C-Power (Belgique)
Premier parc éolien offshore de Belgique, C-Power n’est plus une promesse: c’est un actif mature, rentable, déjà entré dans l’âge des arbitrages.
À propos de C-Power (Belgique)
1. Modèle économique
C-Power vit d’un seul grand actif: le parc offshore de Thornton Bank, 54 turbines pour 325 MW, achevé en 2013 à 30 km des côtes belges, avec une production attendue d’environ 1 TWh par an selon le site corporate et le dossier projet Tethys. Son modèle de revenus repose sur un triptyque classique de l’offshore belge: vente d’électricité, contrats d’enlèvement et certificats verts fédéraux vendus à Elia. C-Power indique que l’électricité est écoulée à hauteur d’environ 550 GWh vers Eneco et 450 GWh vers Essent, tandis que le mécanisme fédéral garantit un prix minimal de 107 €/MWh sur les premiers 216 MW puis 90 €/MWh au-delà pour les anciens projets comme C-Power, selon Norton Rose Fulbright. En 2024, l’entreprise a enregistré 141,96 M€ de chiffre d’affaires, 22,6 M€ de bénéfice net et 19,5 ETP selon Companyweb et les comptes publiés. Le capex récent n’est pas public, mais le capex historique, lui, est massif: 1,289 Md€ d’investissement pour les phases II et III avec un financement bouclé en 2010, record sectoriel à l’époque selon IJGlobal et Dredging Today.
2. Impact réel
Sur le papier, l’impact climat est solide. C-Power revendique 1 TWh d’électricité renouvelable par an, soit l’équivalent de la consommation de 300.000 foyers, et 415.000 tonnes de CO2 évitées chaque année par rapport à une centrale au gaz sur son site. L’entreprise cite aussi une empreinte de 2,26 gCO2/kWh et un “temps de retour carbone” d’un an, mais ces chiffres reposent sur une étude Futureproofed 2013: utile, pas franchement fraîche. Côté milieu marin, le tableau est plus nuancé mais plutôt robuste: les rapports environnementaux 2021, 2022 et 2023 compilés par Tethys concluent à l’absence d’impact négatif significatif observé, tout en maintenant un suivi sur oiseaux, mammifères marins, poissons et habitats. Dans un pays qui vise 5,4 à 5,8 GW d’éolien offshore à l’horizon 2030 selon le SPF Économie, C-Power fait figure de démonstrateur ancien mais toujours utile.
3. Innovations / partenariats
L’innovation, chez C-Power, n’est plus celle des slides: c’est celle de la maintenance lourde en mer. Le parc fut un jalon européen, à la fois par sa distance à la côte, la profondeur d’eau, la taille des turbines et le montage financier, comme le rappelle DEME. Surtout, C-Power affirme être aujourd’hui le seul parc offshore belge dont le constructeur d’origine n’assure plus la maintenance; l’entreprise a internalisé une partie critique de la chaîne via Thornton Bank Maintenance Services, filiale issue du rachat de Senvion Benelux en 2019, avec une trentaine de salariés dédiés. Cette capacité d’auto-maintenance est rare et stratégique. Elle s’appuie sur un actionnariat dense, mêlant DEME, RWE Renewables, EDF Renewables, Nuhma, Socofe ou encore Marguerite. Dernier signal opérationnel, plus modeste mais concret: C-Power a annoncé en juin 2025 l’arrivée d’un nouveau crew vessel, l’*Anthea Luna*, signe que la logistique d’exploitation reste un sujet central.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque de greenwashing tient moins au “vert” qu’au récit de maîtrise totale. Oui, C-Power produit une électricité bas carbone; non, cela n’efface ni l’empreinte industrielle d’un parc offshore vieillissant, ni la dépendance historique aux certificats verts fédéraux et au cadre public de soutien décrit par Elia. Autre zone grise: C-Power ne publie pas, selon les éléments disponibles, de rapport CSRD autonome identifiable sur son site ni dans la base SRN. L’entreprise communique sur l’environnement, mais pas avec la profondeur extra-financière désormais attendue des grands actifs énergétiques. Enfin, l’internalisation de la maintenance est un avantage compétitif, mais aussi une exposition: quand l’OEM a disparu du paysage, le risque technique remonte à l’opérateur.
5. Positionnement stratégique
C-Power occupe une position singulière: celle du premier de la classe devenu parc patrimonial. Dans une Belgique qui veut tripler son offshore pour atteindre 5,8 GW puis viser 8 GW à plus long terme selon Norton Rose Fulbright, l’entreprise ne joue plus la conquête de nouveaux mégawatts, mais la valeur d’usage d’un actif mature, potentiellement précurseur sur le repowering. Sa vraie question stratégique n’est plus “comment construire?” mais “comment prolonger, refinancer et rester crédible sans rente réglementaire éternelle?”
Verdict WattsElse
C-Power n’est pas la start-up héroïque de la mer du Nord: c’est un vétéran industriel qui doit prouver qu’un pionnier sait aussi bien vieillir que bâtir. La transition l’a consacré; la décennie qui vient dira s’il sait la traverser sans s’ankyloser.
Sources : c-power.be · tethys.pnnl.gov · elia.be · c-power.be · nortonrosefulbright.com · companyweb.be · staatsbladmonitor.be · ijglobal.com · dredgingtoday.com · c-power.be · economie.fgov.be · prd.deme-group.com · c-power.be · c-power.be · c-power.be · srnav.com
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