Carbon Kapture Ltd
La scale-up britannique Carbon Kapture Ltd vend du climat comme on sponsorise une adoption : des mètres de cordes en mer, puis du biochar.
À propos de Carbon Kapture Ltd
1. Modèle économique
Carbon Kapture est une société privée à responsabilité limitée immatriculée au Royaume-Uni (société n°12821810). Elle monétise avant tout la croissance de laminaires sur cordes puis la valorisation de la biomasse en biochar présentée comme stockage carbone durable (Power Technology). Le flux de trésorerie repose sur un mécénat grand public et entreprises — programme « Hope on a Rope » décrit sur le site corporate (à propos Carbon Kapture) — complété par des partenariats de marques : en mai 2024, le distributeur New Look annonce financer des cordes au profit du projet (Carbon Herald). Côté structure, la société figure comme micro-entité au registre britannique et des comptes annuels ont été déposés le 24 avril 2026 pour l’exercice clos en août 2025 (historique des dépôts) ; les agrégats financiers détaillés ne sont pas synthétisés ici faute d’extraction publique des PDF dans cet inventaire. Se déclarant très légère en interne, la structure apparaît avec cinq salariés sur son profil LinkedIn (LinkedIn Carbon Kapture).
2. Impact réel
Le dispositif ne produit pas d’électricité : il vise la réduction du dioxyde de carbone dissous dans l’eau de mer via la photosynthèse du varech, puis la pyrolyse en biochar pour stabiliser le carbone dans les sols (Power Technology). Pour une première ferme associée à la baie de Mulroy (Irlande), la presse sectorielle cite un ordre de grandeur de 11 000 tonnes de varech par an à pleine échelle (The Fish Site). Sur le volet « tonnes CO₂ », la même source rapporte une vision quantitative à très long terme — plus de 364 000 tonnes de CO₂ par an si un réseau de 200 fermes était déployé sur dix ans, avec la précaution d’usage que ce chiffre est prospectif et non un bilan vérifié année par année (The Fish Site). À mettre en perspective avec les cadres nationaux français : la Programmation pluriannuelle de l’énergie fixe des volumes et trajectoires pour le mix électrique (nucléaire, EnR, réseaux), mais ne « convertit » pas en automatique ce type de projet marin en gigawatts renouvelables au sens du réseau (texte sur Légifrance).
3. Innovations / partenariats
La société s’appuie sur l’installation de cordes chez des ostréiculteurs irlandais pour mutualiser bouées, agrès et savoir-faire local (Power Technology). Elle a été mise en avant comme lauréate « Environmental » des Power Technology Excellence Awards 2023 pour son chaînage algues → biochar (Power Technology). En commercialisation « narrative », l’alliance New Look / Carbon Kapture de 2024 relie explicitement la mode à la financement de cordes (Carbon Herald). Aucun marché public européen ou français impliquant explicitement Carbon Kapture Ltd n’a été repéré dans les sources ouvertes consultées pour cette fiche.
4. Greenwashing / zones grises
Le couple parrainage + promesse climat se heurte au durcissement du droit européen sur les allégations environnementales : la directive (UE) 2024/825 modifie le cadre des pratiques commerciales pour mieux traquer l’écoblanchiment (EUR-Lex), dans un calendrier de transposition qui rend le marketing « vert » plus exposé en 2026. Sur le fond technique des crédits issus de chaînes biologiques, une revue publiée le 22 avril 2026 dans *Frontiers in Climate* rappelle que le marché volontaire d’offsets reste contesté comme risque de greenwash lorsqu’il déresponsabilise les émetteurs (article CCUS et bioéconomie circulaire) ; le même article chiffre le paradoxe des solutions « algues » : pour la culture offshore de microalgues, une revue de littérature cite un potentiel théorique de 1 à 5 gigatonnes de CO₂ par an, mais des besoins énergétiques de 3 700 à 176 000 kWh par tonne de CO₂ captée et des coûts de capture estimes entre 25 et plus de 125 dollars la tonne, ce qui impose une lecture prudente des ratios « bon marché » oceans (même référence). Enfin, l’écart d’échelle entre une micro-structure de cinq personnes (LinkedIn Carbon Kapture) et un objectif médiatique d’un million de mètres de cordes fin 2024 (Power Technology), sans bilan public consolidé retracé ici, nourrit la question du signal versus substance. Les mouvements du 9 janvier 2024 au registre — fins de mandats de sociétés dirigeantes, cessation de contrôle significatif de cofondateurs historiques, nominations de nouveaux administrateurs — sont consultables ligne par ligne (historique des dépôts).
