E-NEO
Née sur l’ex-site Michelin de La Roche-sur-Yon, la scale-up avait visé 250 kits par an à horizon 2026 avant une liquidation judiciaire en mai 2023 qui a tout fait vaciller.
À propos de E-NEO
1. Modèle économique
E-Neo conçoit et assemble des chaînes de conversion « thermique → électrique + prolongateur hydrogène » pour poids lourds et engins, puis vend le retrofit aux transporteurs et industriels de la mobilité lourde — avec pour chantier emblématique un prototype Renault Trucks annoncé pour DB Schenker à Montaigu (EnergyNews.biz, H2 Mobile). Les revenus reposent sur la vente des kits et des prestations associées (industrialisation sur site vendéen, montée en cadence vers un objectif industriel de l’ordre de 250 véhicules transformés par an à l’échelle du projet d’origine), dans un segment où la rentabilité est étroitement corrélée aux validations réglementaires et aux volumes annoncés mais rarement publiés en séries comptables séparées.
Après la liquidation judiciaire de mai 2023 au tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon pour « problèmes de financement », l’activité est absorbée par le groupe Vensys (L’Officiel des Transporteurs), ce qui substitue au modèle start-up isolé une logique de division au sein d’un équipementier plus large. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe Vensys est publiquement donné à 50 millions d’euros pour environ 310 salariés ; aucun chiffre d’affaires ou résultat spécifique à la ligne E-Neo n’a été trouvé dans les sources ouvertes consultées — la performance économique réelle de la ligne retrofit reste donc confondue avec celle du groupe et, selon les éléments disponibles, non isolée dans les communications corporate standard.
2. Impact réel
Sur le papier, prolonger la vie d’un châssis diesel existant évite une partie des impacts « amont » d’un véhicule neuf tout en déplaçant une fraction du kilométrage vers l’électricité et l’hydrogène : la fiche technique communiquée pour un tracteur Renault Trucks évoque une architecture batterie d’environ 100 kWh complétée par trois réservoirs 700 bars fournis par Forvia et une pile Plug Power, pour une autonomie annoncée autour de 500 km (H2 Mobile, EnergyNews.biz).
L’impact climat réel dépend toutefois pour l’essentiel de la qualité carbone de l’hydrogène injecté (fossile vs bas-carbone, intensité du réseau électrique pour la partie batterie) et du coefficient d’utilisation des camions : ce que mesure rarement une communication commerciale de kit. Sans jeu de données publiques de bilan gaz à effet de serre évité par flotte ou sans rapport ADEME ou assimilé identifié pour cette entité précise dans les sources explorées, il serait trompeur de publier un « % de CO₂ évité » chiffré au titre d’E-Neo ; seules des analyses cycle de vie au cas par cas par usage permettraient une assertion quantitative sérieuse.
3. Innovations / partenariats
Le cœur technique est un range extender hydrogène sur plateforme Renault Trucks, avec chaîne d’approvisionnement américaine pour la pile (Plug Power) et équipementier européen pour le stockage haute pression (Forvia, ex-Faurecia) (H2 Mobile). Côté marché, la présence annoncée historiquement de DB Schenker sur un prototype Montaigu illustre une recherche de client « pilote » capable d’ancrer crédibilité et retour d’usage (EnergyNews.biz, H2 Mobile).
La « levée » au sens start-up a été remplacée par une opération de continuation industrielle : annoncée début septembre 2023, la reprise par Vensys après une passerelle judiciaire replace le développement sous une holding qui capitalise sur des synergies hydrauliques et systèmes (France Hydrogène, L’Officiel des Transporteurs).
4. Greenwashing / zones grises
La ligne rouge n’est pas un slogan « hydrogène vert », mais une séquence mai 2023 où la société fondée en 2019 sur le site Michelin se retrouve placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon après des difficultés de financement (L’Officiel des Transporteurs) — tension à cinq chiffres : du carnet d’intentions à la réalité de trésorerie pour une industrialisation coûteuse.
