COCIRCULAR
Une PME espagnole de vingt personnes veut numériser toute la chaîne des déchets, du gros œuvre aux modules photovoltaïques.
À propos de COCIRCULAR
1. Modèle économique
CoCircular vend une plateforme SaaS — la « 360º Advisor » — qui relie producteurs de déchets, transporteurs et gestionnaires ; l’entreprise revendique une cartographie de plus de 33 000 acteurs et plus de 200 entreprises clientes, avec des grands noms du BTP (Ferrovial, Sacyr, Habitat, Metrovacesa, selon la presse économique ibérique) comme socle historique. Le modèle repose sur l’abonnement / licence logicielle et sur un effet réseau : la densité des connexions et la qualité de la donnée de traçabilité deviennent le produit. Le site officiel met en avant des gains opérationnels (automatisation de la traçabilité, ordre de grandeur d’environ 10 heures par mois et par personne économisées) et un taux moyen de valorisation des déchets de 92 % chez les clients — qu’il oppose aux 70 % qu’exigerait, selon la société, le cadre juridique espagnol. Levante-EMV crédite pour 2025 un chiffre d’affaires d’1,235 million d’euros pour 20 employés, une gouvernance fondateurs encore à ≈40 % du capital, et un premier EBITDA positif dès 2024. On est face à une scale-up verticale — pas à un éditeur horizontal généraliste.
2. Impact réel
L’effet climat est agrégé et indirect : le label goCircular Pass attribue à la plateforme plus de 94 000 tonnes de CO₂ évitées et des baisses de coûts de gestion des déchets entre 26 % et 40 % pour certains clients — ordres de grandeur tiers qu’il convient de lire comme communication d’impact de programme, pas comme bilan carbone vérifié au sens CSRD. Sur le volet photovoltaïque, le blog CoCircular ancre explicitement l’enjeu dans les exigences européennes DEEE/WEEE. Côté panorama français et européen, une synthèse ADEME sur les modules en fin de vie dresse l’état des filières et des technologies — utile pour situer le problème structurel : volumes croissants, filiera physique encore perfectible, besoin accru de traçabilité et de preuves massiques. CoCircular accélère l’alignement réglementaire et l’affectation des flux ; elle ne crée pas ex nihilo la capacité industrielle là où les lignes manquent.
3. Innovations / partenariats
L’innovation est métier + données : construction d’abord, puis « désectorisation » en 2026 vers l’industrie et la grande distribution. El Español mentionne des pilotes avec Iberia et L’Oréal, levier pour tester des flux et des preuves hors chantier. Parallèlement, le projet CIRCURAP — outil prédictif pour le réemploi d’enrobés — a reçu 158 171 € via IVACE+i, signature d’un ancrage R&D régional (Communauté valencienne). Ethic rappelle le prix BASF de la « meilleure startup circulaire » (2024), signal de scène plus que de barrière à l’entrée. Enfin, Levante-EMV indique une levée cible de 2 M€, 50 % déjà sécurisés en mars 2026, et un objectif Portugal à l’horizon 2029.
4. Greenwashing / zones grises
La narration « plateforme toute chaîne » heurte une réalité chiffrée : avec 1,235 M€ de CA (2025) et 20 collaborateurs, l’entreprise articule une expansion multi-secteurs tandis que, selon Levante-EMV, la finalisation de la levée de 2 M€ (déjà à moitié souscrite au T1 2026) conditionne l’investissement commercial et produit — tension de dépendance au financement, datée et sourcée. La montée en cadence Iberia / L’Oréal (El Español) élève le risque opérationnel classique : surface marché élargie / profondeur d’exécution avec un effectif serré. Sur l’EnR, le blog interne PV admet implicitement l’enjeu des volumes futurs ; croiser ce constat avec l’état des filières ADEME permet de situer le plafond crédible des claims d’impact absolus : sans capacité physique, la valorisation déclarée peine à se matérialiser au-delà de l’acheminement. Aucune procédure judiciaire ni condamnation n’apparaît dans les sources mobilisées ici.
5. Positionnement stratégique
CoCircular vise, dans les entretiens relayés par Ethic puis El Español, une fonction quasi normative — se présenter comme premier « certifieur digital » des déchets en Espagne tout en restant opérateur privé d’agrégation. L’opportunité tient au durcissement européen des obligations de preuve sur filières et matières, et à la montée en charge des déchets d’équipements électriques liés à l’EnR. Le signal récent combine rentabilité annoncée depuis 2024 et besoin de capitaux pour tenir la cadence (Levante-EMV).
Verdict WattsElse
CoCircular est l’interface où la régulation croise la tonne ; son pari, c’est d’agrandir le réseau assez vite pour ne pas se faire marginer par des suites ERP / ESG plus larges. Logiciel oui, matière d’abord : sans fours, pas de miracle circulaire, seulement des bons bons de livraison.
Sources : cocircular.es · levante-emv.com · pass.thecircularlab.com · cocircular.es · librairie.ademe.fr · elespanol.com · cocircular.es · ethic.es
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