Wase Wind
Petite structure, grande promesse: Wase Wind vend une électricité éolienne locale en s’appuyant sur un modèle coopératif qui lie le client, l’actionnaire et le territoire.
À propos de Wase Wind
1. Modèle économique
Wase Wind est une coopérative flamande fondée en 2001, basée à Sint-Gillis-Waas, dont l’activité principale déclarée est le commerce d’électricité, avec un modèle très verrouillé: pour devenir client, il faut aussi devenir coopérateur en achetant une part de 255 euros, dont 248 euros de valeur de part et 7 euros de frais d’inscription (Companyweb, devenir coopérateur). La société promet ainsi une fourniture d’électricité “à coût maîtrisé”, les bénéfices éventuels étant reversés sous forme de dividendes, dans la limite légale de 6 % (fonctionnement, devenir coopérateur).
Les chiffres disponibles confirment une structure légère: 2,8 ETP en 2024, 2,9 en 2025, pour une marge brute de 336.900 euros en 2024 puis 379.849 euros en 2025, et des fonds propres de 2,13 puis 2,18 millions d’euros; en revanche, le chiffre d’affaires n’est pas publié dans les comptes accessibles publiquement (Companyweb). Le levier financier coopératif reste concret: Wase Wind a ouvert 2.000 parts B21 sur l’exercice 2025-2026, soit 496.000 euros de capacité théorique de souscription (fonctionnement). Son revenu dépend donc à la fois de la fourniture d’électricité, de la fidélité des coopérateurs et de sa capacité à continuer d’alimenter localement un portefeuille limité de clients.
2. Impact réel
Sur le papier, Wase Wind affiche une proposition nette: fournir “100 % d’électricité éolienne pure” produite en Flandre orientale, avec engagement annuel d’équilibre entre volumes produits et volumes vendus, quitte à limiter le nombre de clients (site corporate, FAQ). C’est plus sérieux que le simple verdissement par garanties d’origine achetées à distance: le fournisseur insiste sur une production locale, dans un périmètre de 18 communes de l’Est flamand (Gezin).
L’impact est tangible sur les parcs existants et futurs. Le parc de Duikeldam, mis en service en 2012, produit l’équivalent de la consommation de 6.000 ménages; son projet de remplacement vise 68.000 MWh par an, soit environ trois fois plus d’électricité sur le même site (Duikeldam, remplacement Duikeldam). Sur le projet de Stekene mené avec ENGIE et Fortech/Wase Wind, l’ambition annoncée est de dépasser 10.000 ménages alimentés et d’éviter 53.496 tonnes de CO2e (ENGIE Stekene). Selon les éléments disponibles, Wase Wind ne publie toutefois ni rapport CSRD, ni bilan carbone consolidé, ni trajectoire environnementale chiffrée à l’échelle de l’entreprise; c’est un angle mort notable pour un acteur qui revendique une exemplarité écologique.
3. Innovations / partenariats
L’innovation chez Wase Wind n’est pas technologique au sens des brevets: elle est surtout institutionnelle. Le modèle “client = actionnaire” reste son principal différenciant, avec un principe démocratique “une personne, une voix” typique des coopératives citoyennes (fonctionnement, Renouvelle). Wase Wind s’appuie aussi sur un écosystème historique, en particulier Fortech et BredeKop, qui construisent et exploitent les turbines pendant que la coopérative assure la fourniture d’électricité et apporte des financements sous forme de prêts (fonctionnement).
Le partenariat le plus structurant est aujourd’hui celui avec ENGIE à Stekene: permis consolidé en janvier 2024 pour trois turbines de 6,8 MW, avec préparation du chantier et mise en service visée en 2026 (ENGIE Stekene). En parallèle, Wase Wind pousse le repowering de ses actifs historiques, à Duikeldam comme à Braemland I, preuve qu’elle joue davantage la montée en puissance des sites existants que la conquête désordonnée de nouveaux fonciers (remplacement Duikeldam, remplacement Braemland I).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de greenwashing n’est pas massif, mais il existe à un autre niveau: Wase Wind communique beaucoup sur la pureté locale de son électricité, moins sur ses limites structurelles. D’abord, la coopérative reste dépendante de partenaires industriels pour développer et opérer les parcs, ce qui relativise le récit d’autonomie citoyenne (fonctionnement, ENGIE Stekene). Ensuite, ses prix ne sont pas découplés du marché: en 2025, elle applique une formule hybride 50 % fixe, 50 % variable, preuve que même un fournisseur coopératif reste exposé aux secousses du marché électrique (FAQ tarifs 2025).
