BFH
Le sigle « BFH » piège les bases généralistes : à Munich et sous la date de 1950, vous tombez sur le Bundesfinanzhof, cour fédérale allemande de l’impôt — pas exactement un acteur de l’« Autres énergies ».
À propos de BFH
1. Modèle économique
La BFH n’est pas une entreprise industrielle : c’est une haute école financée par les pouvoirs publics (canton de Berne et Confédération), qui tire une part décisive de son activité de la formation et des prestations de recherche appliquée et de développement pour des tiers. À fin 2024, elle compte 7 925 étudiantes et étudiants et 2 884 collaboratrices et collaborateurs (1 919 équivalents plein temps). Les produits des fonds de tiers pour la recherche atteignent 54,9 millions de francs suisses en 2024, en hausse de 2,1 % par rapport à 2023 selon le même communiqué — une dynamique que le bilan présente comme un record après +37,7 % depuis 2020. Les 682 projets d’aF+E en cours donnent l’échelle du pipeline contractuel (mandats fédéraux, partenaires industriels, programmes d’innovation).
2. Impact réel
L’impact climat direct de la BFH se lit surtout à travers ce qu’elle permet au système électrique suisse : mesure des déploiements, sécurisation des technologies et alimentation du débat public. Le baromètre photovoltaïque 2025 estime à environ 1,8 GW la puissance de nouvelles installations raccordées en 2024 et porte à 65 GW le potentiel national (révision d’un plafond souvent mobilisé à 50 GW), en s’appuyant sur la montée de rendement des modules (17 % → 22 % sur dix ans selon la même publication). Sur le volet « hivernal », les travaux autour des parcs alpins visent jusqu’à ~1 TWh/an pour 27 projets suivis, dont environ 42 % en hiver — un appoint précieux mais modeste face au volume déjà produit par le photovoltaïque de toiture. Pour cadrer le contexte national (consommation, EnR et importations), on peut se référer à une synthèse de vulgarisation comme cet article sur le mix électrique suisse, tout en gardant à l’esprit que la Stratégie énergétique 2050, et non la PPE3 française, structure la trajectoire helvétique.
3. Innovations / partenariats
La BFH joue sur plusieurs fronts « autres énergies » : le laboratoire PV et ses publications de marché avec Eturnity (baromètre 2025), la plateforme de transparence alpine-pv.ch portée avec d’autres HES (communiqué 2024), et le Centre stockage d’énergie — épicentre des projets sur batteries (clôture annoncée de CircuBAT sur l’économie circulaire du Li‑ion), des essais de recharge poids lourds >1,1 MW avec Designwerk, et d’anciens partenariats R&D (ex. batteries tout‑solide évoquées sur la même page). Côté biomasse, l’ouverture d’équipements dédiés à Zollikofen élargit l’éventail au‑delà du strict PV. Un chantier « village laboratoire » pour l’autonomie énergétique est par ailleurs lancé à l’horizon 2025‑2026 (projet Mittelhäusern).
4. Greenwashing / zones grises
Ce n’est pas du greenwashing institutionnel : la BFH assume volontiers des résultats qui contredisent les slogans simplistes du « tout alpin ». Dans une analyse 2024, Christof Bucher estime l’électricité des parcs de montagne deux à quatre fois plus coûteuse que le photovoltaïque de plaine — un écart de rentabilité qui pèse sur l’investissement privé même quand l’argument climatique est fort. Sur la chaîne de valeur, le baromètre photovoltaïque 2025 documente une érosion brutale des fabricants européens d’onduleurs : part passée de plus de 80 % en 2020 à nettement moins de 40 % en 2024, parallèle à la domination chinoise sur les modules à gros volumes illustrée dans le même rapport — une dépendance industrielle lourde pour une aspirante « Solar Offensive ». Les frictions paysagères et d’acceptabilité autour des mégaprojets en montagne nourrissent enfin un débat où la promesse de production hivernale se heurte à l’empreinte au‑sol (l’article « pour et contre » évoque l’ordre de grandeur d’un hectare par gigawattheure). Pour une lecture terrain des compromis, la presse publique helvétique esquisse aussi « promesses et limites » des grands parcs en altitude (SWI swissinfo.ch).
5. Positionnement stratégique
Positionnée comme pivot de mesure et d’innovation, la BFH capte une demande croissante d’expertise alors que la Confédération accélère les EnR. Son rapport de gestion 2024 met en avant une croissance soutenue de la recherche financée par les tiers, signal que l’institution monetise bien la « transformation » sans en étalonnage simpliste la feuille de route industrielle. Stratégiquement, le pari est double : grossir en science des systèmes (PV, réseaux, stockage, biomasse) tout en maintenant la crédibilité intellectuelle — la combinaison « 65 GW de potentiel » et « coût alpin ×2 à ×4 » en est le symbole.
Verdict WattsElse
La BFH n’est pas un logo à coller sur un parc : c’est le calibrage technique qui oblige la « Solar Offensive » à choisir entre le mirage alpin et le toit qui, lui, tourne déjà à plein régime — la transition helvétique aura besoin des deux, mais pas aux mêmes prix.
Sources : bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · connaissancedesenergies.org · bfe.admin.ch · economie.gouv.fr · alpine-pv.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · bfh.ch · swissinfo.ch
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Premier Oil
Le temps où Premier Oil faisait trembler le carré britannique des E&P est révolu : en mars 2021, la coquille cotée a fusionné avec Chrysaor, pris le nom d’Harbour Energy et enterré l’indépendant de la fiche historique Wikipédia (en).
