Jiangxi Datang International Fuzhou Power Generation Co Ltd
À Linchuan (Fuzhou, Jiangxi), pas à Fuzhou du Fujian : là siège Jiangxi Datang International Fuzhou Power Generation Co Ltd, coentreprise où Datang International détient 51 % et EDF 49 %.
À propos de Jiangxi Datang International Fuzhou Power Generation Co Ltd
1. Modèle économique
La société vit de la vente d’électricité produite par une centrale 2 × 1 000 MW au charbon, technologie USC, mise en service décembre 2015 et avril 2016 selon la présentation officielle du partenaire français (centrale charbon Fuzhou). Global Energy Monitor rattache le site à Qingni, dans le district de Linchuan, et confirme la structure capitalistique 51 % / 49 % (fiche centrale Fuzhou).
La suite du cycle d’investissement repose sur une extension de 2 × 1 000 MW annoncée en construction avec une entrée en service visée en 2027 selon la même fiche (fiche centrale Fuzhou) ; la démarche d’évaluation d’impact environnemental de la phase II a fait l’objet d’une concertation publique relayée en octobre 2024 (avis EIE phase II).
Sur le périmètre consolidé du groupe coté Hong Kong, Datang International affiche pour 2024 un chiffre d’affaires de 123,47 milliards RMB (+0,86 %) et un résultat net de 4,54 milliards RMB (+215 % après une année 2023 déficitaire), avec actifs totaux de 322,62 milliards RMB au 31 décembre 2024 (rapport annuel 2024). Le chiffre d’affaires et les effectifs propres à la filiale jiangxiéenne ne sont pas isolés dans ces communiqués grand public : il faut donc raisonner au niveau de l’actif physique et des flux énergétiques plutôt que sur des comptes sociaux exhaustifs accessibles en ligne.
2. Impact réel
À l’échelle du site, l’impact climatique majeur est mécanique : production à partir du charbon sur une base déjà 2 GW, avec perspective 4 GW si la phase II suit le calendrier indiqué (fiche centrale Fuzhou). EDF met en avant un rendement d’environ 44 % contre 35 % pour une filière charbon classique et une réduction relative des polluants atmosphériques (centrale charbon Fuzhou) ; une fiche technique sectorielle cite une efficacité de désulfuration du SO₂ ≥ 99 % et du NOx ≥ 90 % sur les unités 1 et 2 (article MET).
Ce gain de performance ne supprime pas les émissions de CO₂ ; il les conditionne à une combustion fossile intensive. Pour un lecteur français, le contraste avec la sortie programme du charbon électrique (calendrier politique et technique documentés au niveau national, avec reports et arbitrages sécurité d’approvisionnement) est saillant (note Cour des comptes sur l’arrêt du charbon). Plus largement, les synthèses françaises sur le paradoxe chinois — production parfois sous tension alors que le parc de capacités continue de croître — fournissent le décor macro dans lequel s’inscrit ce doublement (article CdE sur le paradoxe du charbon).
3. Innovations / partenariats
Le socle technologique est l’ultra-supercritique présenté comme levier d’efficacité énergétique et de maîtrise des émissions locales (centrale charbon Fuzhou). Côté ingénierie et montage de la phase II, la presse industrielle a relayé l’attribution d’un contrat EPC au groupe GEDI pour le projet charbon de Fuzhou (dépêche Industrial Info).
Au niveau groupe, Datang met en avant une montée en puissance des capacités dites « propres » et des ajouts massifs d’actifs en 2024 (rapport ESG 2024), mais la filiale jiangxiéenne décrite ici reste structurée autour du charbon dans les sources specialistes citées.
4. Greenwashing / zones grises
La première tension est arithmétique et datée : Datang indique 40,37 % de capacité « clean energy » à fin 2024 (+2,62 points sur un an) dans son rapport de durabilité (rapport ESG 2024), alors que le rapport annuel 2024 du même groupe mentionne 6 700 MW de nouvelles capacités dont 2 594,2 MW au charbon au titre de l’exercice (rapport annuel 2024). Ce décalage entre narratif « transition » et investissement charbon net au périmètre groupe nourrit un risque de communication asymétrique lorsque l’on zoome sur Fuzhou, où la phase II ajoute encore 2 GW de thermalité fossile (fiche centrale Fuzhou).
Pour EDF, la documentation réglementaire du groupe sur les actifs thermiques et les tests de valeur à l’international rappelle que les participations dans ce type d’infrastructures s’inscrivent dans un environnement de politiques climatiques mouvantes (document de référence 2024) — ce qui pose la question de la valorisation résiduelle d’un parc charbon en expansion au milieu des années 2020. Enfin, la procédure chinoise d’évaluation environnementale de la phase II (octobre 2024) officialise les débats sur les externalités locales — eau, rejets thermiques, acceptabilité — sans les résoudre dans l’instant (avis EIE phase II).
5. Positionnement stratégique
Pour Datang International, Fuzhou incarne un actif rentable dans un marché où le groupe a rebondi fortement en 2024 après une année difficile (rapport annuel 2024) ; pour EDF, il s’agit d’un ancrage historique dans la filière thermique chinoise présenté sous l’angle de l’excellence USC (centrale charbon Fuzhou). Stratégiquement, le pari consiste à tirer encore du charbon haute performance pendant que la métrique groupe affiche une progression des capacités « vertes » (rapport ESG 2024), dans un pays où la critique académico-médiatique souligne la persistance des nouvelles lignes charbon malgré la montée des renouvelables (article CdE sur le paradoxe du charbon).
Verdict WattsElse
Ici, le « propre » du USC sert de légitimation industrielle à un verrouillage fossile documenté : deux gigawatts de plus sur la même ligne, avec une fenêtre de mise en service 2027 qui confronte directement les discours européens de sortie du charbon (fiche centrale Fuzhou, note Cour des comptes sur l’arrêt du charbon). À Fuzhou du Jiangxi, l’efficacité ne fait pas la neutralité : elle la retarde avec des turbines.
Sources : china.edf.com · gem.wiki · m.bjx.com.cn · investegate.co.uk · met.net · ccomptes.fr · connaissancedesenergies.org · industrialinfo.com · mma.prnewswire.com · edf.fr
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