Éolien

Mainstream Renewable Power

Développeur d’éolien et de solaire à gros gabarit, Mainstream Renewable Power a longtemps incarné l’agressivité des pure players sur le marché mondial.

*Pure player mondial bilan norvégien fractures chiliennes*

À propos de Mainstream Renewable Power

1. Modèle économique

L’offre, en interne, est celle d’un intégrateur de la chaîne développement – ingénierie – construction – exploitation d’actifs colaires et éoliens, avec une forte dépendance au financement de projets et aux tarifs, PPAs ou enchères locaux. Au 30 juin 2024, le groupe publicise plus de 3 milliards d’euros de financement de projets levé, un pipeline net de 24,8 GW (dont environ 1 GW en exploitation, 0,3 GW en construction), sur un portefeuille brut annoncé de 35 GW (page investisseurs). La structure capitalistique s’appuie sur deux piliers : Aker Horizons et Mitsui, arrivés dès 2021–2022 (annonce d’équity Aker 2021, présentation reprise d’Mitsui 2022). Le résultat en euros consolidé n’est pas celui d’une PME côtée : la presse irlandaise reprend les comptes d’Aker Mainstream Renewables en signalant pour 2024 une perte nette d’environ 325 M€, un Ebitda de −20 M€ (amélioration par rapport à −138 M€ en 2023), et des postes d’amortissements liés notamment au Chili (Irish Times, fév. 2025). Fin 2025, le même titre évoque des pertes cumulées de l’ordre de 1,2 Md€ pour la plateforme, avec fermeture du siège de Dublin (Irish Times, nov. 2025). Aucun chiffre d’affaires annuel fiable n’est retenu ici : l’entité n’est pas une collecte publique type Euronext ; seules des estimations d’agrégateurs circulent, sans base comptable vérifiable par le grand public. Dans le même élan, le groupe a cédé 675 MW en Colombie à Celsia, marquant une sortie du pays et un recentrage opérationnel (vente en Colombie) ; parallèlement, de nouveaux dispositifs de trésorerie ont été finalisés au printemps 2025, dans la foulée d’un contexte d’injection de liquidités (annonce "New funding arrangements").

2. Impact réel

Côté MWh bas-carbone, l’intérêt est massif dès qu’un gigawattheure est injecté sur le réseau, mais l’empreinte dépend beaucoup du pays, du parc et de ce que remplace l’électricité : au Chili, la plateforme Andes Renovables reste l’enjeu central de la comptabilisation, avec restructuration de dette des portefeuilles sur fond de choc de marché électrique (évoqué dans le rapport de durabilité 2023). Par rapport à la France, où la PPE3 et les cibles d’éolien en mer structurent l’agenda public (projet de PPE3, concertation 2024), Mainstream n’apparaît pas comme un acteur central des enchères ou grands opérateurs hexagonaux : son impact "mondial" se lit d’abord en Afrique du Sud, en Australie, en Manche du Nord ou en Amérique latine — le contraste avec l’observatoire public sur les enjeux de paysage en mer, type Fécamp illustre l’écart d’échelle entre l’arbitrage d’un développeur global et le débat territorial français. Aucun MWh évité consolidé fiable n’a été retenu faute d’extraction complète des PDF 2023–2024 dans cet exercice. Pour le gros du secteur éolien offshore, un cadre d’ensemble (coûts, tendances) est néanmoins documenté côté revues sectorielles reprises par Connaissance des énergies (Global Offshore Wind Report).

3. Innovations / partenariats

Offshore : le consortium autour d’un vaste lot australien a obtenu en 2024 une licence de faisabilité sur 2,5 GW d’éolien en mer (communiqué Australie). Côté européen, Mainstream a associé sa vision au segment flottant (partenariats de type Ocean Winds sur les Shetland, project Arven porté à 2,3 GW d’ambition, selon la chronique du groupe) ; en Suède, le projet Mareld (éolien flottant 2,5 GW) a avancé sur le volet Natura 2000 en 2025 (permis Mareld, mars 2025). Solaire : clôture financière sur 97,5 MW en Afrique du Sud avec PPA corporate (Sasol / Air Liquide) (clôture Afrique du Sud). Côté gouvernance exécutive, Julie Berg, ex-CFO, est désignée CEO avec effet janvier 2026, le 4 décembre 2025, après le départ de Morten Henriksen (communiqué de nomination) — ce qui a valu au groupe un rappel presse d’une deuxième direction en moins d’un an (Renewables Now, déc. 2025). Le rapport semestriel Aker Horizons 2025 mentionne, dans la foulée, un soutien actionnaire et la fusion avec l’entité mère, confirmant l’enracinement à Oslo.

4. Greenwashing / zones grises

Discours "pure-play" : la communication insiste sur le hors-fossile intégral, alors que l’histoire opérationnelle mélange cure de rentabilité, coupures géographiques (Colombie) et dépréciations d’actifs au Chili (de l’ordre de 890 M€ cumulés depuis 2022, selon les communications Aker Horizons citées en presse spécialisée et reprises par l’analyse d’Irish Times, fév. 2025). C’est moins le faux-vert qu’un désalignement entre mégafon pipeline et capacité à convertir ce pipeline en marge, sans l’élastique du bilan actionnaire et d’Aker. Risque d’inflation narrative : les RSE/CSRD (sixième rapport 2023 structuré sur les métriques WEF) servent d’enveloppe, mais la tension reste le fonds perdu par pays et la dépendance aux règles PPA, réseau et liquidité locale — au Chili, le marché a forcé un nivellement que les fiches d’"impact" ne résument pas. Enfin, toute rumeur de revente d’Andes Renovables (démenties puis relancées par la presse) pose la question d’un basculement stratégique qui contredirait l’histoire "long-termer" (voir commentaires de marché en fév. 2025). Le Haut Conseil pour le climat a par ailleurs pointé, pour la PPE3, l’enjeu de qualité d’exécution des cibles (pas d’adéquation spécifique à Mainstream) (avis HCC, jan. 2025).

5. Positionnement stratégique

Dans l’annonce de nomination de la CEO, le groupe vise l’achèvement du programme d’optimisation de coûts et une reprise de croissance : le rapport de durabilité 2023 affichait déjà une réduction cible de la base de coûts de plus de 30% d’ici fin 2025 (rapport RSE 2023), en cohérence avec un "lean" imposé par la conjoncture. Géographiquement, l’enjeu est de stabiliser le socle (Chili, Afrique du Sud) tout en avançant sur l’offshore (Australie, Nord/Atlantique Nord) là où l’on peut encore emporter des partenaires industriels. Le déploiement d’infrastructures électriques mondiaux, tel que tracé par les rapports d’IRENA sur les coûts du renouvelable sur Connaissance des énergies, rappelle que gagner sur le LCOE n’empêche pas de perdre sur le risque de marché : c’est le paradoxe de Mainstream.

Verdict WattsElse

C’est un développeur de very large scale pris en étau entre courbes de coût vertueuses et effondrement de valeur en zone sensible : la transition y est matérielle autant qu’financée à coups d’actionnariat. Formule sèche : le vent tourne, le bilan, lui, a longtemps soufflé du bon côté des actionnaires, pas de celui des comptes.

Sources : mainstreamrp.com · mainstreamrp.com · mainstreamrp.com · irishtimes.com · irishtimes.com · mainstreamrp.com · mainstreamrp.com · mainstreamrp.com · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · infos.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · mainstreamrp.com · mainstreamrp.com · mainstreamrp.com · mainstreamrp.com · renewablesnow.com · akerhorizons.com · hautconseilclimat.fr · connaissancedesenergies.org

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