Banco Santander
Banco Santander n’est ni un producteur d’électricité ni un équipementier : c’est une banque espagnole) née en 1857, au Siège social à Santander (Cantabrie) tandis que la direction opérationnelle est à Boadilla del Monte.
À propos de Banco Santander
1. Modèle économique
Le groupe vit des revenus d’intérêts, de commissions et de services sur une base globale et retail : dépôts, crédits, paiements, gestion de fortune, banque d’investissement. En 2024, les revenus atteignent 62,2 milliards d’euros (+8 % ; +10 % en euros constants) et le résultat attribuable 12 574 millions d’euros (+14 %), avec 173 millions de clients et un encours de prêts d’environ 1 020 milliards d’euros (résultats annuels 2024). Côté tête de pont humaine, le rapport financier consolidé 2024 indique 206 753 salariés en fin d’exercice. La Corporate & Investment Banking capitalise sur la project finance et le conseil pour des infrastructures énergétiques — segment où Santander a pris une visibilité marquante en 2025.
2. Impact réel
Pour le climat, l’effet direct se mesure surtout au flux de capitaux : d’après le Sustainability Statement 2024, le groupe affirme avoir mobilisé 139 milliards d’euros de finance verte entre 2019 et fin 2024, avec un objectif 2030 de 220 milliards. Sur l’exercice 2025, un communiqué mars 2026 annonce 34 milliards d’euros alloués à la finance verte (+29 %) et 174 milliards levés ou facilités depuis 2019 (soit 79 % du plafond 2030), avec 16,8 GW de projets EnR *greenfield* financés ou conseillés (+65 % en un an) et 32,1 GW en *brownfield* (+14 %), capacités présentées comme pouvant couvrir l’équivalent de 15,5 millions de foyers. Le même document revendique une part de marché mondiale de 5,58 % sur le financement de projets EnR (source citée : Infralogic). À mettre en perspective avec l’Union européenne : la demande de crédits et produits étiquetés « verts » s’inscrit dans le durcissement du cadre de finance durable et de la taxonomie, qui structure ce que les banques peuvent appeler vert — sans garantir que le bilan carbone global du financement suive au même rythme.
3. Innovations / partenariats
Le 2025 est illustré par des opérations infra à très forte intensité EnR : le groupe met en avant son conseil sur le plus grand financement jamais obtenu en Pologne pour deux parcs éoliens en mer (clients Equinor et Polenergia) et son rôle de conseiller financier d’Origis Energy dans l’investissement Brookfield & Antin sur du solaire grande échelle avec batteries aux États-Unis (communiqué mars 2026). Côté bilans publiés, le statement 2024 mentionne encore 89 milliards d’euros d’actifs en ISR pour 2024, en retrait par rapport à un cap annoncé de 100 milliards, signal utile sur l’écart entre ambition marketing et exécution.
4. Greenwashing / zones grises
La tension centrale n’est pas symbolique : le rapport Banking on Climate Chaos 2025 attribue à Santander 17,3 milliards de dollars de financements fossiles en 2024, en faisant le premier financeur espagnol de l’expansion hydrocarbures — un chiffre à rapprocher des records EnR pour comprendre le double levier. BankTrack décrit en 2025 un assouplissement des politiques d’exclusion sur le corporate fossile, au risque de décrocher des engagements affichés vis-à-vis d’initiatives type Net Zero Banking Alliance (analyse BankTrack 2025). Des enquêtes presse ont par ailleurs documenté un bon d’environ un milliard de dollars pour PetroPerú après des promesses de désengagement vis-à-vis du pétrole en zones humides protégées (enquête TBIJ 2024), point que prolongent des classements ONG sur le pétrole amazonien (profil Banks vs the Amazon) et des investigations sur le soutien à l’agrobusiness Cresud au prisme déforestation (Global Witness 2024). Ce combo alimente le soupçon de greenwashing structurel : pas parce que les GW EnR seraient « faux », mais parce que la cohérence portefeuille reste contestée par des sources indépendantes — un débat public aussi résumé en France dans une dépêche commentée par Connaissance des énergies à partir de BOCC.
5. Positionnement stratégique
Santander joue volontairement la carte leader transactionnel EnR — 100 opérations en 2025, +22 % sur un an selon son communiqué citant Infralogic — car le PPE européen et la course aux fermes *utility-scale* génèrent une pipeline d’actifs lucrative pour la CIB. En parallèle, la régulation (CSRD, taxonomie, stress-tests climatiques) pousse à documenter trajectoires et expositions sectorielles ; les rapports ESG prudentiels publiés par la banque, dont l’IRP ESG Q2 2024, sont autant d’interfaces où promesses Net Zero 2050 et adhésion NZBA croisent la réalité des flux fossiles observés par des ONG.
Verdict WattsElse
Premier banquier mondial des projets EnR en 2025, Santander ne peut pas effacer 17 milliards de dollars de fossile recensés la même année par BOCC : c’est la même institution qui tient les deux boutons. Tant que pétrole, gaz et chaînes de déforestation resteront alimentés en capital, les gigawatts verts serviront aussi de paravent — pas de fin de l’histoire.
Sources : fr.wikipedia.org · santander.com · santander.com · santander.com · santander.com · agirpourlatransition.ademe.fr · finance.ec.europa.eu · bankingonclimatechaos.org · banktrack.org · thebureauinvestigates.com · banksvstheamazon.org · globalwitness.org · connaissancedesenergies.org · santander.com
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