Bioenergética Egabrense
L’Espagne classe souvent ces centrales en « renouvelable »: biomasse d’olive, chaudière vapeur, alternateur.
À propos de Bioenergética Egabrense
1. Modèle économique
Bioenergética Egabrense S.A. exploite depuis le milieu des années 2000 (autorisation initiale délivrée en 2005) une centrale située entre Monturque et Cabra, décrite par le groupe Zero Waste Energy comme une installation « hybride » reliant production d’électricité depuis la biomasse et valorisation des résiduels oléicoles dans un territoire ultra-concentré sur l’huile (fiche projet). Le chiffre d’affaires annuel n’est pas toujours publié dans une forme unique et stable en open data ; selon une compilation spécialisée, il aurait été de l’ordre de 38,7 millions d’euros en 2023, avec un résultat négatif d’environ 275 900 euros en 2024 et un EBITDA positif sur la même année — chiffres à lire comme estimations issues de bases commerciales plutôt que d’un rapport financier relu ici ligne par ligne (classement El Economista). L’effectif tourne autour d’une vingtaine de salariés sur le périmètre industriel (fiche DatosCif). La société relève juridiquement d’administrateurs liés au holding SC Zero Waste Energy S.L. (Barcelone) depuis fin 2023, avec audit Ernst & Young réélu début 2025 (fiche Infonif). Enfin, sa revenabilité dépend mécaniquement du cadre espagnol de rémunération des installations « à combustible », révisé par l’ordonnance TED/526/2024 puis par des mises à jour trimestrielles du ministère (page MITECO) : une exposition directe aux paramètres gaz, CO₂ et prix du marché électrique.
2. Impact réel
La portée climatique se lit d’abord au prisme du mix technique autorisé : la Junta de Andalucía distingue une chaudière biomasse 27 MW thermiques — alimentée notamment par orujillo et déchets forestiers — et une turbine au gaz naturel de 38 MWt affectée au séchage d’alperujo, sous l’autorisation environnementale intégrée. Autrement dit, le site transforme des flux résiduaires oléicoles en énergie, mais embarque une charge thermique fossile supérieure sur le papier réglementaire à celle de la biomasse pour une partie clé du procédé. Les contrôles environnementaux récents portent sur les émissions atmosphériques et la gestion des effluents liés à la filière olive (rapport d’inspection 2022) : utile pour suivre le concret local (NOx, poussières, rejets), moins pour un bilan carbone global certifié accessible publiquement. Pour le cadrage européen des promesses « carbone neutre » attachées à la biomasse, la littérature de référence reste celle des bilans de cycle de vie et des débats sur la ressource — par exemple la fiche pédagogique biomasse de Connaissance des Énergies, qui rappelle que la « neutralité » dépend des hypothèses de reconstitution de la biomasse et des impacts transfrontières.
3. Innovations / partenariats
Le positionnement affiché par ZW Energy met l’accent sur une économie circulaire autour de l’olive : résidus pressés, chaleur, électricité, au sein d’un portefeuille espagnol comprenant deux centrales biomasse et cinq unités de cogénération (page portefeuille). Sur le plan « hard tech », l’innovation la plus visible est plutôt ingénierie de procédé et d’intégration site (chaudière + turbine + traitement de flux humides) que brevets grand public. L’infrastructure gaz a été ancrée dans le droit administratif dès 2011 via l’autorisation d’un branchement dédié « Ramal de suministro a Bioenergética Egabrense » (BOE 2011), ce qui documente la dépendance structurelle au réseau gazier des le départ. Aucun partenariat RSE de type CSRD ni rapport volontaire de durabilité n’a été repéré en ligne pour cette entité précise : selon les éléments disponibles, la transparence extra-financière reste celle de la réglementation environnementale andalouse et des obligations sociétaires espagnoles classiques.
