Beeldi
** Désireux de ne plus trancher sur des fichiers obsolètes, les gérants d’immeubles s’en remettent à des plateformes qui cartographient équipements, conformité et trajectoires d’investissement.
À propos de Beeldi
1. Modèle économique
Beeldi vend une Equipment Data Platform : abonnement logiciel (SaaS) et services d’accompagnement autour de la collecte, de la structuration et de l’exploitation des données techniques de bâtiments et d’actifs, pour le facility management, les bureaux d’études et les grands comptes immobiliers. Le communiqué de presse 2025 esquisse le mix : environ 60 % de l’activité côté mainteneurs, 40 % côté gestionnaires, avec des références nommées (Crédit Agricole Immobilier, Sudeco, Siemens, Workman Turnbull). L’échelle se mesure en surfaces centralisées : plus de 150 millions de m² recensés côté corporate fin 2025–2026, plus de 180 000 bâtiments et une équipe d’environ 40 personnes — chiffre cohérent avec les ronds-points « start-up en phase de scale » (Tracxn estime, pour comparaison, l’ordre de 8 à 10 M$ de financements cumulés et une trentaine de salariés en 2024, sans audit indépendant de ces totaux). Le chiffre d’affaires exact n’est pas public ; Capital Croissance plaçait récemment l’entreprise dans une fourchette indicielle 0–5 M€ avant les derniers grands sauts de croissance. Histoire de table de financement : 1,3 M€ en amorçage (2019–2020 selon les sources) puis 8 M€ en série A en novembre 2022 auprès notamment de MAIF Avenir, Citizen Capital et Starquest — le détail dette/équity varie selon la source (Journal du Net évoque une partie bancaire).
2. Impact réel
L’effet climat ne se lit pas en « tonnes évitées » publiées sur la page d’accueil : c’est d’abord un effet d’ordonnancement et d’arbitrage sur des parcs tertiaires soumis à des objectifs législatifs. Le tertiaire pèse une part marquante de l’énergie finale en France, et le dispositif Éco-Énergie Tertiaire (OPERAT, outil géré par l’ADEME) fixe le cadre : −40 % d’ici 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050, avec des déclarations qui couvrent une large partie du gisement assujetti. En 2025, Batinfo rapporte qu’en une année, la plateforme a « audité » 25 millions de m², soit plus de 2,5 % du parc tertiaire français retenu (réf. ministérielle tertiaire). C’est beaucoup pour un acteur unique, mais c’est de la connaissance d’inventaire et de suivi, pas un inventaire d’émissions vérifiées publié au pas de bâtiment. L’approche RSE documentée par le cabinet R3 (piliers, diagnostic Bpifrance) et le rapport RSE 2025 annoncé sur le site s’inscrivent plutôt dans la transparence d’entreprise et la gouvernance ESG de l’éditeur que dans une revendication carbone chiffrée type bilan scopes.
3. Innovations / partenariats
Le produit s’appuie sur l’automatisation des audits de terrain, OCR et “MIRO” — gain de productivité annoncé en fourchette 40 % à 60 % sur le traitement, selon les matériels de vente. Côté financement et gouvernance, la série A 2022 a ouvert un tour de piste côté impact (Citizen) et assurance (MAIF Avenir). L’accompagnement RSE R3 confirme la maturation sur les enjeux extra-financiers, et l’article Batinfo 2025 agit comme marqueur de vitesse : +105 % sur l’exercice, rentabilité atteinte dès septembre 2025 (soit un trimestre d’avance), objectif de +60 % en 2026.