5. Positionnement stratégique
Carbon Kapture incarne la marque britannique de l’économie bleue appliquée au carbone : proximité avec les filières conchylicoles, storytelling fort, produit dérivé biochar pour entrer dans les circuits agronomiques (Power Technology). Le déménagement administratif du siège vers Southampton le 15 janvier 2026 témoigne d’un ancrage patrimonial revu alors que la société cherche à densifier son réseau atlantique (historique des dépôts). Dans un marché du climat où les projets marins multiplient les étiquettes, la valeur résidera moins dans le slogan que dans la qualité du MRV — mesure, reporting, vérification — face aux acheteurs européens de plus en plus exigeants (article scientifique).
Verdict WattsElse
Carbon Kapture transpose la mode du sponsor rope en promesse climatique ; tant que les tonnes restent plus narratives que certifiées, la société naviguera entre innovation légitime et fragilité de crédibilité. Au registre comme à Bruxelles, le filet se resserre plus vite que les algues ne poussent.
Sources : find-and-update.company-information.service.gov.uk · power-technology.com · carbonkapture.com · carbonherald.com · find-and-update.company-information.service.gov.uk · uk.linkedin.com · thefishsite.com · legifrance.gouv.fr · eur-lex.europa.eu · frontiersin.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Lithium de France
Explorer le sous-sol alsacien pour allier géothermie et lithium, c'est faire chauffer la planète tout en rêvant d'une voiture électrique propre.
Voir la ficheHelexia France
Expert en solaire sur-mesure pour entreprises en quête de verdure toute relative sur leur bilan carbone.
Voir la ficheLwiwhaz
Le nom ressemble à une coquille de clavier ; derrière « Lwiwhaz » se cache l’héritier ukrainien d’un réseau critique : ce qui était Lvivgaz opère aujourd’hui comme simple branche régionale d’un opérateur national unifié, avec la même équation partout — sécuriser le flux en temps de guerre, encadrer une facturation qui a déjà fait tache.
Voir la ficheCarbios
Carbios vend une idée puissante: faire du plastique usagé une ressource de qualité vierge, par l’enzyme plutôt que par le pétrole.
Voir la ficheSTARKLAB
Ingénierie française qui veut dépolluer et récupérer de l’énergie, mais pour l’instant, elle dépense plus qu’elle ne gagne.
Voir la ficheMetsä Board Oyj
Métamorphosée en chantier de l’emballage « fossile-free », Metsä Board affiche des tableaux climat qui font pâlir beaucoup de l’industrie lourde.
Voir la ficheGmt Pvt ltd
Le libellé « Gmt Pvt ltd », sans pays, se heurte à un piège d’homonymie : *on ne parle pas ici de GMT Mining and Power Private Limited (Inde, filière minière/énergie fossile, société distincte et sans lien opérationnel avéré avec le biométhane).
Voir la ficheKuolavaara-Keulakkopään Tuulipuisto Oy
SPV sans salariés mais avec des lignes P&L qui racontent le marché nordique : cette coquille juridique finlandaise porte un parc éolien de crête en Laponie, raccordé au réseau national, tout en se heurtant aux droits d’usage des éleveurs de rennes.