4. Greenwashing / zones grises
Le signal financier de 2025 est sans ambiguïté : l’assemblée du 20 mai 2025 a approuvé une réduction de capital de 2 940 029,99 € pour rétablir l’équilibre entre capital et capitaux propres entamés par des pertes, avec baisse de la valeur nominale des actions de 60,11 € à 1,20 € (annonce BORME) — un choc de solvabilité apparent difficile à réconcilier avec un storytelling « start-up verte en pleine expansion ». Parallèlement, le déséquilibre 38 MWt gaz / 27 MWt biomasse dans l’acte administratif (AAI Junta) pose la question de la frontière marketing / réalité lorsque l’on range l’actif sous l’étiquette unique « EnR » : le fossile n’est pas un accessoire marginal, il est dimensionné au cœur du séchage. Enfin, le contexte politique local autour d’autres projets de méthanisation à Cabra montre que la acceptabilité des valorisations organiques n’est pas acquise d’office, même lorsque l’administration municipale se prononce pour la compatibilité d’un dossier distinct (article Diario Córdoba, juillet 2024) : utile pour situer les frictions futures possibles sur les odeurs, le trafic poids lourds ou la concurrence foncière, sans amalgamer des permis différents.
5. Positionnement stratégique
À l’échelle Ibérique, Bioenergética Egabrense reste un pilier niche pour le groupe Zero Waste Energy sur la VALOR chain de l’olive ; sa survie passe par restructurations de bilan et par la captation durable de la rémunération réglementée dans un marché espagnol où la biomasse capte une part modeste du trajet retributivo global par rapport à la cogénération (analyse EnergyNews sur le recalcul 2024). L’entreprise doit en parallèle prouver son conformisme environnemental face à des inspections exigeantes (rapport PDF Junta), tout en gérant la volatilité agricole des campagnes oléicoles andalouses. Le pari stratégique, assumé par le portefeuille corporate, est de monétiser les déchets ; le risque, c’est d’y brûler trop de gaz et trop de confiance des marchés.
Verdict WattsElse
Bioenergética Egabrense n’est ni un mirage ni un pur symbole : c’est une machine à cash-flows résiduaires coincée entre redevances publiques, branchement gaz historique et absorption de pertes en 2025. Tant que le thermique fossile reste surdimensionné par rapport à la biomasse dans l’acte d’autorisation, l’étiquette « renouvelable » mérite un éclairage de coulisse, pas un applaudissement de façade.
Sources : juntadeandalucia.es · zwenergy.eu · zwenergy.eu · ranking-empresas.eleconomista.es · datoscif.es · infonif.economia3.com · boe.es · miteco.gob.es · juntadeandalucia.es · connaissancedesenergies.org · zwenergy.eu · boe.es · boe.es · diariocordoba.com · energynews.es
Données clés
- Forme
- sociedad anónima
Identifiants publics
- Wikidata
- Q113464434
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Paryba
Sous l’étiquette fantôche « Paryba », les bases croisées ne donnent aucune société crédible dans les énergies renouvelables : il faut donc traiter la bonne entité — Tryba Energy, développeur français de photovoltaïque issu du groupe Atrya, à Mertzwiller (Bas-Rhin).
Voir la ficheSZ IN
SZ IN est le sigle sous lequel votre base rattache SŽ-Infrastruktura, l’opérateur qui tient la clef du réseau national : voies, gares, circulation.
Voir la ficheTotal Anvers
Le cache WattsMonde indique une ville inexistante pour cette entité : « Total Anvers », c’est l’amas portuaire belge où TotalEnergies traite à l’échelle européenne le pétrole et la chimie fossilée, puis tente de coller étiquettes vertes (SAF, batteries, hydrogène) sur un actif géant encore massivement hydrocarburophile.
Voir la ficheCông ty CP Đầu tư & Phát triển Điện miền Bắc 2
Pure player coté ND2 sur le HNX, la Công ty cổ phần Đầu tư và Phát triển Điện Miền Bắc 2 (NEDI2) incarne l’hydroélectricité « verte » au sens marché — mais ses marges racontent une autre histoire : celle des contrats long terme avec EVN, des actionnaires industriels japonais et vietnamiens, et d’un climat qui décide parfois plus vite que la stratégie.
Voir la fichePetoro
À la tête d’une participation de l’État dans la « raffinerie offshore » norvégienne, Petoro ne fore pas : elle encaisse, surveille et optimise.
Voir la ficheSomali Petroleum Company
Le nom Somali Petroleum Company se superpose, dans les sources publiques, à la Somalia Petroleum Corporation (SPC) — compagnie nationale d’exploitation et de production, propriété de l’État fédéral, rattachée historiquement au ministère des ressources — et, en parallèle, à un groupe privé qui revendique un réseau aval sur le territoire.