Autre zone grise: l’absence de reporting extra-financier public détaillé. Wase Wind met en avant un système de management environnemental conforme à EMAS depuis 2009, ce qui est un signal positif (milieuzorg). Mais sans rapport RSE ou CSRD accessible, impossible d’évaluer précisément les impacts biodiversité, bruit, recyclage ou chaîne d’approvisionnement à l’échelle de l’entreprise.
5. Positionnement stratégique
Le positionnement de Wase Wind est clair: faire de l’éolien citoyen local, mais sans posture anti-industrie, plutôt en hybride avec des partenaires capables d’absorber le risque projet. C’est cohérent avec la montée en puissance du modèle coopératif en Belgique, dans un contexte où la participation citoyenne devient un levier réglementaire et d’acceptabilité pour l’éolien (Renouvelle).
Le signal récent le plus fort est le repowering: tripler la production sur des sites déjà connus du territoire est probablement la meilleure carte stratégique de Wase Wind. Sa force n’est pas la taille; c’est sa capacité à rester crédible quand l’éolien entre dans sa phase adulte, plus capitalistique, plus réglementée, et beaucoup moins romantique.
Verdict WattsElse
Wase Wind n’est pas un champion de la démesure, mais une preuve que l’éolien citoyen peut durer. Sa tension stratégique est limpide: rester une coopérative de proximité tout en jouant une partie devenue industrielle.
Sources : companyweb.be · wasewind.be · wasewind.be · wasewind.be · wasewind.be · wasewind.be · wasewind.be · wasewind.be · corporate.engie.be · renouvelle.be · wasewind.be · wasewind.be · wasewind.be
Données clés
- Forme
- société anonyme
- Fondée
- 2011
- Effectifs
- 9 600 (2017)
- CA
- 5.1 Md€ (2016)
- Siège
- Luxembourg, Luxembourg ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q6479764
- ISIN
- LU0569974404
- LEI
- 5493001136GE6L4R7M63
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
MASSAI CONCEPT
Une EURL parisienne qui vend de l’excellence opérationnelle aux filières qui feront — ou pas — la neutralité carbone : ni producteur d’énergie ni équipementier, MASSAI CONCEPT incarne la « couche méthode » des grands chantiers nucléaires et hydrogène.
Voir la ficheUDK
Le sigle « UDK » renvoie ici, de façon quasi homonymique avec un flux d’agrégats « énergie », à l’Universität der Künste Berlin — une université publique des beaux-arts, de la musique et du spectacle, pas à un opérateur « Autres énergies ».
Voir la ficheNATIONAL UNIVERSITY CORPORATION KYOTO UNIVERSITY
L’université publique de Kyoto cumule un plan campus intelligent affiché au millième près et des chaires financées par un producteur d’hydrocarbures qui programme, noir sur blanc, la recherche sur la récupération assistée de pétrole et de gaz aux côtés du CCS.
Voir la ficheKainuun Voima Oy
À Kajaani, dans le nord-est de la Finlande, Kainuun Voima Oy incarne le bric-à-brac énergétique d’une ville industrielle en reconversion : une centrale biomasse–déchets surdimensionnée, des actifs hydro sur la rivière Kajaani, et un modèle d’actionnaires qui vise volontairement le « quasi zéro » comptable.
Voir la ficheWekiwi
La filiale française du groupe italien Tremagi affiche en 2024 un redressement opérationnel rare sur un marché de l’électricité et du gaz sous pression — EBITDA positif, résultat net encore dans le rouge — tout en cumulant les signaux d’alerte des autorités : troisième « carton rouge » du Médiateur national de l’énergie pour le démarchage, amendes et taux…
Voir la ficheFrontera Energy
Producteur canadien ancré en Colombie et en Équateur, Frontera Energy vit de la vente d’hydrocarbures et d’actifs d’infrastructure, avec un bilan 2024 contrasté : cash-flow opérationnel solide, mais résultat net dans le rouge et un bras de fer avec Georgetown sur l’offshore.
Voir la ficheHIDROELECTRICA ALLIPEN S.A.
Au pied des Andes chiliennes, une centrale de passage affiche 2,7 MW et alimente le Système interconnecté central — tout en ayant été épinglée pour avoir produit au-delà du volume autorisé par sa résolution de qualification environnementale.
Voir la ficheDatang Xiangtan Power Generation Co Ltd
Une filiale opérationnelle de Datang Huayin Electric Power cotée sous le code 600744 sur la Bourse de Shanghai, Datang Xiangtan Power Generation Co Ltd pilote depuis le quartier Yuetang/Xiangtan l’historique 大唐 华 银湘潭发电厂, soit un parc fossile quasi intégralement charbon.
