Separative
Sous l’étiquette « Separative » dans WattsMonde, les bases ouvertes ne font pas apparaître de personne morale ni de site corporate à ce nom exact : selon les éléments disponibles en ligne, il s’agit vraisemblablement d’une variante orthographique ou d’un alias pointant vers Separatic, deep-tech issue de l’Université de Fribourg et positionnée sur la…
À propos de Separative
1. Modèle économique
Separatic se présente comme concepteur de systèmes modulaires à membranes de graphène pour la séparation de gaz — captage de CO₂, récupération d’hydrogène, et une offre « air » pour espaces clos — avec une couche de services type *Capture-as-a-Service* (installation, exploitation, maintenance sous contrat long) pour abaisser la barrière d’adoption des opérateurs d’infrastructures (site de Separatic). Les revenus commerciaux à grande échelle ne sont pas chiffrés publiquement : chiffre d’affaires, effectif et marge restent inconnus hors sphère privée ; l’entreprise affiche en revanche une trajectoire classique de spin-off : financement non dilutif (mentions de bourses Innosuisse, Gebert Rüf Stiftung InnoBooster, fondation Peter Bopp, jalons cumulés autour d’un million de francs suisses selon la rubrique actualités du site) (site de Separatic). La dépendance est donc, à ce stade, double : d’une part aux subventions et partenaires pilotes, d’autre part à la capacité d’industrialiser des membranes encore en montée de TRL sur des flux industriels réels (l’interface mentionne des partenariats/pilotes du type réseaux de chaleur, valorisation énergétique des déchets, filière hydrogène). Aucun contrat public français ni marché BOAMP identifiable n’a été trouvé sous ce nom dans le cadre de cette veille.
2. Impact réel
L’impact climatique revendiqué est celui du captage à la source sur des émetteurs intermédiaires souvent mal desservis par les unités d’absorption à amines géantes : incinération, biomasse, chaudières, PME industrielles (site de Separatic). Separatic vise une OPEX cible de 25 à 50 CHF par tonne de CO₂ captée, ce qui, si elle était tenue à l’échelle commerciale, se situerait dans une zone compétitive face aux technologies les plus énergivores — mais ces ordres de grandeur restent des objectifs de conception, pas un bilan carbone vérifié et audité. Dans le paysage français et européen, le CCUS est présenté comme une brique des trajectoires « derniers kilos » d’émissions industrielles, au prix de chaînes complètes captage-transport-stockage ou valorisation (synthèse ministérielle CVSC) ; l’ADEME et la fiche pédagogique Connaissance des énergies rappellent que le gain climatique net dépend autant du périmètre du cycle de vie que du captage lui-même. Côté marché global, la dynamique des projets CSC/CCS a été soulignée en 2024 par les observateurs, ce qui nourrit l’espoir d’une filière mais aussi la concurrence entre technologies (Connaissance des énergies).
3. Innovations / partenariats
Le cœur du discours est matériau : membranes de graphène à nanopores, fonctionnement à basse pression, sans solvants chimiques, modules empilables pour monter en capacité parallèle (site de Separatic). Le site revendique une filiation de recherche et de brevets à l’Université de Fribourg, des produits distincts (récupération H₂ pour piles à combustible, ligne « GraPoreX » pour CO₂, offre intérieure pour qualité d’air) et des lettres d’intention avec des acteurs gaziers/énergétiques, ainsi qu’un calibrage TRL avec un pilote côté réseau énergétique régional (mentions « Groupe E », montée de maturité technologique) (site de Separatic). Dans l’écosystème voisin, la recherche académique suisse sur des membranes graphène pour réduire coût et énergie du captage illustre l’intensité concurrentielle du créneau (EPFL). Aucun rapport RSE ni déclaration CSRD n’a été identifié pour Separatic : estimation sectorielle, une telle transparence n’est généralement pas attendue avant industrialisation et consolidation financière.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque est sémantique : vendre du « grapène » et du captage modulaire peut masquer des performances réelles sur gaz humides, contaminants (SOx, particules) et vieillissement des membranes — variables qui tuent les business plans en cheminée réelle. Deuxième zone grise : le captage n’est pas une fin ; sans transport, stockage géologique ou usage durable du CO₂, l’opération bascule en gadget carbone ou en report d’émissions (synthèse CVSC). Troisième point : l’offre ciblant la biomasse et l’incinération peut se retrouver au cœur des débats sur les crédits carbone et la hiérarchie « éviter-réduire-compenser ». Quatrième tension : la presse spécialisée insiste surtout sur l’équation financière et les goulets d’investissement du CCUS plutôt que sur un déficit purement technologique (GreenUnivers), ce qui place Separatic sous la pression de la preuve par le coût complet et non par le storytelling. Aucun article spécifique n’a été repéré chez *Énergie & Stratégie* sur cette entité au moment de la recherche.
5. Positionnement stratégique
Separatic joue la carte décentralisation + modularité, alignée avec l’idée politique d’outiller des milliers de sites moyens plutôt que quelques « cathédrales » du captage — une logique cohérente avec la montée en puissance des instruments de planification énergétique et climatique dont la France trace les contours dans ses programmations pluriannuelles de l’énergie (page officielle PPE). La valeur stratégique pour l’Europe est claire : sécuriser des briques technologiques de séparation gazeuse pour l’hydrogène bas-carbone et les émissions résiduelles ; la valeur pour Separatic dépendra de sa capacité à convertir subventions et LOI en contrats récurrents et en données de robustesse reproductibles. Dans ce segment, la concurrence ne dort pas : start-ups voisines sur membranes avancées, majors de l’ingénierie des procédés, et chimie des solvants matures tiennent le haut du pavé des grands flux.
Verdict WattsElse
Separatic promet de rendre le captage « plug-and-play » pour ceux que les cathédrales oublient ; la transition énergétique, elle, exige des preuves en tonnes, en euros et en kilowattheures — pas seulement en graphène sur la page d’accueil. Tant que « Separative » restera un nom flottant sans ancrage registre, le risque pour le lecteur est celui d’un double mirage : marque opaque côté cache, promesse lumineuse côté labo.
Sources : separatic.ch · ecologie.gouv.fr · librairie.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · actu.epfl.ch · greenunivers.com · ecologie.gouv.fr
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