Ensuite vient le contre-champ récent : en préparation du salon Hyvolution, la presse spécialisée rapporte que Jérémy Cantin, figure historique du rétrofit, doit arrêter une mission au sein de Hydrokit (Vensys Group) au motif de « difficultés économiques sur les marchés agricoles et travaux publics » (Hydrogen Today), ce qui pose question sur la solidité du narrative « rebond industriel » même après fusion dans un groupe plus large.
Enfin, tant que la communication technique insistait sur une homologation encore « en cours » pour les premiers modèles (H2 Mobile), tout discours client centré sur des gains environnementaux « garantis » sans périmètre réglementaire clos exposait à un écart entre promesse marketing et certification effective — ce n’est pas une condamnation, mais un risque de décalage temporalité décarbonation annoncée / preuve administrativa.
5. Positionnement stratégique
L’ambition affichée dans les années 2022-2023 était de passer d’atelier à outil capable de produire des séries — volumétrie visée vers 250 unités annuelles à l’échelle du projet pour sécuriser un marché du camion hydrogène encore balbutiant (EnergyNews.biz, H2 Mobile). Dans un environnement où Bruxelles dessine des aides à la production d’hydrogène renouvelable et bas-carbone à grande échelle (Commission européenne, mars 2026), la niche retrofit doit toutefois composer avec la disponibilité et le prix du vecteur H₂ — variables qui décident autant que le kit lui-même du sort économique des transformateurs.
Verdict WattsElse
E-Neo n’est pas une histoire de gadget tech pour salons : c’est une proposition réparation prolongée du diesel par la chimie et l’électricité, avec une trajectoire déjà marquée par une liquidation puis une gouvernance qui tangue quand les marchés aval serrent — la suite se jouera moins dans les specs Forvia que dans la fenêtre réglementaire UTAC et la chimie industrielle de l’hydrogène réellement distribué.
Sources : energynews.biz · h2-mobile.fr · lofficieldestransporteurs.fr · vensys.com · france-hydrogene.org · hydrogentoday.info · ec.europa.eu
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
VKS Vindkraft Sverige AB
En 2024, les comptes affichent un chiffre d’affaires de pochette et une perte de plusieurs millions de couronnes ; en janvier 2025, la société change de maison et de dimension stratégique en intégrant le groupe norvégien Aneo, avec un pipeline éolien annoncé au-delà du gigawatt et du solaire en bout de tableau.
Voir la ficheSA-ENERGI ApS
Une structure danoise de longue date sur l’éolien transpose sur sa balance le recul des prix et des marges, tout en montant une coquille hybride d’investisseur et de marchand d’électricité où la première année a coûté cher.
Voir la ficheZENI
Transformer des effluents industriels en ressource valorisable: sur le papier, ZENI coche toutes les cases de la greentech 2026.
Voir la ficheBANGOR
Sur Belle-Île-en-Mer, la commune de Bangor (Morbihan) est devenue la figure syndicale d’une défense littorale et touristique contre le tout premier grande échelle d’éolien flottant AO5 Bretagne Sud, porté par le consortium Pennavel.
Voir la ficheNEOVIA INNOVATION
Cabinet de conseil en HPC, IA et projets européens, Neovia Innovation vit dans l’ombre des grands consortia : elle coordonne plutôt qu’elle ne fournit des électrons.
Voir la ficheSaves Enerji A.Ş
Saves Enerji n’est pas une start-up brochure : filiale EnR du conglomérat turc Nakkaş, elle aligne grandes hydrauliques, parcs solaires et stockage, tout en jouant sur les marchés transfrontaliers.
Voir la ficheLLC "Avelar SolarStekhnolodzhi"
LLC « Avelar SolarStekhnolodzhi » correspond, selon les éléments disponibles, au nom latinisé de l’ООО « Авелар СолТех » (Avelar Solar Technology) listé parmi les actifs russes du groupe Hevel : il ne s’agit pas d’une pépite indépendante du même prénom hors Russie mais du socle EPC / développement racheté en 2014 par la co‑entreprise Rusnano‑Renova, puis…
Voir la ficheSOCIETE AIR FRANCE
** La compagnie française accélère l’incorporation de carburants d’aviation durables derrière des objectifs affichés au-dessus du mandat européen.