Voir la ficheBIOMAR AS
À première vue cataloguée en « autres énergies », BioMar est en réalité un pilier mondial du fourrage aquacole — saumon, crevettes, espèces de niche — dont la métamorphose bas-carbone se joue davantage dans les sous-produits et l’électrification des fours industriels que sur un marché de l’électricité.
Voir la ficheSoftbank Toyama Fuchu Solar Park
Ce que l’on appelle encore « Softbank Toyama Fuchu Solar Park » dans les bases et les filatures d’actifs, c’est en réalité un petit parc photovoltaïque de 1,99 MW dans la préfecture de Toyama, désormais porté au catalogue sous le nom Eurus Toyama Fuchu Solar Park.
Voir la ficheSDIC Huajing Power Holdings Ltd Electric Power Co Ltd
L’entreprise désignée par le nom juridique SDIC Huajing Power Holdings est aujourd’hui SDIC Power Holdings, filiale cotée du conglomérat étatique chinois SDIC : géant hydroélectrique en course vers le renouvelable, mais pris dans un bras de fer environnemental et politique en Indonésie.
Voir la ficheGediz Elektrik
Liste d’investissements en milliards et drame urbain sous les eaux : Gdz Elektrik Dağıtım, filiale turque du groupe Aydem, incarne une distribution très visible sur l’Égée après la privatisation successive des zones de concession turques.
Voir la ficheHera
Le cache « Pétrole & gaz » tombe à côté de la plaque si l’on croit Wikipédia français sur « Héra » — déesse, pas holding de Bologne.
Voir la ficheStadtwerke Erkrath GmbH
Une régie allemande du gaz et de la chaleur qui affiche du courant 100 % certifié pendant que le cœur du débat reste la Fernwärme héritée d’E.ON : tarifs, marges municipales et procédure collective nationale s’y croisent.
Voir la ficheTatneft
Le géant pétrolier du Tatarstan a longtemps surfé sur un modèle vertical — du gisement au plein d’essence — et sur le supergéant Romachkino.
Voir la ficheCypark Suria (Pajam) Sdn Bhd
Filiale malaisienne de Cypark Resources — et pas une homonyme étrangère —, Cypark Suria (Pajam) Sdn Bhd porte le parc photovoltaïque de Pajam (Negeri Sembilan), bâti sur une décharge réhabilitée.
Voir la ficheCEA
Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives n’est pas une « start-up de la transition » : c’est un EPIC central dans la politique industrielle française, avec un budget qui frôle les 6,5 milliards d’euros et une mission double — civil et défense — qui structure tout le débat sur le nucléaire, le numérique bas carbone et la souveraineté…
Voir la ficheSurya Esa Perkasa
PT ESSA Industries Indonesia Tbk est la suite boursière de PT Surya Eesa Perkasa Tbk : un groupe côté à Jakarta, dans le giron majoritaire (selon la presse financière) de grands actionnaires indonésiens, spécialisé dans l’ammoniac et le GNL/ GPL.
Voir la ficheTMBK PARTNERS SP ZOO
Derrière l’étiquette « énergies renouvelables », TMBK Partners sp.
Voir la ficheWIMOOV
Une « énergie renouvelable » sur l’étiquette cache souvent tout autre chose.
Voir la ficheHidrodata SA
Un verrou anglais sur une hydraulique de montagne ; un chiffre d’affaires qui chute puis se redresse, mais un résultat encore dans le rouge dans les agrégateurs ; et un pipeline éolien annoncé à plusieurs centaines de mégawatts qui peine à se traduire en fermes opérationnelles visibles dans les sources ouvertes.
Voir la ficheHummel Energiesysteme Neuss I
Le nom évoque un ingénieur en quête de visibilité, à l’inverse de la discrétion des producteurs industriels germaniques.
Voir la fichePetronet LNG
Le fleuron indien de l’import de GNL affiche aujourd’hui des volumes et des marges d’envergure ; il tire l’essentiel de sa substance de terminaux titanesques et d’achats d’amont.
Voir la fiche