Voir la ficheÅby Alebo Energi AB
Åby Alebo ne vend pas une promesse de «transition» : elle facture une production d’électricité renouvelable à un prix fixé au fil du marché suédois.
Voir la fichePFV María Pinto SpA
Le nom évoquerait presque une start-up française ; en réalité, il désigne très vraisemblablement le véhicule projet d’une petite centrale photovoltaïque sous le régime PMGD (« Pequeños medios de generación distribuidos »).
Voir la ficheHIDROELECTRICA ENSENADA S.A.
Au pied du Calbuco, Hidroeléctrica Ensenada S.A.
Voir la ficheGrace Industries ltd
Le nom « Grace Industries » sonne lisse ; derrière, un complexe sidérurgique maharashtrien fait de l’électricité le carburant de la filière fer.
Voir la ficheLLC "Hevel" (Hevel Solar Group of companies)
Le groupe Hevel (souvent désigné comme Hevel Solar Group of companies, avec une entité opérationnelle type LLC « Hevel ») est le visage industriel de la filière photovoltaïque intégrée en Russie : cellules, modules, EPC, puis exploitation de parcs — ce n’est ni un homonyme occidental ni une petite structure locale opaque : le site corporate anglophone et la…
Voir la ficheIin Energia
Iin Energia, filiale à 100 % de la municipalité d’Ii, joue sur deux tableaux : vendeur d’électricité « verte » certifiée et opérateur de réseau de distribution — le cocktail classique d’une utility locale nordique, mais poussé jusqu’à un résultat 2023 exceptionnel…
Voir la ficheGR Carza SpA
Une SPV quasi invisible sur le radar médiatique européen, GR Carza SpA incarne pourtant le nerf de la transition solaire chilienne : petit média générateur distribué avec prix stabilisé PMGD, désormais montrée du doigt comme distorsion du marché alors que Santiago peaufine les règles du jeu.
Voir la ficheParque Solar Los Puquios SpA
Une SpA nominalement dédiée à un parc photovoltaïque de quelques mégawatts dans le désert hyper-ensoleillé de Tarapacá : peu de bruit médiatique depuis la vague de développements d’après‑2014, mais une empreinte documentaire paradoxalement visible au travers d’un vieil aviso de conformité sociale chilienne…
Voir la ficheIngenia Servicios
** Derrière le nom « Ingenia », deux univers : un groupe espagnol de services pour les énergies renouvelables et la puissance électrique décentralisée — et, tout récemment, une tempête médiatique autour d’un homonyme immobilier à Galice.
Voir la ficheTEAİŞ
Sur papier, TEİAŞ est le chef d’orchestre invisible qui fait tenir la puissance électrique turque ; dans les faits, l’opérateur de transport voit son réseau cité comme frein majeur aux renouvelables, alors que les arbitrages budgétaires nationaux continuent d’alourdir le fossile.
Voir la fichePacific Corporation
Le nom Pacific Corporation se heurte à une collision documentaire : dans les bases ouvertes, il désigne souvent une holding sans lien avec l’électricité.
Voir la ficheLongsol
Une Poisson d’avril du classement : le nom « Longsol » renvoie côté bases généralistes à une commune de l’Aube — à ignorer ici.
Voir la ficheRovaniemen Verkko
Rovaniemen Verkko Oy, filiale à 100 % de Neve Oy (elle-même propriété exclusive de la ville de Rovaniemi, Finlande), opère le réseau de distribution d’électricité du centre urbain sous licence — monopole local dans une ville où la pointe de demande grimpe et où l’électrification du chauffage fait désormais partie du paysage.
Voir la ficheKuzbassenergo JSC
Kuzbassenergo incarne encore le cœur charbon‑gaz de la Siberian Generating Company, avec des milliards de roubles engagés en fiabilité juste au moment où la météo fluviale sibérienne écrase ses volumes d’électricité.
Voir la ficheDESARROLLO ENERGIAS RENOVABLES LA RIOJA
Elle ne fait pas la une des rapports ESG : sous son nom complet de barriste, Desarrollo de Energías Renovables de La Rioja S.A.
Voir la ficheQuetta Electric Supply Company
Le Quetta Electric Supply Company (QESCO) incarne un paradoxe baloutchi : un réseau de distribution étendu sur 33 districts et jusqu’à 700 000 connexions suivies dans la presse locale, alors que la facture nationale explose sous le poids de la dette circulaire et d’un recouvrement parmi les plus bas du pays — au cœur d’un dossier jugé depuis Islamabad…
Voir la fiche