Voir la fichePohjolan Voima
Pohjolan Voima n’est pas une « startup verte » : c’est un pilier de l’électricité industrielle en Finlande, avec un modèle d’actionnariat industriel et un mix où le nucléaire tire la grosse clémentine.
Voir la ficheNova Power & Gas
Filiale offensive du groupe E-INFRA, Nova Power & Gas cumule commerce de l’électricité et du gaz, fermes renouvelables et batteries géantes — tout en rajoutant une couche gazeuse et nucléaire qui brouille le récit « vert ».
Voir la ficheMitsubishi Electric
Géant japonais de l’équipement électrique, Mitsubishi Electric capitalise sur les réseaux, la climatisation « heat pump » et les semi-conducteurs de puissance pour surf sur la vague de l’électrification.
Voir la ficheOSMOSE
Dans WattsMonde, « Osmose » rangé en Autres énergies crée une collision lexicale : ce n’est pas une société cotée sous ce seul vocable en France.
Voir la ficheStorblåliden Vind AB
À Piteå, six machines et près de 30 MW incarnent la bascule industrielle du nord suédois : on y produit de l’électricité sans combustible — mais aussi des recours contre des mâts plus hauts qu’un gratte-ciel, et une marge opérationnelle qui a plongé en 2024.
Voir la ficheSEBB Wind AB
À Mjölby, une SE au bilan minimal joue dans la même cour que les grands parcs : production d’électricité issue d’éoliennes, mais avec des comptes qui ressemblent davantage à une coquille patrimoniale qu’à un opérateur verticalisé.
Voir la ficheHoang Anh Hydropower JSC
Une coquille d’entreprise qui porte encore les sigles « hydro » alors que ses actifs lourds partent sous le martinet des cessions groupe : l’épisode illustre le Vietnam « énergie », entre démantèlement d’anciennes filiales financières et timides retours projet par projet (solaire, vent).
Voir la ficheEskom KwaZulu-Natal
Le réseau provincial se stabilise côté tension et délestage, mais la facturation et la sécurité physique des ouvrages racontent une autre guerre : municipalités surendettées, millions de branchements hors cadre, et un pivot gaz géant bloqué par les tribunaux.
Voir la ficheElectroquil
À Guayaquil, une tranche historique portée par Electroquil S.A.
Voir la ficheCông ty Cổ phần năng lượng Agrita - Nghệ Tĩnh
Au Vietnam, une petite hydraulique « verte\" sur le papier peut peser lourd dans la vie des communautés riveraines.
Voir la ficheUNIBO
Elle porte un ticker de start-up et une timeline de cathédrale : UNIBO, c’est l’université de Bologne, pas un énergéticien — mais sa facture énergétique et son rayonnement recherche en font un acteur discret et massif de la transition, entre GO et fonds européens.
Voir la ficheOOO "Tver Generation"
** Pendant des années, elle a porté sur ses épaules le chauffage d’une cité de près de 400 000 habitants.
Voir la fichePampa Energia
Pampa Energía vend encore une image d’énergéticien intégré, capable de produire de l’électricité, de transporter du gaz et de financer quelques mégawatts renouvelables.
Voir la fichePFV Las Codornices
Le sigle PFV (« planta fotovoltaica » / parc solaire au sens administratif ibérique) rencontre « Las Codornices » : vous attendez une ferme chiffrée et datée comme sur un prospectus financier.
Voir la ficheQEP Resources
QEP Resources n’est plus coté Wall Street depuis 2021 : racheté par Diamondback Energy, il opère désormais sous le nom QEP Energy Company, brique nord-américaine du pétrole et du gaz de schiste.
Voir la ficheHaapajärven Lämpö Oy
Pèse-feu finlandais d’un territoire nordique : un réseau de chaleur qui mise sur les résidus de scierie, une centrale « bio-hybride » et, à l’arrière-plan, le bruit des impôts sur le bois.
Voir la ficheTanzania Electric Supply Company
La Tanzania Electric Supply Company incarne le paradoxe d’un service public verticalement intégré qui vise un mix très renouvelable tout en restant structurée autour du gaz et des méga-projets hydrauliques.
Voir la fiche