Pétrole & Gaz

Dalia Power Energies

Le voici passé au rang de pilier privé du système électrique israélien : après un rachat historique de centrale, Dalia Power Energies engrange du cash…

« Premier producteur privé israélien roi du gaz et des GW »

À propos de Dalia Power Energies

1. Modèle économique

Dalia Power Energies est un producteur indépendant d’électricité : il tire ses revenus de la vente d’électricité issue de ses centrales au gaz (cycles combinés et vapeur en phase de sortie), complétée par des achats et contrats sur les marchés de l’énergie. Selon la présentation corporate, le groupe revendique environ 16 % de la production nationale et une capacité de l’ordre de 2 518 MW répartie surtout entre Tzafit et Eshkol, avec du stockage batteries déjà opérationnel au périmètre du site de Dalia (à propos). En juin 2024, le transfert effectif de la centrale Eshkol depuis l’Israel Electric Corp (IEC), dans le cadre de la vague de privatisation du parc public, a été largement relayé par la presse internationale (achat d’Eshkol par Dalia). Les documents investisseurs du groupe mentionnent pour 2024 un ordre de grandeur de 2,7 milliards de NIS de chiffre d’affaires et plus d’1 milliard de NIS d’EBITDA (relations investisseurs) — chiffres à lire dans la logique d’un agrégat fortement gonflé par l’intégration d’un actif aussi massif qu’Eshkol. Effectifs précis : non retrouvés de façon consolidée et datée dans les extraits publics consultés ; pas de levée de fonds « startup » classique, mais un empilement de financements bancaires et de tarifs régulés longue durée sur les nouvelles unités.

2. Impact réel

Sur le plan climat, la lecture est brutalement honnête : l’essentiel de la production propre reste thermique au gaz, calée sur l’approvisionnement depuis les gisements régionaux dont dépend le pays — ce qui aligne Dalia sur une trajectoire fossile résidente du mix israélien, sans équivalent direct avec une entreprise française soumise aux disclosure CSRD ou aux agrégats nationaux PPE3. En revanche, le groupe met en avant 88 MWh de batteries connectées au réseau comme levier de flexibilité (à propos) ; ce type d’actif atténue les tensions réseau mais ne substitue pas à lui seul la décarbonation du parc thermique. Pas de bilan carbone consolidé exploitable dans cette fiche au même titre qu’un rapport ADEME ou une fiche Connaissance des Énergies sur un acteur français : aucune publication ADEME / Connaissance des Énergies / GreenUnivers repérée pour cette société ; la comparaison avec les objectifs européens de décarbonation de l’électricité reste donc qualitative — utile pour situer le décalage culturel et réglementaire, pas pour imputer un quota CO₂ certifié à Dalia.

3. Innovations / partenariats

Le programme Avshal incarne la stratégie industrielle du moment : en janvier 2025, Dalia Energy a annoncé un financement de 5,3 milliards de NIS (environ 1,5 milliard de dollars) auprès de Bank Hapoalim pour construire une nouvelle unité d’environ 850 MW sur le complexe d’Ashdod-Eshkol (accord de financement Reuters). En parallèle, la presse spécialisée décrit un virage vers l’IA et les data centers avec un projet Ofek (centaines de MW annoncés sur la même plaque industrielle), articulé infrastructure électrique + densité de calcul (projet de data center). Les MoU bancaires évoqués dans la presse israélienne pour Dalia 2 traduisent une course aux GW modernes à haut rendement — innovation incrementale (cycles combinés, efficacité), pas rupture bas-carbone.

4. Greenwashing / zones grises

La première tension est financière et structurelle : après une vague de privatisation où les montants affichés ont oscillé (enchères avortées puis prix révisés à la baisse), le closing 2024 autour de 9 milliards de shekels pour Eshkol impose une dette industrielle lourde, désormais refinancée par des lignes bancaires massives (achat d’Eshkol par Dalia, puis prêt Avshal de 5,3 Mds NIS). La seconde est environnementale et réglementaire : la fiche indépendante du site Eshkol documente le retrait programmé des groupements vapeur les plus anciens d’ici 2026, synonyme de pression technique et de criticité locale pour la pollution atmosphérique du legacy thermal (fiche centrale Eshkol). Sur la communication « verte », le groupe peut valoriser batteries et achats d’EnR, mais le cœur économique demeure le gaz et les nouvelles GW thermiques — ce qui crée un cartilage sensible entre discours transitionné et réalité du mix.

5. Positionnement stratégique

Dalia Power Energies vise statut de champion privé : gigantisme de capacité, ancres longues sur le gaz Leviathan/Tamar, montée en gamme technologique sur les cycles combinés et diversification vers la demande électrique IA. La décennie qui s’ouvre se lit comme un pari sur prix réglementés stables et volumes croissants, quitte à figer une partie du paysage énergétique national dans le gaz. Pour un lecteur suivant la transition depuis la France, l’enseignement est simple : Dalia illustre une voie « efficacité fossile + flexibilité », aux antipodes d’un modèle européen focalisé sur l’accélération EnR et la sobriété.

Verdict WattsElse

Dalia Power Energies n’est pas une histoire de startup verte : c’est une machine à cash thermique qui absorbe des actifs publics, les refinancement à la pelle, et injecte du MW dans la ruée vers l’IA — la transition, ici, passe encore par la flamme.

Sources : dalia-power.co.il · reuters.com · dalia-energy.co.il · reuters.com · datacenterdynamics.com · gem.wiki

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