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Centrica

British Gas fait encore le bruit métropolitain, mais les comptes 2025 disent une autre histoire : après la crise prix, les marges redeviennent « normales », l’EBITDA plonge alors que le groupe bascule des milliares vers le nucléaire neuf (Sizewell C), du méthanier Grain LNG et des milliards de métres intelligents : Centrica poursuit une mutation de géant…

*Du badge British Gas aux cuves LNG — l’investisseur-national du therme UK*

À propos de Centrica

1. Modèle économique

Centrica plc incarne encore le grand groupe intégré britannico-irlandais : gaz et électricité au particulier et aux PME (British Gas, Bord Gáis, services à domicile), trading et optimisation (Centrica Energy, dont peu à peu 19,5 GW d’actifs EnR-flexibles suivis dans le Retail Energy Trading et Optimisation), stockage (Rough) et une empreinte désormais assise sur gaz et puissance industrielle (« Infrastructure »: participation au parc nucléaire en exploitation, mise en jeu dans Sizewell C jusqu’à 1,3 Md£ plafonnés, LNG contracté Grain, Spirit Energy jusqu’aux projets CCS côté Morecambe « Net Zero »). Au 31 décembre 2025, l’EBITDA ajusté groupe s’établit à 1 417 M£, contre 2 305 M£ en 2024, révélant surtout la fin du bonus de prix exceptionnel ; le groupe compte encore 21 881 collaborateurs directs en fin d’année, en recul mécanique (‑3 % sur un an). La priorité capitalistique saute aux yeux : investissements d’environ 1,2 Md£ en 2025 (dont Sizewell et méthanier), trésorerie nette ajustée de l’ordre de 1,5 Md£ mais flux libre déjà sous pression, dividende toutefois monté à 5,5 p/action (+22 %), programme de rachat d’actions de 2 Md£ bouclé puis volontairement mis en pause pour financer l’escalade d’investissements.

2. Impact réel

La trajectoire climat prend des couleurs de plan d’entreprise : au fil des consultations actionnariales récentes, le groupe a plaidé une Neutralité carbone avancée à 2040 (au lieu de 2045), avec scrutin élevé lors du vote ; cet alignement doit se lire contre le mix réel encore dominé UK par gaz fossile dans les usages retail et par des centrales flexibles/IRL jusqu’aux extensions de vie Heysham/Hartlepool jusqu’à mars 2028, Heysham 2/Torness mars 2030, soit du bas-carbone très « infra critique ». Les émissions de GES 1 et 2 du groupe reculent d’ environ 9 % en un an selon ses propres périmètres : de 1,73 MtCO₂e agrégées en 2024 (chiffre d’empreinte restaté après amélioration des données), à quelque 1,58 Mt CO₂e en 2025, ce qui reflète autant optimisation opérationnelle que configuration comptable. Les objectifs français de PPE3 ou benchmarks ADEME ne s’appliquent pas ; ils servent tout au plus à situer : tout l’horizon géopolitique et climatique de Centrica passe par Londres/Dublin : biométhane agricole en Irlande plutôt que par des déclinaisons européenne-centrées type Agence française.

3. Innovations / partenariats

Le carnet projet mêle géants et start-ups : en avril 2026, Centrica Energy et Bord Gáis scellent avec Stream BioEnergy l’approvisionnement d’une usine‑championne de biométhane aux portes de Cork, pour injecter gaz vert et certificats ; simultanément, le géant télécharge plus de 1,6 million de compteurs sous mandat MAP qu’elle finance quasi comme une infrastructure régulée ; pilotage trading EnR poursuit ; jusqu’aux petits réacteurs accord‑cadre avec X-energy pour examiner des SMR jusqu’≈ 1 GW près de Hartlepool, Centrica fait office de passeur techno-régulateur : ni pure pure-player EnR ni simple trader, elle veut verrouiller chaque créneau physique utile : stockage LNG, lignes CCS, nouveau nucléaire.

4. Greenwashing / zones grises

Attention au vernis « Net Zero » qui cache une dépendance longue : jusqu’aux investissements Sizewell / Grain garantis par du cash-flow infra contractuel, le groupe reste architecte d’un système encore hydrocarboné : gaz importé LNG, cogénération irlandaise, CCS hypothétique sur Morecambe. Côté gouvernance client, une zone grise est documentée : mai 2025, alors que huit fournisseurs acceptent jusqu’à 18,6 M£ cumulés de compensation et rabais pour pratiques de compteurs prépayés problématiques, British Gas — marque-maison de Centrica — demeure en procédures séparées auprès d’Ofgem.

5. Positionnement stratégique

À horizon 2028, la direction vise désormais 1,7 Md£ d’EBITDA ajusté, sur la base du programme transformation technologique (coûts plats à la décennie, IA et « digital first », objectifs de −30 % de contacts clients et +40 % de parcours en ligne rapportés comme leviers de marge) et d’infra à revenus monotones (dont 175 M£ attendus combinés MAP/Sizewell/Grain LNG en 2026). Dans un marché UK où prix et dettes ménagers restent un risque systémique, Centrica mise sur infrastructures monopole-compatible : LNG, nouveau nucléaire, stock ; peu de lisibilité française directe : c’est bien le Royale playbook : prix libres domestiques contre actifs critiques nationaux garantis ; le pari : amortir vite le capex hors retail avant une nouvelle lame de prix volatils.

Verdict WattsElse

Si Centrica brillait encore sur fond de superprofits, elle se vend désorm comme ingénierie nationale à dividendes : derrière réduction d’empreinte annoncée −9 % CO₂ et accord biométhane, le nerf de la guerre reste infra pilotée par États ; jusqu’à ce que le retail UK reprenne santé — et morale — le paradoxe perdure : fournisseur le plus présent sous les toits ; géant encore régi par des questions de confiance ; infra lente, foyer nerveux.

Sources : rns-pdf.londonstockexchange.com · centrica.com · climateaction100.org · centrica.com · ofgem.gov.uk · theguardian.com

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