Baosteel Zhanjiang I&S Co Ltd
À Donghai, près de Zhanjiang (Guangdong), la filiale Baosteel Zhanjiang Iron & Steel Co., Ltd.
À propos de Baosteel Zhanjiang I&S Co Ltd
1. Modèle économique
Le site est une acierie intégrée (fonte, réduction, affinage, coulée) structurée pour servir des marchés exigeants (tôles, aciers avancés), au sein du groupe Baoshan Iron & Steel (Baosteel). Selon Global Energy Monitor, la capacité nominale d’acier brut avoisine 14,3 Mt/an en 2026, avec une capacité de fonte d’environ 13,25 Mt/an incluant 1 Mt/an de DRI. L’électricité et la vapeur de process ne sont pas traitées comme un simple achat réseau : une centrale captive dédiée alimente le complexe (GEM, centrale Zhanjiang Baosteel), ce qui imbrique production d’acier et génération fossile locale. Côté maison mère, Mysteel rapporte pour 2025 un bénéfice net de 10,35 Md RMB (+40,5 %), pour un chiffre d’affaires de 317,51 Md RMB en léger recul (−1,4 %) — signal d’une dynamique de marge qui ne se lit pas mécaniquement sur la topline. Des éléments non consolidés au niveau de la seule filiale Zhanjiang (effectifs précis, CA spécifique) ne ressortent pas des sources publiques consultées ici.
2. Impact réel
Sur le climat, le tableau est double. D’un côté, le groupe communique des bains de chiffres pour la nouvelle voie « near-zero carbon » : mise en service le 23 décembre 2025 d’une ligne de 1,8 Mt/an, équipée notamment d’un four à arc et d’une filière hydrogène/métallurgie électrique selon SEAISI et CGTN, avec plus de 3,14 Mt de CO₂ évités par an annoncés en projection — à mettre au crédit des scénarios de référence utilisés par l’émetteur, pas d’une mesure terrain indépendante. De l’autre, la dépendance au charbon reste structurelle : la centrale captive est documentée comme 700 MW (2 × 350 MW) au charbon bitumineux, en service (GEM). Pour le lecteur européen, l’écart avec les trajectoires sectorielles « acier propre » évoquées par l’ADEME dans son plan de transition tient surtout au poids persistant du BF–BOF et de l’énergie fossile intégrée — leçon de système industriel, pas de slogan RSE.
3. Innovations / partenariats
Le site capitalise sur le premier gisement de DRI à l’hydrogène de l’ordre du Mt/an opérationnel fin 2023, détaillé par SEAISI — brique d’une stratégie NG-DRI → H-DRI selon les synthèses GEM. En amont de la ligne de décembre 2025, la validation HyRESP (« Hydrogen Metallurgy and Electric Smelting ») en conditions réelles est relayée par SEAISI. Sur le volet investissements, un grand projet EAF / aciérie électrique autour d’1,8 Mt/an, 5,2 Md RMB, a reçu une approbation EIA en 2024 (SteelRadar). En parallèle, la communication locale sur « smart manufacturing » et le réemploi des déchets solides (revendication 100 % côté encyclopédie) esquisse une modernisation numérique et matière (Baidu Baike).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal écart entre discours « zéro carbone » et réalité patrimoniale se lit en mégawatts : 700 MW de charbon captif toujours référencés comme opérationnels (GEM, 2026) cohabitent avec une ligne « near-zero » de 1,8 Mt/an — soit de l’ordre de 13 % de la capacité brute totale ~14,3 Mt/an (GEM + SEAISI/CGTN). Autre zone grise : l’empreinte du DRI dépend de la qualité carbone de l’hydrogène ; la fiche GEM insiste sur un carburant mixte gaz/hydrogène, ce qui rend non automatique l’étiquetage « vert » sans transparence sur les flux énergétiques réels (GEM). Enfin, Mysteel relie explicitement une partie du bond de profit 2025 aux politiques de renouvellement d’équipements et de « trade-in subsidies » : utile à court terme, cela interroge la durabilité du modèle si la demande acier reste frileuse malgré une topline en −1,4 %.
5. Positionnement stratégique
Baosteel Zhanjiang se pose comme laboratoire chinois de l’acier primaire « décarboné » au sens marketing officiel — calibré pour la compétition technologique intra-Baowu et pour les exportations futures sous contrainte carbone (CBAM, critères d’approvisionnement). La success story 2025 (ligne million-tonne, narrative HyRESP) tombe à pic alors que le groupe parent ajuste ses cadences et cibles sur la décennie — un environnement de surcapacité régulée plutôt que d’expansion aveugle (GMK Center sur le recalibrage des objectifs Baosteel). Prochaine lecture : jusqu’où la substitution BF peut aller sans basculer le mix hydrogène/électricité hors zone grise, et à quel rythme la centrale captive peut être marginalisée sans fragiliser le réseau vapeur.
Verdict WattsElse
Zhanjiang dit « hydrogène » et produit encore sous 700 MW de charbon en réseau fermé : c’est l’acier du XXIᵉ siècle en vitrine, avec le XXᵉ siècle en chaufferie.
Sources : gem.wiki · gem.wiki · mysteel.net · seaisi.org · news.cgtn.com · librairie.ademe.fr · seaisi.org · steelradar.com · baike.baidu.com · gmk.center
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