4. Greenwashing / zones grises
D’abord le positionnement : Beeldi n’est pas inscrit sur la liste des logiciels d’audit énergétique “validés” par l’administration pour le volet DPE/audit réglementaire tel qu’arbitré en 2025 — ce n’est pas une condamnation, mais cela encadre ce que l’outil peut, ou ne peut pas, prétendre en face d’un audit de performance réglementaire. Deuxièmement, la corrélation au décret tertiaire et plus largement à la pression réglementaire PPE/Loi Climat rend le cycle d’affaires sensibles à tout assouplissement politique. Troisièmement, l’IA d’OCR : si la fiche moteur est mal lue, le plan d’action qui suit l’est aussi — d’où l’enjeu de relecture et de responsabilité partagée. Enfin, l’ancrage Engie/efficacité des fondateurs facilite la confiance côté FM historiques, avec le risque inverse d’une perception de filière “énergie d’hier” si la narration ne distingue pas assez data plateforme et offre d’espace d’énergie intégré.
5. Positionnement stratégique
En 2026, Beeldi s’inscrit dans un marché tertiaire où l’immobilier est sous pression de capes et d’arbitrage budgétaire : la promesse d’un référentiel unique, aligné sur le pilotage CPE, la conformité et l’inventaire d’actifs, vaut ce que valent l’adoption côté grand FM et l’inscription dans les comités d’investissement. Le signal le plus net reste économique : croissance à trois chiffres + rentabilité en 2025, dans un segment SaaS bâtiment concurrentiel, avec une capitalisation d’image côté RSE 2025 sur la durée.
Verdict WattsElse
Beeldi a raison de vendre l’opérationnel : sans donnée, pas d’OPEX, pas de CPE, pas de trajectoire 2030. Elle n’a pas intérêt à se présenter comme un DPE d’État. Sur un marché où le verdissement de façade est facile, la vraie couleur climat, c’est la traçabilité des GWh économisés quand, enfin, l’inventaire rejoint la facture. L’infrastructure invisible qui décide de l’OPEX.
Sources : beeldi.com · batinfo.com · tracxn.com · capitalcroissance.fr · greenunivers.com · maddyness.com · journaldunet.com · beeldi.com · r3.fr · beeldi.com · usine-digitale.fr · rt-re-batiment.developpement-durable.gouv.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
2CRSi
Serveurs haute performance, low energy, et une pincée de mondialisation sous contraintes écolo – la recette d’un French Tech qui ne dort jamais.
Voir la fiche360 Smart Connect
Intégrateur high-tech qui promet une "révolution numérique" en boostant la connectivité des entreprises… pour un monde toujours plus connecté, à défaut d'être toujours plus simple.
Voir la fiche8.2 France
Anciennement 8.2 France, la structure a vécu une dislocation marquante : le gros de l’activité d’audit technique (éolien, solaire) a rejoint Socotec Power Services en juin 2025, tandis que le conseil et l’ingénierie d’accompagnement cherchent un second souffle sous la raison sociale 8.2 Advisory, aujourd’hui ancrée à Bordeaux.
Voir la ficheABB (Canada)
Une filiale suisse cotée Zurich qui enfonce le clou dans l’Ontario nucléaire, consolide le sud de Montréal en usine géante et vend des briques climat aussi bien au gaz naturel qu’aux réseaux bas carbone — sans publier un chiffre d’affaires propre au Canada consolidé ligne à ligne dans les rapports monde.
Voir la ficheABB (Germany)
L’ABB présente au Sud de l’Allemagne n’est pas une start-up lithium : le groupe Zurich y déploie l’échelle du conglomérat (automatisme, forte électrification, automatisation industrielle).
Voir la ficheABB (Japan)
Le archipel pousse le Green Transformation à un rythme industriel élevé : ABB y vend surtout de l’électrification, des moteurs/variateurs et des solutions portuaires/maritimes.
Voir la ficheABB Ltd
ABB avance sur la bonne ligne de fracture de la transition: électrifier, automatiser, rendre l’industrie moins gourmande.
Voir la ficheABB (Norway)
Derrière le logo suisse, l’entité qu’il faut regarder ici est bien l’empreinte norvégienne d’ABB: une organisation pays multi-activités, dont les comptes publics les plus nets remontent à ABB Electrification Norway AS, tandis que les grands contrats climat passent par ABB in Norway au sens large.
Voir la fiche