Baraka Shikalbaha Power Limited
Centrale « rapide et fiable » sur le papier, Baraka Shikalbaha Power Limited (BSPL) incarne la dépendance au fioul lourd du Bangladesh : un actif de 105 MW sous contrat public, encore bénéficiaire à l’échelle consolidée, mais inscrit dans un système électrique où la facture du pass-through combustible et les impayés de l’acheteur public deviennent le vrai…
À propos de Baraka Shikalbaha Power Limited
1. Modèle économique
BSPL est la filiale à 51 % de Baraka Patenga Power Limited, dans une structure capitalistique complétée par d’autres actionnaires ; le groupe présente la centrale comme un montage BOO (build–own–operate) avec PPA signé avec la Bangladesh Power Development Board (profil BSPL). L’entrée en service commercial remonte au 24 mai 2019 près de Kolagaon, Patiya, Chattogram ; la fin de contrat est couramment reportée au 24 mai 2034 (fiche projet). Sur l’exercice 2024-25, la maison mère indique un bénéfice net de 14,67 crores de taka pour BSPL (contre 41,63 crores pour l’autre grande filiale thermique du même bloc, Karnaphuli Power), lors d’une AGM où un dividende cash de 2 % a été entériné (compte-rendu d’AGM, revue de presse financière). Le chiffre d’affaires et l’effectif propres à BSPL, s’ils existent en annexe détaillée, ne ressortent pas clairement dans les extraits consultés ici : la lecture financière publique reste surtout celle de la holding et, en bourse, du Baraka Power Limited coté à Dacca.
2. Impact réel
Le site est présenté comme 100 % thermique au fioul lourd — aucune unité renouvelable intégrée sur ce périmètre (profil BSPL). L’empreinte climat n’est donc pas un « mix » à optimiser : c’est celle d’électricité fossile import-dépendante, avec intrants maritimes et logistiques lourds. Pour donner un ordre de grandeur familièrement comparable côté documentation française, les postes « fioul » des bases publiques de facteurs d’émission se situent dans les fourchettes élevées de g CO₂ éq / kWh caractéristiques des centrales liquides fossiles (documentation conventionnelle ADEME – Base Carbone) — ce n’est pas un alignement réglementaire : le Bangladesh n’est pas soumis à une programmation pluriannuelle de l’énergie européenne, mais l’écart de trajectoire avec les objectifs de sortie du fossile affichés dans l’Union européenne met en relief le risque de réputation et de coût d’opportunité pour les financeurs internationaux sensibles au climat.
3. Innovations / partenariats
Le cœur technique est industriel : six moteurs Wärtsilä au fioul lourd, dans une logique de flexibilité et de taux de chaleur mis en avant par l’équipementier lors de l’attribution du marché (communiqué Wärtsilä). Ce n’est pas de la « deep tech » verte : c’est du pilotable thermique, pensé pour tenir un réseau sous tension. La stratégie du groupe, côté investisseurs, évoque une diversification (dont solaire) au niveau du patrimoine global (espace investisseurs), distinct de l’actif Shikalbaha, qui reste un pôle HFO assumé.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier signal n’est pas « ESG marketing » mais comptes passés au crible de l’acheteur public : d’après une analyse interne de la BPDB relatée en presse en septembre 2024, BSPL aurait facturé un fret de plus de 43 dollars la tonne sur une importation d’environ 15 000 tonnes de fiole, avec des écarts sérieux par rapport à des références charbon à 13–14 dollars la tonne sur des navires de gabarit comparable (enquête BPDB relayée par *New Age*). Deuxièmement, la liquidité du secteur : la même actualité 2025 décrit des arriérés de la BPDB vers le privé de l’ordre de 200 milliards de taka, dont une tronçon « fuel oil » fréquemment cité autour de 60–70 milliards, avec impact sur banques et imports de combustible (reportage *Bonikbarta*). Troisièmément, côté notation « transparence ESG », un profil logiciel attribue à Baraka Power Ltd une note globale 2,6/10 et un volet environnemental à 1,3/10 en mai 2024 — indicateur à prendre pour ce qu’il est (méthodo commerciale), mais cohérent avec un portefeuille dominé par le fossile (fiche Sevva). Enfin, sur le titre coté Baraka Power Limited, un article boursier de mai 2025 mentionne une chute de 44,68 % de l’EPS sur un trimestre récent, matérialisant la volatilité du résultat quand les coûts et la demande bougent (*Business Mirror*) — signal de groupe, pas un isolant de filiale. Dans le même mois de décembre 2025, la presse financière locale relève une mise en garde d’auditeur sur la capacité à poursuivre l’activité après des échéances de contrats avec l’État dans la sphère Baraka Power (*Financial Express*) ; à recouper avec la date-butoir de PPA encore lointaine pour BSPL en 2034 (fiche projet), pour ne pas amalgamer entités juridiques.
5. Positionnement stratégique
BSPL reste un outil de pointe du réseau bangladais : puissance dépendable, contrat long, équipements Wärtsilä suivis en service. La question se déplace vers 2030-2034 : que paiera-t-on encore du kWh fioul quand les arriérés publics, la contestation des coûts logistiques et la pression climat monteront d’un cran ? Le groupe joue la carte diversification annoncée sur d’autres segments (investisseurs), mais Shikalbaha demeure le laboratoire d’un modèle IPP fossile sous PPA, à la merci de la santé financière de la BPDB.
Verdict WattsElse
BSPL, c’est le business case brutal du fioul quand l’État doit tenir la ligne électrique : des comptes de filiale encore verts en 2024-25, et des tensions rouges sur fret, impayés et gouvernance du risque systémique. La transition, ici, ne passera pas par un slogan : elle passera par ce qui se décide avant 2034 sur le prix du contrat et sur la solidité de l’acheteur.
Sources : barakapower.com · energytransitionbd.org · tob.news · tbsnews.net · prod-basecarbonesolo.ademe-dri.fr · ecologie.gouv.fr · wartsila.com · barakapower.com · newagebd.net · en.bonikbarta.com · sevva.ai · bmirror.net · today.thefinancialexpress.com.bd
Données clés
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