BHP Billiton
Ce n’est plus vraiment une « majors » pétrolière : BHP Group, cartographie australo-britannique (héritière du nom BHP Billiton), a cédé son pétrole opérationnel à Woodside en 2022.
À propos de BHP Billiton
1. Modèle économique
Le cœur de BHP, ce sont des actifs longues durées en fer (pilier de la trésorerie), en cuivre (argument « transition »), en charbon métallurgique via la coentreprise BHP Mitsubishi Alliance (BMA) au Queensland, plus le futit Jansen au Canada pour la potasse. Sur l’exercice clos le 30 juin 2025, le directeur général annonce un EBITDA sous-jacent de 26 milliards de dollars, une marge de 53 % et un profit attribuable sous-jacent d’environ 10,2 milliards de dollars, avec un dividende final de 0,60 dollar par action — le tout porté par des records de production en fer Western Australia Iron Ore (290 Mt) et en cuivre (plus de 2 Mt, +28 % sur trois ans selon le groupe) dans la communication officielle (résultats annuels FY2025). L’investissement reste massif : environ 11 milliards de dollars d’investissements et d’exploration prévus pour FY2026 et FY2027, puis une marche descendante vers ~10 Md$/an en moyenne entre FY2028 et FY2030. La fusion avec Woodside du 1er juin 2022 a fait sortir le pétrole et le gaz du périmètre opéré ; les actionnaires BHP détiennent une part minoritaire dans la nouvelle entité Woodside, explicitement décrite par le groupe (fusion BHP–Woodside).
2. Impact réel
Sur le climat, BHP ne nie pas d’être un émetteur d’ampleur : il affiche une trajectoire –30 % au minimum sur les émissions scope 1 et 2 entre FY2020 et FY2030 (objectif rappelé dans le même fil de résultats (résultats annuels FY2025)). Côté chaîne aval, le groupe met en avant des contrats de transport maritime pour deux vraquiers bi-carburant ammoniac-carburant fossile, présentés comme un levier pour baisser l’intensité carbone du shipping. À l’échelle UE / France, la lecture utile n’est pas un alignement sur la seule PPE nationale : c’est celle des métaux critiques, où le cuivre concentre tensions d’approvisionnement et enjeux industriels pour l’électrification, synthétisés côté paysage médiatique français par des travaux de fond du type minerais et métaux face à la transition. L’ADEME, pour sa part, incarne la boussole française sur économie circulaire et sobriété matière — un contrepoint indispensable quand un producteur mondial martèle le métal « vert » sans mesurer les externalités locales des mines.
3. Innovations / partenariats
Au-delà des records de volume, BHP met le cuivre au centre d’un programme d’expansion (Chili, Australie-Méridionale, Argentine), pendant que le potasse prend corps avec Jansen stage 1 : le groupe a rehaussé le budget de 7,0 à 7,4 milliards de dollars pour cette première tranche et vise une première production à mi-2027 (point Jansen août 2025). Sur l’exploitation, le operational review au 9 mois clos le 31 mars 2026 confirme une orientation opérationnelle toujours tirée par le fer et le cuivre (revue opérationnelle mars 2026). Côté image, la société revendique l’équilibre femmes-hommes au sein des effectifs mondiaux en avril 2025 dans le communiqué de résultats — un signal RH, pas technologique, mais politiquement lisible pour des investisseurs institutionnels (résultats annuels FY2025).
4. Greenwashing / zones grises
Le grand écart tient au couplage « transition par le cuivre » d’un côté et poids fossile de l’autre : la BMA annonce en septembre 2025 la fermeture pour maintenance de la mine Saraji South et environ 750 suppressions de postes, en pointant du doigt des redevances charbon jugées « insoutenables » par le groupe — un marché public direct entre rentabilité et fiscalité climat-sensible (ABC News, 16–17 sept. 2025). Sur le passif brésilien, l’accord définitif lié à la rupture du barrage Fundão (2015) s’inscrit dans un enveloppe globale d’environ 170 milliards de reais, chiffrage repris par BHP et par des observatoires spécialisés droits-humains (communiqué BHP Brésil, oct. 2024 ; Business & Human Rights Resource Centre). Le contentieux n’est pas clos au Royaume-Uni : BHP publie encore fin 2025 des mises à jour sur l’action de groupe anglaise (mise à jour contentieux UK), tandis qu’un volet australien en recours boursier trouve une issue financière autour de 110 millions de dollars australiens (règlement class action Australie, déc. 2025). Autrement dit : la comptabilité climat peut être disciplinée ; la comptabilité juridique des catastrophes minières, elle, demande encore des décennies.
5. Positionnement stratégique
BHP parie que l’Inde et la Chine continueront de tirer le fer et le cuivre, malgré les guerres tarifaires de la fin des années 2020 — le CEO le dit explicitement dans le teaser de résultats (résultats annuels FY2025). Le groupe désinvestit symboliquement le baril au profit d’un cluster minier + potasse, tout en gardant un levier charbon et un métal « transition » dont la volatilité géopolitique nourrit — ironie d’histoire — le même type de cycle que celui des hydrocarbures.
Verdict WattsElse
BHP a échangé le logo pétrolier contre le cuivre, mais pas l’addiction aux matières fossiles ni l’addition Samarco : c’est le portrait d’un géant en mutation de portefeuille, pas en mutation de risque.
Sources : bhp.com · bhp.com · connaissancedesenergies.org · ademe.fr · bhp.com · bhp.com · abc.net.au · bhp.com · business-humanrights.org · bhp.com · bhp.com
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