Voir la ficheJapaul Oil & Maritime Services
** Cotée à Lagos sous un nom désormais minier, l’ancienne Japaul Oil & Maritime reste financièrement accro au plateau continental nigérian.
Voir la ficheChiangrai Solar Company Limited
** En janvier 2013, une poignée de mégawatts polycristallins à Mae Chan illustrait déjà la montée du PV en Thaïlande.
Voir la ficheSJUKO
Le libellé SJUKO heurte d’abord un relief du Svalbard, pas une personne morale.
Voir la ficheAlgas
Algás porte un nom qui prête à confusion : on parle ici de Gás de Alagoas S.A., distributeur concessionnaire dans le Nordeste brésilien, pas du groupe nord-américain AltaGas — autre histoire, autres milliards, autre cotation.
Voir la ficheRégion Centre Val de Loire
La Touraine et le Berry ne sont pas qu’un décor patrimonial : ils portent une trajectoire climat affichée sans nuance — zéro émission nette en 2050 — alors que le nucléaire et le photovoltaïque poussent fort et que l’éolien bute sur lois, cigognes et « vu sur le château ».
Voir la ficheFuseNet Association
L’association FuseNet n’explique pas votre facture d’électricité : elle assemble des universités, des labos et, de plus en plus, des industriels autour d’une filière promise à l’horizon des décennies.
Voir la ficheDataGreen
Filiale française d’un groupe né de l’IA, elle promet de supprimer la clim serveur tout en recyclant jusqu’à 98 % de la chaleur fatale ; derrière les labels et le CES se joue une course au capital pour sortir les serveurs directs-to-chip du laboratoire.
Voir la ficheITM Power
** Après des années de brûlage de cash et de contrats hérités qui ternissent encore les marges, ITM Power affiche un carnet de commandes record et un soutien public massif autour de son usine « Chronos » à Sheffield.
Voir la ficheImperial Chemical Industries
Imperial Chemical Industries n’est plus l’empire chimique coté Londres du XXᵉ siècle : la personne morale britannique porte encore le nom mythique ; le jeu se décide désormais à Amsterdam et bientôt à Wall Street.
Voir la ficheAlaska Systems Coordinating Council
L’Alaska Systems Coordinating Council (ASCC) n’est ni une start-up de la green tech ni un opérateur classique coté en bourse : c’est l’entité de coordination — affilée au NERC et constituée dès 1983 — qui fait tourner, dans la fiction réglementaire, l’Alaska Interconnection comme le petit cœur électrique d’un continent, alors que l’essentiel de la puissance…
Voir la ficheJulius Meinl
Le torréfacteur iconique de Vienne ne vend pas de l’électricité : il consomme surtout de la chaleur industrielle.
Voir la ficheOEZ
Usine à ciel ouvert pour l’électrification en Europe centrale, OEZ incarne une transition « par le matériel » : disjoncteurs, efficacité, solaire sur toit — le tout sous bannière Siemens.
Voir la ficheWase Wind
Petite structure, grande promesse: Wase Wind vend une électricité éolienne locale en s’appuyant sur un modèle coopératif qui lie le client, l’actionnaire et le territoire.
Voir la ficheMinistère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires ne « vend » rien : il arbitre, régule et budgétise une trajectoire nationale où chaque euro compte double, car il doit tenir la route climat tout en sécurisant le tissu territorial.
Voir la ficheVanoil Energy
** Née en 2009 à Vancouver d’un démembrement de Vangold Resources, Vanoil Energy a surfé sur l’exploration pétrolière au Kenya et au Rwanda, puis aux Seychelles — avant la suspension boursière, la radiation et, aujourd’hui, une coquille juridique et médiatique.
Voir la ficheNam Samoy Hydropower Co. Ltd.
Le décor est vert — petit hydro au Laos, PPA avec Electricité du Laos sur près de trente ans.
Voir la ficheZimbabwe Electricity Supply Authority
Groupe public à la tête d’un des systèmes électriques les plus tendus d’Afrique australe, ZESA Holdings enchaîne investissements, importations d’urgence et contentieux de recouvrement.
Voir la ficheNortham
Le nom « Northam » prête à confusion : côté open data, on tombe vite sur une commune du Devon — rien à voir avec l’électrification.
Voir la ficheElectra Iturmayor S.L
Micro-productrice sur la Ega, Electra Iturmayor incarne le revers des petites centrales : des marges qui s’évaporent tandis que la région parie sur la renaturalisation des cours d’eau.
Voir la ficheAdani Energy Solutions
Filiale utilitaire du conglomérat Adani, Adani Energy Solutions** (ex-Adani Transmission) capitalise sur la plus grande course aux réseaux et aux compteurs intelligents de la planète — avec des chiffres qui font tourner la tête et un passif judiciaire qui colle au marque « transition ».
Voir la fichePetroSA
Compagnie nationale pétrolière de l’Afrique du Sud, rattachée au Central Energy Fund (CEF) via le Fonds central de l’énergie, PetroSA a longtemps structuré l’espoir d’une souveraineté hydrocarbures ; en 2025-2026, c’est surtout un passif, des procédures fiscales et une raffinerie de Mossel Bay devenue l’emblème d’un gisement politique, pas d’une renaissance…
Voir la fiche