque réside dans un écart narratif : le discours « transition » et « IA / data centers » peut masquer la persistance d’un modèle tiré par le GNL et le gaz, alors que le RPO IET reste massif sur les segments « Gas Technology » (résultats 2025). La société assume dans son formulaire 10-K 2024 que un ralentissement de la transition ou une perception ESG défavorable des technologies fossiles peut pénaliser la rentabilité des investissements bas-carbone et exposer à des contentieux climatiques. Les filières hydrogène et CCUS portent en outre le risque classique de solutions « prêtes pour le futur » qui prolongent aujourd’hui des actifs gaziers rentables — tension bien documentée dans les débats sur l’hydrogène et la sortie des fossiles dans la PPE 3.
5. Positionnement stratégique
Baker Hughes joue la carte d’industrialiste de la chaîne gazière mondiale tout en montant en puissance sur électricité, refroidissement et vecteurs moléculaires. La direction vise une marge IET à 20 % et une croissance d’EBITDA ajusté en moyenne chiffre unique en 2026, avec des commandes IET « organiques » maintenues à un niveau élevé (résultats 2025). L’acquisition Chart et les accords hydrogène / CCUS sont les leviers pour élargir l’adresseable market ; dans le même temps, les méga-contrats gaziers et GNL restent le socle du carnet — ce qui place le groupe au cœur de la contradiction entre sécurité d’approvisionnement court terme et alignement long terme avec des budgets carbone nationaux.
Verdict WattsElse
Baker Hughes est devenu un fournisseur d’infrastructures critiques pour un monde encore très gazier ; sa « transition » est réelle sur le papier R&D et les commandes « New Energy », mais économiquement, le souffle vient encore du GNL. En une formule : moteurs bas-carbone sur une coque LNG.
Sources : investors.bakerhughes.com · bakerhughes.com · bakerhughes.com · economie.gouv.fr · ademe.fr · bakerhughes.com · investors.bakerhughes.com · connaissancedesenergies.org · vallourec.com · bakerhughes.com · investors.bakerhughes.com · ifpenergiesnouvelles.fr · bakerhughes.com
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