Công ty CP đầu tư và xây dựng điện Hồi Xuân
Promoteur d’un barrage de 102 MW sur la rivière Mã (Thanh Hóa), la Công ty CP đầu tư và xây dựng điện Hồi Xuân — sous la forme juridique la plus citée, Công ty Cổ phần Đầu tư và Xây dựng điện Hồi Xuân VNECO — incarne une « EnR » figée à quelques pour cent de la mise en service : chantier quasi bouclé, mais sans courant commercial ni narrative industrielle…
À propos de Công ty CP đầu tư và xây dựng điện Hồi Xuân
1. Modèle économique
Le modèle est celui d’un producteur hydroélectrique censé vendre de l’électricité au réseau vietnamien après mise en eau et exploitation d’un aménagement à réservoir : trois groupes, capacité 102 MW, production annuelle visée d’environ 432,61 millions de kWh selon les bilans techniques repris par la presse spécialisée (Tap chi Cong Thuong). La chaîne de valeur repose sur la montée de capitaux (historiquement avec VNECO, puis prépondérance du groupe Đồng Mekong dans le capital — environ 90 % des parts depuis 2014 selon un décryptage économique récent (VietnamLeads)) et sur les garanties multilatérales : la MIGA (Banque mondiale) a émis une garantie de 239,7 millions USD au titre du projet (MIGA). En l’état, le « business model » bute sur le gel du chantier et la révision brutale du coût total : un rapport gouvernemental cité par la presse agraire fait état d’un investissement porté à 4 540 milliards de VND contre 2 913 milliards initialement (Inspection gouvernementale). Chiffre d’affaires consolidé, effectifs ou résultat net de cette société précise : non retrouvés dans les extraits publics consultés ; en revanche, la fragilité du partenaire VNECO — dette d’environ 1 602 milliards de VND et discussions sur radiation boursière après trois années de pertes (Thuong Truong, rapport annuel PDF) — cadre le risque de contrepartie du dossier.
2. Impact réel
À terme, l’actif visait à injecter dans le mix vietnamien une électricité bas-carbone par rapport au charbon qui domine encore la production nationale ; la MIGA quantifie aussi une emprise réservoir d’environ 655 hectares (fiche projet). À ce jour, l’impact climatique « réel » reste proche de zéro : des médias font état d’un arrêt de chantier avec équipements corrodés et site envahi par la végétation fin 2025 (VOV), soit une infrastructure qui ne délivre pas la puissance promise tout en immobilisant capitaux, foncier et eau. Pour un lecteur européen, les trajectoires PPE ou fiches ADEME ne s’appliquent pas directement à cette juridiction ; l’enjeu, comparable sur le fond, est bien celui d’une électricité renouvelable dispatchable qui devait éviter des combustibles fossiles si et seulement si l’usine produit — ce qui n’est pas le cas.
3. Innovations / partenariats
Sur la partie « tech », il s’agit d’un aménagement hydro conventionnel (barrage gravitaire, turbines), sans rupture technologique documentée publiquement. Les « partenariats » lisibles sont financiers et institutionnels : garantie MIGA, implication historique de VNECO, présence du groupe Đồng Mekong, et dialogues répétés avec le ministère de l’Industrie et du Commerce pour débloquer des lignes de crédit (Bao Dau Tu) — déjà évoqués sous la pression du Premier ministre en mars 2023 (Nguoi Lao Dong). Côté réglementaire exploitation, la presse relève une homologation de procédures d’exploitation du réservoir par décision ministérielle effective à partir du 21 février 2019 (Tap chi Cong Thuong), en décalage brutal avec la réalité physique du chantier depuis août 2018.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque de « greenwashing institutionnel » est là : vendre un projet sous étiquette EnR ou soutien climat multilatéral alors que les autorités documentent plus de cinq ans de retard par rapport à une mise en service prévue en septembre 2019 et des indices sérieux de gaspillage (Inspection gouvernementale). Au 25 mars 2025, le projet entre officiellement dans le périmètre du Comité central de lutte contre la corruption pour « signes graves de gaspillage » et blocages inexpliqués (Thanh Hoa TV). Sur le terrain social, la presse décrit plus de 500 foyers déplacés encore attend des indemnités promises de 60 millions de VND par foyer et des équipements de réinstallation insuffisants (Thanh Nien) ; le bureau du gouvernement a lui-même alerté sur les effets sociaux des retards via une circulaire 2024 (texte officiel). Ce triangle — surcoût massif, gouvernance mise sous surveillance, promesses environnementales non tenues faute de production — constitue la zone grise structurante du dossier.
5. Positionnement stratégique
Pour WattsMonde, la lecture stratégique est double : opportunité de valorisation d’un actif bas-carbone sur une cascade déjà dense du Mã, mais passif géopolitique-financier tant que le VNECO fragilisé et les tensions foncières ne sont pas résolus (Thuong Truong). Le signal dominant à la fin 2025 demeure celui d’un chantier à ~90 % de progression physique mais à l’arrêt, avec dégradation du matériel (VOV), alors même que les autorités centrales multiplient les réunions de déblocage depuis plusieurs années (Bao Dau Tu).
Verdict WattsElse
Hồi Xuân, ce n’est pas une start-up EnR : c’est un méga-actif hydro vietnamien pris en étau entre surveillance anticorruption, bilan social défaillant et partenaire industriel à bout de souffle — une électricité « verte » qui n’alimente personne, mais coûte déjà cher au pays. La lessive climat ne peut pas blanchir un chantier qui rouille au soleil.
Sources : tapchicongthuong.vn · vietnamleads.com · miga.org · nongnghiepmoitruong.vn · thuongtruong.com.vn · static2.vietstock.vn · vov.vn · baodautu.vn · nld.com.vn · truyenhinhthanhhoa.vn · xe.thanhnien.vn · vanban.chinhphu.vn
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