Cloudberry Offshore Wind AB
Cloudberry Offshore Wind AB porte en Baltique des parcs aux ambitionnés gigawatts, mais la partie visible du groupe est désormais un plan d’économies et un recentrage M&A : le récit n’est plus seulement celui du « green », mais celui du calendrier et du risque politique local.
À propos de Cloudberry Offshore Wind AB
1. Modèle économique
La société mère Cloudberry Clean Energy ASA monetise un portefeuille nordique hydro, éolien terrestre, solaire et stockage ; Cloudberry Offshore Wind AB (Göteborg, immatriculation visibles sur le registre affaires suédois) concentre le développement offshore, avec des actifs comme Simpevarp (jusqu’à 800 MW annoncés, ~3 TWh/an, plafond de 98 éoliennes selon la fiche projet) et Stenkalles Grund (100 MW en eaux peu profondes du lac Vänern, co-détenu à 50/50 avec Hafslund selon les communiqués groupe). Les revenus consolidés au niveau de la filiale offshore seule ne sont pas isolés dans les rapports publiés ; pour le groupe, l’EBITDA proportionnel ressort à 255 MNOK en 2025 contre 431 MNOK en 2024, la direction expliquant un effet de base lié aux gains de cession en 2024, tout en mettant en avant une solidité de trésorerie : 891 MNOK de cash au 31/12/2025 (rapport Q4 2025, rapport annuel 2025). Le modèle combine dividendes d’actifs matures (ex. 5 M€ versés par le parc Odal en 2025 selon le même rapport), acquisitions récentes (intégration Frostnäs 18 MW en Suède, zone SE-4, annoncée fin 2025) et élargissement danois (106 MW, opérationnel dans la communication de mars 2025 : finalisation portefeuille danois).
2. Impact réel
Simpevarp est présenté comme pouvoir couvrir environ 2 % de la consommation électrique suédoise et 3 TWh/an une fois en production (page projet Simpevarp) : à titre d’ordre de grandeur, c’est de l’électricité bas-carbone additionnelle si le permis passe et le parc se construit. En parallèle, le groupe met en service d’autres EnR hors offshore (ex. centrale hydro 12 GWh Småvoll en décembre 2025, selon le rapport Q4 2025). Aucun agrégat public spécifique « CO₂ évité » pour Cloudberry Offshore Wind AB n’a été trouvé dans la documentation citée ; le lien avec les trajectoires françaises (PPE, fiches ADEME) reste indirect : l’enjeu européen est l’addition de production renouvelable pour la décarbonation du mix, sans que cette filiale relève d’une obligation CSRD isolée documentée ici.
3. Innovations / partenariats
La « tech » est avant tout l’empilement de GWet de permis et de structures de co-développement : Stenkalles avec Hafslund, Simpevarp avec Svea Vind Offshore (couverture locale du partenariat). Côté financement groupe, la dette long terme est décrite avec un taux moyen inférieur à 4 % en 2025 (rapport Q4 2025). L’innovation organisationnelle notable pour 2026 est stratégique : abandon du greenfield early-stage au profit du late-stage et des acquisitions, selon la même communication — moins de laboratoire d’idée, plus de sélection d’actifs prêts à franchir des jalons.
4. Greenwashing / zones grises
La narrative « offshore pour la neutralité » heurte un mur d’incertitude permis et politique locale : la page projet indique un gel lié à l’attente de « meilleures conditions municipales » avant dépôt complet (Simpevarp). Sur le fond marin, la Swedish Pelagic Federation dépose une opposition argumentée sur les fonctions de frayère hareng/espadon dans la zone (dossier SPF) ; côté rivage, la section ölandaise de la Naturskyddsforeningen a aussi critiqué le dossier (argumentaire association). Enfin, le risque réputationnel « climate leadership » se heurte à une décision sociale chiffrée côté groupe : réduction d’environ 20 % des ETP pour 30 MNOK d’économies annuelles, annoncée avec les résultats de février 2026 (rapport Q4 2025), pendant que Stenkalles voit sa mise en service repoussée à 2025/2026 pour « optimiser l’économie du projet » (mise à jour opérationnelle) — signal d’un offshore qui coûte encore cher en temps et en capital.
5. Positionnement stratégique
Cloudberry joue la carte Nordiques intégrés : eaux peu profondes et haute mer, avec une trésorerie affichée pour financer la croissance (rapport Q4 2025). Le groupe capte aussi les vents contraires du secteur offshore suédois, où l’État et les investisseurs revisent l’ambition et la viabilité — toile de fond journalistique sur l’ajustement des ambitions nationales. Après l’expansion danoise et des acquisitions ciblées, la suite se lit dans les permis et dans la capacité à tenir un double agenda : digitaliser la compta carbone du portefeuille… tout en réduisant la tête humaine qui développe les premiers traits de crayon.
Verdict WattsElse
Cloudberry Offshore Wind AB incarne l’offshore nordique au prix du calendrier : gigawatts annoncés sur la Baltique, mais trésorerie protégée par une resserrage brutal du groupe et des blocages démocratiques et sectoriels qui empêchent de transformer la courbe de production en courbe d’émissions évitées demain.
Sources : lemonde.fr · allabolag.se · cloudberry.no · cloudberry.no · cloudberry.no · cloudberry.no · oskarshamns-nytt.se · pelagic.se · oland.naturskyddsforeningen.se · cloudberry.no
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