Voir la ficheKorea Midland Power Company
Filiale de KEPCO ancrée en Chungcheongnam-do (aire de Boryeong), Korea Midland Power Company (KOMIPO) incarne un paradoxe fréquent en Asie de l’Est : accélérer l’éolien en mer tout en tirant encore l’essentiel de ses revenus d’un parc thermique hérité du charbon et du gaz.
Voir la ficheKhorasan Regional Electric Power
Le Khōrāsān Regional Electric Power correspond, selon les dénominations anglophones des bases sectorielles, à la Khorasan Regional Electricity Company (KREC) — en persan شرکت برق منطقهای خراسان — implantée à Mashhad et rattachee à l’architecture publique du secteur électrique iranien.
Voir la ficheUHASSELT
L’UHasselt n’est pas une « startup climat », c’est une université néerlandophone belge fondée en 1971, basée au Limburg.
Voir la ficheCAPCOO
Quand l'industrie se met au bio-CO₂, CAPCOO distribue un air de modernité... à base de gaz industriel.
Voir la ficheMill Wind AB
** On cherchait une entreprise ; on tombe sur des homonymes, des SPV et des parcs dont le sigle « Mill » traîne dans les bases de données.
Voir la ficheBarki Tojik
Ce que l’on appelle parfois « Barki Tojik » recouvre, dans votre brief, la société nationale intégrée d’électricité du Tadjikistan (OJSC Barqi Tojik) — pas le club de football homonyme.
Voir la ficheAker Drilling
Aker Drilling n’existe plus en bourse depuis 2011 : avalée par Transocean pour environ 1,43 milliard de dollars en numéraire et un renfort de ~1 milliard de dollars de carnet de commandes, selon le communiqué de clôture.
Voir la ficheTrollenäs Lantmannaaffär AB
Succursale agricole de la Scanie, Trollenäs Lantmannaaffär AB vend certes pellets et HVO, mais demeure surtout un comptoir d’intrants et de carburants où le fossile tient encore le haut du panier.
Voir la ficheAMEA Power
À Dubaï, AMEA Power a bâti en moins de dix ans un portefeuille de développement, construction et exploitation qui en fait l’un des vecteurs les plus médiatisés de la transition électrique hors Europe.
Voir la ficheUPV/EHU
L’UPV/EHU affiche des courbes d’énergie en baisse et des plaques PV sur le toit, au moment où son modèle — presque entièrement public — se heurte à une crispation budgétaire sans précédent.
Voir la ficheSAP SE
SAP ne vend pas seulement des logiciels: il tient la plomberie invisible des grandes entreprises et, de plus en plus, de l’État.
Voir la ficheHalikon Tuulienergia Oy
Micro-producteur finlandais accroché à une seule turbine de 0,6 MW près de Salo, Halikon Tuulienergia Oy incarne l’écart entre un actif éolien « vert » sur le papier et une structure économique aujourd’hui très tendue : le vent tourne encore, mais les comptes crient.
Voir la ficheChina General Nuclear Power Group
Le China General Nuclear Power Group incarne l’industrie nucléaire d’État chinoise : un géant de Shenzhen, sous la tutelle de la SASAC, à la pointe d’un des plus grands parcs mondiaux, mais pris en étau entre baisse des prix de l’électricité, assise renouvelable massive et verrou occidental sur l’avionique stratégique.
Voir la ficheWallenstam Vindkraft Västergården AB
** Wallenstam Vindkraft Västergården AB n’est pas un « champion » de l’éolien vendu sur le marché : c’est une coquille juridique suédoise qui porte deux turbines dans le Dalsland, au service d’un promoteur‑bailleur qui a fait de l’électricité renouvelable un argument de stratégie globale — avec une arithmétique que la presse financière scrutait déjà fin…
Voir la fiche